Translate

dimanche 25 octobre 2026

L'ECLAIREUR - [Flash ] Blast! Un faux scoop! ...Dimanche 25 octobre 2026

 

Un journalisme exigeant demande du temps, des enquêtes approfondies et du travail, invisible et non rémunéré. Si nos articles vous sont utiles, votre abonnement est un vrai soutien. En retour, vous accéderez à des contenus exclusifs et participerez directement à l’indépendance de L’ECLAIREUR.


[Flash ] Blast! Un faux scoop!

Amusant de voir une lettre, dont le contenu était connu le jour de son envoi, être présentée comme un scoop.

 
LIRE DANS L'APP
 

Vous rendez-vous compte? Une lettre du premier ministre, pas estampillée confidentiel, secret ou très secret est rendue publique! Il y est demandé aux opérateur de téléphonie mobile, bénéficiant d’une licence, de se tenir à prêt à interdire l’accès à certains réseaux sociaux - Snapchat, Instagram et TikTok à partir du 24 octobre.

Le blocage des réseaux sociaux est régulièrement évoqué depuis les émeutes de 2023 et n’a été mis en oeuvre qu’en Nouvelle Calédonie en 2024, où les manifestants tiraient sur les forces de l’ordre. Non seulement ce blocage fut annulé par le Conseil d’Etat, mais il s’est avéré totalement contre-productif.

On savait dès le 19 octobre que le gouvernement allait convoquer certaines plateformes pour une visioconférence le lendemain mardi 20 octobre. Même l’ineffable Raphaël Grabely l’a annoncé sur sur BFMTV. Les trois réseaux concernés? TikTok, Instagram et Snapchat. Aucune autre plateforme.

Pour soutenir le travail de L’ECLAIREUR, abonnez vous!

Problème: la France ne régule pas TikTok, Instagram et Snapchat, qui sont de très grandes plateformes. C’est là la seule prérogative de la commission européenne depuis l’entrée en vigueur du DSA. Les trois réseaux sociaux concernés ont donc écouté poliment et n’ont rien fait. La Commission non plus alors que des émeutes ont également en lieu en Belgique, en Italie et en Espagne.

Nous nous sommes fait traiter de fous le jour où nous avons démontré que le DSA était parfaitement inefficace en matière de contrôle du discours.

La multiplication des textes (règlement sur l’internet ouvert, Digital Services Act, Charte des droits fondamentaux etc.) font qu’ils s’annulent entre eux.

Le gouvernement étant impuissant vis-à-vis des plateformes, il a donc essayé de passer par le biais des opérateurs de téléphonie mobile. On le savait également dès le 18 octobre. Le contenu de la lettre du gouvernement, document administratif public et non-classifié, était connue le jour de son envoi, le 22 octobre.

Là encore, l’Etat ne fait pas ce qu’il veut. Pour couper l’accès à des services en ligne, il faut:

  • un événement d’une gravité exceptionnelle, qui menace sérieusement l’ordre public ou la sécurité des personnes ;

  • l’absence d’alternative moins attentatoire aux libertés, comme un filtrage ciblé ou une modération renforcée, le blocage restant un dernier recours ;

  • une durée strictement limitée et fixée dès l’annonce, une prolongation exigeant une nouvelle décision motivée.

Nous l’avons clairement exposé dans l’article ci-dessous.

Les opérateurs de téléphonie mobile ont écouté le gouvernement, et lui ont répondu que la mesure n’était pas souhaitable pour des raisons tant juridiques que techniques. Bloquer les DNS de Snapchat, Instagram et TikTok se contourne aisément en utilisant des DNS alternatifs chiffrés (comme CloudFlare ou Quad9) et/ou un VPN.

La plupart des éléments ayant utilisé ces plateformes comme “levier de coordination opérationnelle des violences au cours ds manifestations” utilisent ce type d’outil. Les journalistes aussi.

Les éléments politisés eux se servent pour se coordonner de moyens qui ne reposent pas sur les réseaux de télécommunication mobile, comme les réseaux mesh et LoRa, qui autorisent des communications chiffrées de bout en bout Nous en avons déjà traité au moment de l’affaire des bipeurs piégés par Israël.

La lettre du premier ministre est une tempête dans un verre d’eau: le blocage de Snapchat, TikTok et Instagram n’est pas intervenu. A ceux des manifestants qui hier ont constaté une baisse de la rapidité de leur connexion mobile: c’est dû à la surcharge des cellules le long du parcours du cortège.

Il n’y a toujours pas de censure en France. Seul le juge peut contrôler a posteriori l’usage que l’on fait de sa liberté d’expression. Seul le juge administratif peut valider des mesures de restriction d’accès à ses services de communication en ligne. Il n’aurait pu qu’annuler les mesures de blocage voulues par le gouvernement, qui de toute manière auraient été parfaitement inefficaces.

Vous êtes abonné gratuit à L'Eclaireur. Pour accéder à l’ensemble de nos contenus, merci de souscrire à la formule d’abonnement payant de votre choix.

 
Liker
Commenter
Restack
 

© 2026 L'Eclaireur - Alpes
Directrice de la publication : Patricia Cerinsek

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire