Regis’s Substack
Un débat Hollande/ Philippe ? Oui mais dans le cabinet d’un juge d’instruction, pour y répondre de tout ce qu’ils ont fait à la France
Photo modifiée par IA
Il faut maintenant dire et nommer les choses. La période qui s’ouvre impose de combattre ce que le système essaie de nous infliger. C’est-à-dire une représentation du monde peignant l’intolérable comme parfaitement normal et pouvant se poursuivre comme si de rien n’était. Avec les mêmes tout aussi responsables et coupables qu’un Jacques Attali essayant de s’en défendre. Le temps de l’hypocrisie et des discussions faussement courtoises est révolu. Pour paraphraser Mao Tsé toung, il ne faut se faire aucune illusion, l’indispensable « rupture » ne sera pas un dîner de gala.
Un débat ? Quel débat ?
L’annonce du « débat » entre François Hollande et Édouard Philippe, deux personnages de la caste parmi les plus immondes procède de cette volonté compulsive de déformation du réel. Coincée dans une double impasse institutionnelle et politique la France s’effondre sous les coups répétés du système Macron. Fonctions régaliennes en panne, services publics détruits, catastrophe financière, récession économique irréfutable, pauvreté galopante, bellicisme ruineux, le simple bon sens devrait imposer un sursaut pour tenter d’extirper ce malheureux pays des griffes de la caste. Alors, désemparé, voire en panique, le système active son outil de propagande essaye de masquer cette réalité en nous ramenant 20 ans en arrière, avant la catastrophe Macron. À la grande époque de la fausse alternance, quand à un parvenu excité et corrompu succédait une limace politique méprisable et d’ailleurs tout aussi corrompue. Alors, comptant sur l’amnésie des Français, on embraye la marche arrière et organise à nouveau la fausse opposition.
Sarkozy perclus de condamnations est indisponible, tout comme Alain Juppé également multi condamné et astreint à la neutralité pour continuer à percevoir ses grasses indemnités du Conseil constitutionnel. Alors on se rabat sur Édouard Philippe un de leurs factotums devenu plus tard, exécuteur des basses œuvres de Macron. De l’autre côté, on ressort de son placard un Hollande concentré d’inconsistance politique, mais qui, réélu député grâce à la magouille sordide du « front républicain » de 2024, s’imagine qu’il a toujours sa chance.
LCI se veut une chaîne d’info alors qu’elle n’est qu’un organe de désinformation dont la ligne éditoriale est confiée à un délinquant sexuel suisse. Il est assisté par un David Pujadas, ahuri gênant à force de niaise incompétence. Cette chaîne est connue pour abreuver dans tous les domaines son maigre public, d’une invraisemblable propagande où le mensonge règne en maître.
Probablement stimulée par le « débat » des candidats face au MEDEF ricanant, voilà la chaîne de Martin Bouygues qui s’y met. Et qui choisit-elle ? Les pires personnalités de l’ancien monde. Celui qui ne veut pas passer au XXIe siècle et reste verrouillé à cette fin du XXe, ou des gens comme François Hollande et Édouard Philippe pouvait apparaître comme des personnages respectables. Ce qu’ils ne sont en aucun cas.
François Hollande, la nullité vindicative
François Hollande, fut le petit domestique de Lionel Jospin, pour garder le parti socialiste lorsque Jospin était premier ministre. Sans avoir jamais occupé une responsabilité institutionnelle digne de ce nom, il bénéficia par la suite des appétits sexuels sans frein de Dominique Strauss-Kahn, que le système préparait pourtant à une candidature présidentielle en 2012 contre Sarkozy. Nafissatou Diallo y mit bon ordre et,DSK disqualifié, l’inconsistant vit s’ouvrir devant lui un boulevard. L’avantage de près de 20 points que lui donnaient les sondages en janvier, fondirent comme neige au soleil, et sa « victoire » qui était d’abord la défaite de Sarkozy fut quand même de justesse. Ce qui en disait long sur le calibre du personnage.
