Présentée comme une défense de la démocratie géorgienne, la résolution adoptée par l'Assemblée nationale le 11 mai 2026 raconte une autre histoire : celle d'institutions françaises et européennes qui s'arrogent le droit de distinguer les bons gouvernements des mauvais, les opposants légitimes des autres et les valeurs acceptables de celles qui doivent être corrigées. Analyse d'un texte aussi révélateur qu'inquiétant. Le document en sélection est une résolution européenne adoptée par l'Assemblée nationale, intitulée : « visant à condamner la dérive illibérale et autoritaire du gouvernement géorgien et à réaffirmer notre soutien au destin européen de la Géorgie ». Une résolution exprime une prise de position officielle, une grille de lecture qu'on entend imposer dans le débat public. Le 11 mai 2026, elle est adoptée par 68 voix contre 28. Seulement 97 députés sur 577 ont pris part au scrutin. Pour un texte qui condamne officiellement la « dérive illibérale et autoritaire » d'un État étranger, l'intérêt est pour le moins limité. Elle a été adoptée grâce à la majorité présidentielle et l'arc central pro‑européen. Le RN, LFI et une partie de la droite souverainiste ont voté contre. On y retrouve la conception européenne qui prévaut aujourd'hui à Bruxelles (intégration politique poussée et mise au banc des États qui s'écartent de la ligne officielle). Une approche dont plusieurs pays (Hongrie, Pologne, Italie par exemple) ont déjà fait les frais, et qui semble avoir atteint son paroxysme avec la Roumanie et l'annulation d'une élection présidentielle sur des prétextes d'« ingérences russes » jamais prouvées. Résultat : un candidat gênant écarté, un pouvoir aligné sur Bruxelles qui s'impose (voire « UE, Roumanie : quand le peuple devient un problème »). Un précédent terrifiant qui semble éclairer la logique aujourd'hui à l'œuvre en Géorgie. Pour bien comprendre, il faut rappeler que la Géorgie est une ancienne république soviétique, liée à la Russie par des racines historiques, géographiques et économiques que nul texte ne pourra effacer. La guerre de 2008, largement passée sous silence, présentait pourtant des mécaniques que l'on retrouvera plus tard en Ukraine : tensions régionales, populations russophones, intervention de Moscou justifiée par la protection de ses ressortissants. Contrairement à l'Uk… Raphaël Lepilleur |
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