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Alors les amis de LFI, contents ? C’était une tellement belle victoire des larges masses que le retrait de la loi Yadan scélérate. Ah vous avez triomphé.
Moi, qui ai immédiatement dénoncé la manipulation grosse comme une « baraque à frites » comme disent mes amis du Nord, j’ai été traité de « pisse vinaigre » et de défaitiste. Mon raisonnement a été balayé par les ovations des députés LfI dans la salle des quatre colonnes. Je me contentais pourtant de relever quelques petits événements : l’adoption par la commission des lois de l’ignominie présentée par Yadan, signée par François Hollande et soutenue par Élisabeth Badinter et quelques autres dans la pétition de la honte. Le rejet sans examen par l’Assemblée de la pétition pourtant massive contre ce texte. La prestation servile de Lecornu au dîner du CRIF, s’empressant de jurer qu’il allait exécuter les ordres de Nétanyahou et faire adopter un texte liberticide pour interdire de dénoncer ses crimes. L’annonce par la ministre française du Likoud Aurore Bergé du futur dépôt, non pas d’une « proposition » mais d’un « projet » de loi par le gouvernement. Procédure permettant de disposer de toutes les prérogatives gouvernementales et si nécessaire de passer en force. Et voilà que la ministre du Likoud annonce que le projet sera présenté au gouvernement le 1er juillet prochain.
On va tout d’abord rappeler que la lutte contre l’antisémitisme et le racisme dispose déjà d’un arsenal judiciaire pléthorique. Et il n’est nul besoin d’y ajouter quoi que ce soit. Le nier, c’est simplement de la blague. Le seul objectif est bien évidemment de protéger, en la criminalisant, Israël de toute critique. Et bien sûr lorsque l’on regarde un peu les contours de ce nouveau texte scélérat, tous les voyants sont au rouge. Aucune surprise puisque dans les propos mêmes de Bergé, on constate que tous les éléments les plus pourris du texte Yadan sont repris. L’entreprise de destruction méthodique de la liberté d’expression, pourtant garantie par la Déclaration des droits de l’Homme et la Constitution se poursuit. Mandat de dépôt ou un mandat d’arrêt à l’encontre des « récidivistes de la haine », c’est pas joli ça ? Vous critiquez Nétanyahou ou Ben Gvir, en prison sale récidiviste de la haine ! Avec ce nouveau texte nous dit-elle, « plus personne ne pourra nier un crime contre l’humanité ». Ah bon ? Comme ceux commis par les dirigeants israéliens et pour lesquels ils sont poursuivis devant la CPI ? Ah oui mais non, on parle seulement de la Shoah, pour laquelle il y a le jugement de Nuremberg. Pour ceux commis par Israël, c’est ballot, il n’y a pas encore de décision de justice. Donc pour l’instant pas de « crimes contre l’humanité » protégés. Ceux-là on pourra (on devra ?) les contester, voire en faire l’apologie, pas de problème.
Et puis, et même pas de façon subreptice, on va introduire ce que les Britanniques et les Allemands ont déjà mis en place. Le renforcement de « la lutte contre la haine » ! Un sentiment tout à fait naturel qu’on a parfaitement le droit avoir, est transformé en un péché mortel dès lors qu’il est dirigé contre les dominants. Et ainsi toute critique qui leur est adressée est considérée comme l’expression d’une haine diabolique. C’est ainsi qu’une publication banale sur les réseaux sociaux, ou le refus d’utiliser les « pronoms » woke voit la police anglaise débarquer à six heures du matin pour vous embastiller pour des durées interminables. En Allemagne si vous osez traiter le chancelier belliciste allemand de « Pinocchio » par référence à sa propension au mensonge, vous êtes bon pour vous retrouver devant le tribunal et condamné.
Dans le projet Bergé-Yadan, la peine complémentaire d’inéligibilité si chère au cœur d’Emmanuel Macron sera bien évidemment de la partie. De façon inconstitutionnelle d’ailleurs, puisque celui-ci veut qu’elle soit définitive. Tout le reste est à l’avenant, l’objectif est exactement le même que celui de la loi Yadan, criminaliser la critique d’Israël. Qui donc pouvait en douter ? Évidemment, manipulation grossière oblige, le texte sera d’abord présenté au Sénat.
Il fallait être sérieux, que pouvait-on attendre d’Aurore Bergé ? Qui affirme tranquillement : « Mon objectif est que tous les partis politiques votent demain le projet de loi de cohésion républicaine (!!!). Je ne vois pas, honnêtement, quel serait l’argument pour refuser de mieux protéger les victimes et de mieux sanctionner les auteurs »
C’est bien vrai ça ! Quel serait l’argument pour refuser de mieux protéger Nétanyahou, Ben Gvir, Smotrich et l’État d’Israël, des critiques dont ils sont l’objet ? Ce sont eux les victimes.
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