Les sentiments qu’ont les Français de son triste mandat mélangent commisération, ricanements, et surtout mépris. Et soulagement qu’il ne se représente pas. Le problème est que ces souvenirs occultent l’infamie de ces cinq ans. Commencés d’abord par l’habituelle corruption socialiste. Qui vit d’abord, formidable symbole, la lutte contre la fraude fiscale confiée à Jérôme Cahuzac ministre des Comptes publics ! Et que l’on ne vienne pas nous dire aujourd’hui qu’Hollande n’était pas au courant des turpitudes de son camarade, c’est une plaisanterie. Tout le monde savait et c’est par conséquent en toute connaissance de cause que le choix de Cahuzac fut décidé. Habilement Hollande en profita pour faire créer, au nom de l’exigence de la morale publique, une l’officine judiciaire nommée Parquet National Financier. Destinée à protéger ses amis et poursuivre ses adversaires, elle fut dotée d’une compétence nationale. Ce qui permit de confisquer aux parquets territorialement compétents les affaires pouvant s’avérer délicate pour le parti socialiste, pour mieux les étouffer par la suite. C’est exactement ce qui s’est passé avec le financement de sa campagne électorale de 2012 et permis d’éviter à François Hollande les soucis de nicolas Sarkozy. Inutile également de revenir sur le rôle du PNF dans le coup d’État organisé par les socialistes au printemps 2017. Tout le monde sait à quoi s’en tenir.
François Hollande fut également un furieux belliciste, poussant les feux au Moyen-Orient à l’encontre même des volontés pourtant interventionnistes d’Obama. Le problème est que cette politique guerrière opaque, dont le parlement ne fut jamais réellement informé, a plongé la France dans un terrorisme meurtrier, pour lequel ce président de la République porte une lourde responsabilité. Dont l’histoire est à écrire.
Sur l’ensemble des questions, la présidence de « l’ennemi de la finance » fut pitoyable. Finissant de convaincre les grands intérêts de l’impasse politique de la fausse alternance. Lesquels d’abord représentés par la haute fonction publique socialiste, puis avec le soutien de l’oligarchie apportant son soutien à l’opération, décidèrent d’y mettre fin. En installant au pouvoir une forme de « centrisme » habillé des oripeaux d’une fausse rupture, alors qu’il ne s’agissait de rien d’autre que, cette fois-ci sans faux-semblants, du concentré du néolibéralisme européiste autoritaire installé par les socialistes depuis 30 ans.
Fermement poussé vers la porte, François Hollande annonça le 1er décembre 2016 qu’il ne se représenterait pas. Décision qui était bien antérieure et après laquelle son activité de président consista exclusivement à la préparation de l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir. En étroite collaboration avec le « cabinet noir » installé par Macron à Bercy, l’Élysée sous la direction de Jean-Pierre Jouyet fut la plaque tournante de la préparation du coup d’État.
Édouard Philippe exécuteur des basses œuvres
Emmanuel Macron a été porté au pouvoir par différents acteurs, mais tout l’appareil significatif du PS, des éléphants aux militants, a été mis à son service. Cependant, le mot d’ordre « au-delà des partis, ni de gauche ni de droite » imposait de rééquilibrer et d’inclure dans le nouveau gouvernement quelques ministres venus de la droite. On récupéra quelques opportunistes à qui la trahison ne faisait pas peur, à commencer par le premier ministre lui-même venu directement de l’entourage d’Alain Juppé. Chargé d’installer « l’extrême centre » destructeur, autoritaire et liberticide, Il n’allait pas décevoir.
