Attal « vise droit au BRUT » !
Ça y est, ils sont tous en train de s’accorder à droite afin de profiter en 2027, de la situation créée par la forte pression du RN et par l'énorme division actuelle de la gauche !
L’occasion rapproche les larrons Retailleau Philippe, Attal et le Medef sur un fabuleux projet commun : en finir avec les cotisations sociales, kidnapper 850 milliards du budget séparé de notre protection sociale et fiscaliser tout ça. Ça permettrait au patronat une baisse sans précédent des salaires bruts et superbruts et à l’État de faire main basse sur ce pactole en vue de réduire plus facilement la part sociale qui ne serait plus « pré-affectée » du budget PLF-PLFSS devenu unique.
« Rapprocher le brut du net » est désormais leur mot d’ordre commun avec Le Pen et Bardella : lors de son meeting le 30 mai au Parc des Expositions, Gabriel Attal a mis ça en haut de son projet. Avec le sens de la formule « en allant droit au brut » pour « économiser sur les dépenses sociales » et « augmenter le revenu disponible des actifs » ! « Anti-entreprise, anti-emploi, anti-salaire et anti-pouvoir d'achat » le président du Medef Patrick Martin étrille le principe des cotisations et exige un « transfert immédiat de 60 milliards d’euros de cotisations employeurs maladie et famille, une baisse de 10 milliards d'euros de cotisations salariale vieillesse qui pourraient notamment être financées par une hausse du taux normal de TVA représentant 18 milliards d'euros ou par un effort ciblé sur les retraités les plus aisés à hauteur de 6,4 milliards d'euros ». Selon lui, ça « permettrait un gain net annuel estimé à 300 euros par an pour un salarié au Smic et à 444 euros pour un salarié à 1,5 Smic ». Ce qu’il ne dit pas c’est que seuls les patrons y gagneraient et que les salariés devraient payer leurs assurances privées et leur retraite privatisée plus chèrement que leurs cotisations actuelles et que ça se traduirait vite non pas par un gain mais par une perte de 500 à 1000 euros.
Le net c’est pour le mois, le brut c’est pour la vie.
Moins y a de salaire brut plus y a de privé.
Moins y a de brut plus on est à la merci des assurances et fonds de pension.
Instaurer une « TVA sociale » serait « particulièrement inacceptable » et « nocif pour l’économie française » répond le 31 mai Gabriel Zucman au congrès de la CGT à Tours : « une augmentation de la TVA sur la consommation n’a aucun sens particulièrement dans le contexte actuel marqué par des pressions inflationnistes liées à la hausse des prix du pétrole ». Sophie Binet abonde : « il n’y a pas plus antisocial que la TVA sociale ».
Un « électrochoc » :
Mais tous ces gens de droite s’en moquent, ils sentent le bon moment, c’est tout bonheur, la gauche est divisée cruellement, et, eux, pendant ce temps-là, s’unissent sur l’essentiel et se préparent à l’halali contre « la Sécu », contre le net et brut. Enfin 80 ans de revanche!
« J’entends dire qu’on parle davantage des personnes que des idées, c’est parfois vrai. Alors, je soumets une proposition clé en main, un électrochoc sinon tout va péter », explique au Parisien Pierre Cazeneuve premier vice-président de Renaissance, fidèle macroniste ex-chef de cabinet adjoint à l’Élysée : « Je veux mettre 53 milliards d’euros sur la table, au profit des actifs qui ont le sentiment de ne plus s’en sortir ».
Tous prêts à nous voler des centaines de milliards si on ne s’unit pas et si on ne gagne pas.
Gérard Filoche
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