Cette gazette vous plaît ? Transférez-là à votre carnet d’adresses… Ils vous remercieront et nous aussi. | | Pour François Asselineau, la rencontre du 14 mai à Pékin entre Xi Jinping et Donald Trump marque la concrétisation d’un basculement historique : « la première puissance mondiale maintenant, c’est la Chine ». Lorsque Xi Jinping parle du « piège de Thucydide », il envoie à Washington un triple message : Pékin a lu les stratèges américains, sait que les États‑Unis craignent d’être dépassés et les prévient que, s’ils persistent sur Taiwan, « ça ira à la guerre ». Asselineau souligne que « jamais les Chinois ne laisseront Taïwan devenir indépendant » et que Trump revient de Pékin « la tête rentrée dans les épaules », sans réelle victoire ni sur Taiwan, ni sur l’Iran, ni sur la Russie, à part quelques Boeing vendus « mais il en attendait 500 ».Cette image d’un président américain qui découvre qu’il n’a plus « les cartes en main », incapable de mener de front Ukraine, Iran et Taiwan, contraste avec le ballet diplomatique qui fait désormais de Pékin « la place centrale du monde », où se succèdent Trump puis Poutine. Sur cette scène, François Asselineau insiste sur la finesse de la stratégie chinoise. Il rappelle qu’« on ne peut pas comprendre ce qui se passe en ce moment avec la Chine si on ne connaît pas l’histoire de la Chine » et de Taiwan, de son intégration à l’empire jusqu’à sa restitution après 1945. Pékin applique, selon lui, les préceptes de Sun Tzu : « Parvenir à ses fins sans avoir affronté l’adversaire, c’est la meilleure conduite », commente‑t‑il en racontant comment la Chine a retourné l’embargo américain sur les puces Nvidia : interdiction d’achat, investissement massif dans des producteurs locaux, effondrement de la part de marché américaine, jusqu’à voir Trump venir « à Canossa » supplier qu’on rachète ses puces. Ce calme stratégique s’oppose au comportement occidental « de mauvais joueurs » qui « passent leur temps à lancer des anathèmes, des excommunications, des sanctions », tandis que le discours chinois est « apaisant » et centré sur la coopération, ce qui rend la Chine et les BRICS infiniment plus attractifs pour le « Sud global » que les États‑Unis et l’OTAN. Dans le même mouvement, il rappelle que la CIA travaille de longue date à « démanteler » Russie et Chine en instrumentalisant Tibet, Xinjiang ou Mongolie, ce qui soude encore davantage Moscou et Pékin. De cette analyse, il tire enfin une conclusion directe pour la France. L’Union européenne a été « complètement écartée » de ces recompositions, simple « stratagème américain » dont « les Chinois se fichent perdument », au point que les rodomontades sur « l’UE première puissance mondiale » les font « rigoler ». Dans ce contexte, il appelle la France à renouer avec les choix stratégiques du général de Gaulle : politique indépendante vis‑à‑vis de Washington, émancipation de l’OTAN, sortie assumée de l’Union européenne pour redevenir une puissance souveraine capable de peser dans le nouveau concert mondial. Asselineau met aussi en garde contre l’élection en 2027 d’un président « qui n’a absolument aucune compétence et qui a 30 ans », qu’il juge « un désastre » pour un pays déjà incapable de préparer ses élites à la montée en puissance asiatique, alors même que, cite‑t‑il Confucius, « celui dont la pensée ne voit pas loin verra ses problèmes de près ». Rester alignés sur Washington et Bruxelles, dit‑il en substance, c’est accepter de subir le basculement du monde plutôt que de le penser et d’y trouver notre place. |
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