Destructeur, car ses trois ans au poste de Premier ministre, ont évidemment été marqué d’abord par la destruction du système français de retraite. Néolibéral orthodoxe affirmé il est de ceux qui veulent allonger la durée du travail, lui-même ayant indiqué qu’il ne voyait aucun inconvénient à ce que les départs à la retraite ne puissent se faire qu’après 70 ans. Exécutant zélé de la volonté de destruction institutionnelle d’Emmanuel Macron, mais armé également de ses propres convictions, il a initié toutes les réformes visant au démantèlement de l’organisation du secteur public français. Suppression du corps diplomatique, suppression du corps préfectoral, suppression de l’ENA au profit d’un système de choix par copinage. Que ce soit directement par les initiatives de son gouvernement ou par l’adoption de ses budgets, il a effectivement soit exécuté, soit initié toutes les procédures destinées à affaiblir l’État y compris dans ses fonctions régaliennes
Autoritarisme brutal puisqu’il a évidemment été le grand organisateur technique de la violente répression à la fois policière et judiciaire du mouvement des gilets jaunes. On le voyait venir toutes les semaines à l’Assemblée se gargariser des chiffres de cette répression jamais vue depuis la fin de la guerre d’Algérie. Des violences policières sans mesure se sont révélées à la fois meurtrières et d’une brutalité systématique ont débouché sur l’attribution à Philippe du qualificatif parfaitement mérité « d’éborgneur ».
Liberticide parce que son mandat a été celui de la pulsion totalitaire qui a accompagné le traitement de la pandémie Covid. L’enfermement organisé sans discernement de toute la population, c’est lui. Le record du monde des amendes pour la moindre transgression, c’est lui. Les obligations absurdes et inutiles, la brutalisation des enfants, les répressions sociales et professionnelles, c’est lui. Tous les mensonges succédant aux mensonges, c’est lui. Son successeur le transparent Jean Castex ne fera que mettre en musique la partition écrite par Édouard Philippe.
Mais dans le même temps, toujours animée de cette façon liberticide, il accompagna tout ceci, de dépôts systématiques de projets de loi scélérats servilement adoptés par une Assemblée croupion. Ou par la prise tout aussi systématique de décrets poursuivants le même objectif dans le domaine réglementaire. Le bilan de la mise en place de ce « fascisme déjà là » condamné par plusieurs instances internationales est à faire.
Il est aujourd’hui candidat à la Présidence de la république, en ayant le culot de se présenter comme de rupture et de réforme, alors que son projet n’est que la continuation des 10 ans de cauchemar infligés à la France par Macron. Mais élu local, notamment maire du Havre, il présente également d’autres caractéristiques très particulières. Il fait l’objet de plusieurs procédures judiciaires, où le chapitre des « Atteintes à la probité » trouve une jolie collection d’applications. Il a bénéficié jusqu’à présent de la lenteur des procédures garanties au système Macron jusqu’à présent. Il n’est pas sûr que cette lenteur soit pérenne.
Plus grave, il y a également autre chose de très inquiétant. Le port du Havre est considéré comme la première porte d’entrée du trafic de cocaïne dans notre pays. Bien que qu’Établissement Public Industriel et Commercial, sous la responsabilité du ministère des transports, la commune du Havre y joue un rôle très important. Les policiers et magistrats (OFAST et JUNALCO) spécialisés dans la répression des trafics, ont à plusieurs reprises appelé l’attention sur la porosité locale entre les trafiquants et une partie de ces élites économiques ou politiques grandes consommatrices des produits interdits.
Voilà par conséquent, ce que LCI propriété de l’oligarque bétonneur présente triomphalement. Avec, accompagnant, la photo de ces deux individus, ce simple titre comme se suffisant à lui-même. Alors que nous sommes à cette occasion en présence d’une caricature de ce que ce système a produit en matière d’imposture, de dévoiement, et de corruption. Le tout, au détriment des intérêts de la France. Alors on va nous dire qu’il faut que les débats aient lieux. Que la démocratie l’impose et que chacun de ceux qui postulent la présidence de la république doivent pouvoir s’exprimer.
Désolé compte tenu de ce qu’ils nous ont fait, le seul débat que devraient pouvoir mener ces deux-là, c’est celui qui aurait d’abord lieu dans le bureau d’un juge d’instruction, et ensuite dans le prétoire d’une juridiction.


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire