Lorsque l’on a entrepris une retraite active après avoir quitté l’exercice cinquantenaire de la profession d’avocat, que dans le but d’éviter la « petite mort » on se soit lancé dans une carrière de « publiciste » (non pas au sens de « spécialiste de droit public », ça c’était avant), la présence sur XTwitter est quelque chose d’important. C’est un outil qui permet une visibilité lorsque vos prises de position concernant la guerre en Ukraine et le génocide en Palestine vous ont barré l’accès aux médias mainstream, pourtant amicaux auparavant (je n’ai même pas honte). Le problème, c’est que l’algorithme a décidé, et pour les mêmes raisons, de me faire la gueule. Depuis quelques temps, je suis confronté à l’invisibilisation et au retrait massif de « suiveurs ». Comme je m’interrogeais sur la thérapie à mettre en œuvre pour juguler cet ostracisme, bien intentionnés quelques-uns m’ont dit que j’étais trop hargneux. Et que disant du mal de tout le monde, cela me faisait considérer comme irrécupérable par les employés numériques d’Elon Musk. Certains mauvais esprits ont prétendu que l’accusation de dire du mal de tout le monde était infondée, puisque je ne critiquais pas Vladimir Vladimirovitch Poutine. C’est complètement faux, je critique régulièrement un Vojd trop arrangeant et qui aurait dû respecter les traditions, en nous débarrassant rapidement de von der Leyen et Merz, ces dirigeants allemands fermement décidés à refaire Barbarossa. Bon, histoire de tenter d’amadouer l’algorithme, nous allons faire une tentative en évitant d’aborder les sujets qui fâchent. Normalement, si j’en crois les conseils amicaux, parler de football et de cinéma devrait permettre de passer entre les gouttes. Des enfants apeurés par des caïds, vraiment ? Netflix vient de diffuser un documentaire sur le fameux « plus grand scandale de l’histoire du sport français ». Présentation stupide, le plus grand scandale de l’histoire du sport français, c’est la demi-finale de la coupe du monde 1982. Avec la tentative de meurtre de l’ignoble Schumacher (un Allemand) sur Patrick Battiston sans carton rouge et penalty contre l’assassin, le reste à l’encan, caractérisant une invraisemblable injustice. Sans oublier bien sûr la tricherie du match de poule Allemagne/Autriche, qui aurait dû valoir aux deux équipes germaniques, l’exclusion immédiate de la compétition. Empêchant les brutes allemandes d’accéder à la demi-finale pour y accomplir leur ignominie. Tu es sûr que cette « modération » va convaincre l’algorithme d’arrêter ses manigances ? C’est vrai, il faut revenir au foot. J’adore le foot depuis tout petit et par exemple je peux vous donner de mémoire le nom de tous les vainqueurs de la Coupe du monde depuis sa création, avec les scores des finales. En ce moment, les progrès techniques des retransmissions permettent de s’offrir des gourmandises. Le niveau technique est assez exceptionnel et on voit émerger pas mal de talents hors normes. J’ai un penchant très net pour Lamine Yamal, improbable enchanteur, qui pourrait presque me faire oublier Andres Iniesta. Et en plus Yamal il est courageux, pour avoir brandi à l’occasion de la célébration du titre du Barça le drapeau de la Palestine. Ce qui a déchaîné le racisme suprémaciste arrogant des autorités de l’État paria génocidaire, qui se sont adressées à Pedro Sanchez pour exiger sa suspension sportive, en qualifiant l’ado, pourquoi se gêner, de terroriste ! Et voilà que ça recommence ! Tu avais dit, le football. Pas la Palestine. Oui c’est vrai, reprenons. Donc le documentaire Netflix. Qui raconte l’histoire du fiasco chaotique de la « participation » de l’équipe de France à la coupe du monde 2010 en Afrique du Sud. On se rappelle qu’à l’époque, on nous avait bassiné avec les joueurs se comportant comme une bande de racailles, voire de mafieux qui avaient foutu la honte à toute la Nation. Le truc est pas mal fait, avec une chronologie précise, et des interviews des différents protagonistes qui permettent de reconstituer les événements pour en comprendre les enjeux. Première chose qui saute aux yeux, exit les racailles et les mafieux. Sans surprise en fait, les footeux de haut niveau sont des gars souvent issus de l’immigration (depuis toujours) sortis du rang grâce à leur talent, leur travail acharné et le sacrifice de leur adolescence. Leur carrière se déroule dans un environnement délicat, marqué par la dictature de l’argent, la corruption aussi évidemment, des entourages perturbés par l’arrivée d’un loto ambulant, tout cela nécessitant un sacré caractère pour le traverser sans trop d’encombres. En tout cas l’image qui résulte de ce documentaire démontre qu’ils ne sont pas à jeter aux chiens et qu’ils sont plutôt été victimes de leur entraîneur, du pouvoir fédéral et du cynisme des politiques français. Ils avaient été sélectionnés pour jouer sous la « direction » d’un entraîneur (on dit un coach), véritable charlatan. On nous apprend que