J’adore l’amour : j’ai un cœur d’artichaut et les glandes lacrymales qui s’activent au quart de tour face à la moindre démonstration un peu romantique – devant un film, un livre, une vidéo sur les réseaux sociaux, et, de manière un peu plus embarrassante, dans la vraie vie. Logiquement, j’adore aussi les mariages. Et je n’ai jamais réussi à garder l’œil sec devant cet étalage de sentiments, ces déclarations tantôt pudiques tantôt débordantes, et ces promesses d’éternité prononcées devant un parterre d’invités.
Mais cette année, après avoir assisté à trois cérémonies, quelque chose a fait tilt : à chaque fois, j’ai davantage pleuré en écoutant les discours des témoins qu’en entendant les vœux des mariés eux-mêmes. Y compris lorsque j’étais une invitée dite « +1 », peu familière avec les époux, et encore moins leurs proches qui prenaient tour à tour le micro lors du vin d’honneur. Il fallait me voir l’autre jour sangloter dans un mouchoir en écoutant une femme, que je ne connaissais ni d’Eve ni d’Adam, partager son amour pour son fils, le marié, que je n’avais vu en tout et pour tout que deux fois dans ma vie… Rebelote, il y a deux semaines, lorsque mes yeux se sont immédiatement embués de larmes en entendant une témoin ouvrir son cœur à son amie désormais épousée.
Bien sûr, dans les mariages, les manifestations d’amour romantique coulent de source – d’ailleurs, nous y allons spécifiquement pour ça. Mais je crois que mon émotion est aussi liée au fait que ces moments offrent de trop rares occasions de solenniser d’autres formes d’amour, qui nous sont tout aussi indispensables : ces relations parents-enfants parfois chaotiques mais fusionnelles ; ces amitiés si intenses qu’elles font partie intégrante de nous-mêmes, qu’elles durent depuis une vie entière ou seulement quelques années…
Autant de relations que nous avons moins tendance à célébrer de façon ostensible dans nos quotidiens et notre culture, mais sans qui, même en ayant l’époux ou l’épouse le plus aimant du monde, nous ne serions finalement pas grand-chose. Alors j’adore l’amour, certes, mais peut-être que celui que j’aime le plus est celui que l’on ne prend pas assez souvent le temps de nommer.
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