Raymond Domenech aussi vaniteux qu’incompétent et lâche, et étant faite un grand astrologue devant l’éternel, sélectionnant ses joueurs en fonction de leur thème astral (pardon ?!?!?!). En fait, un pitre dépourvu d’intelligence, d’autorité et de charisme sans parler de la simple compétence technique. Et à ces défauts incompatibles avec le poste que les autorités lui avaient confié et maintenu contre vents et marées malgré de multiples incidents grotesques, il ajoutait une lâcheté vaniteuse le poussant à fuir systématiquement ses responsabilités. Nul doute qu’avec un engin pareil la catastrophe était inévitable. Dont le facteur déclenchant fut une misérable provocation du journal l’Équipe publiant un mensonge, histoire d’augmenter son tirage en mettant le feu aux poudres. On apprend 16 ans après, que la phrase prêtée à Nicolas Anelka pour laquelle il fut chassé n’a jamais été prononcée. C’est la réaction des joueurs à cette injustice, et la gestion catastrophique de l’astrologue qui a provoqué le chaos. Et l’on apprend que c’est bien le « coach » qui a pris la décision de ce renvoi, parce qu’il avait été « scandalisé » par le fait que dans une discussion de vestiaire à la mi-temps d’un match difficile, Anelka avait osé le tutoyer ! Il fallut que le politique s’en mêle. Toujours pertinent et concentré sur les choses utiles, Sarkozy président de l’époque dépêcha de toute urgence une sorte de proconsul pour remettre de l’ordre. Le choix se porta sur Roselyne Bachelot, insupportable rombière, concentré de vulgarité népotiste, que le système nous inflige depuis près de 40 ans. Qui fut très bien accueillie par les joueurs à qui elle délivrera un petit numéro bienveillant, les appelants à reprendre et à aller se battre pour gagner le match suivant. Avant, histoire d’exciter la meute, de les trahir devant l’Assemblée nationale à peine rentrée à Paris et juste avant le match. Écoutons Bakary Sagna un des joueurs de la sélection nous raconter cette duplicité sans morale. Petite cerise sur ce vilain brouet. Le documentaire nous gratifie d’extraits du « journal intime » de Raymond Domenech qu’il avait remis aux réalisateurs libres d’en faire usage. Ils ne se sont pas gênés, et que dire de l’état dans lequel en ressort notre astrologue. Comme si ça ne suffisait pas, l’un de ses réalisateurs nous apprend que Domenech aurait négocié pour toucher des droits d’auteur sur l’usage de ce journal ! Probable qu’il est du signe astrologique du taureau signe le plus souvent relié à l’argent (par ceux qui souscrivent à ces calembredaines) … Eh bien dis donc, une modération comme ça, pas sûr qu’elle marche avec l’algorithme. Tu crois ? Bon alors on va essayer avec le cinéma. Quand les petites mains du cinéma scient la branche confortable sur laquelle ils sont assis Libé nous annonce en une que 600 professionnels du cinéma passés en mode « no pasaran » dénoncent l’emprise de Bolloré sur le septième art et appelle à le « zapper ». Une jolie pétition à l’ancienne qui se plaint du pouvoir économique dont dispose l’oligarque sur la production intellectuelle dans notre pays. J’ai regardé la liste, j’y ai vu trois ou quatre noms que je connaissais, le reste, c’est une vaste cohorte de toutes ces petites mains qui émargent au chômage des intermittents du spectacle, financé par les autres salariés. Et ils y vont vaillamment. « Cette offensive idéologique sur le contenu des films a été pour le moment discrète, mais nous ne nous faisons pas d’illusion : ça ne durera pas. » Bon, pour l’instant l’offensive est discrète, c’est déjà ça. Parce que celle lancée par la petite bourgeoisie urbaine pour imposer ses âneries sociétales dans le cinéma français le rendant inregardable, ça fait un moment qu’on y a droit. Et puis dites-moi, il n’y en aurait pas une autre offensive idéologique ? Celle-là qui n’a pas l’air de troubler nos combattants est conduite par la Commission européenne d’Ursula chargée de veiller au travers de formations à l’alignement européiste russophone voulu par l’Allemagne et où paraît-il la CIA aurait son mot à dire (!). Pas plus que les invraisemblables connivences pénalement répréhensibles entretenues par le système BHL avec le CNC et Arte grand financeur de la production audiovisuelle dans notre pays. Revenons à la pétition et la fermeté « no pasaran » combattante quoique à géométrie variable. Jobardise en étendard, elle est rédigée « écriture inclusive » (!) et ne l’envoie pas dire. « Voulons-nous prendre le risque que demain ne soient plus financés que des films de propagande au service d’une idéologie ? […] pour une prise de contrôle fasciste sur l’imaginaire collectif ? ». Non évidemment, on ne veut pas, même si c’est déjà le cas. Parce s’il n’est pas (encore ?) fasciste, le cinéma français est absolument grotesque, à base de comédies lourdingues recyclant toujours les mêmes acteurs, et de préchi-précha wokistes qui n’intéressent personne et vident les salles. Il vaut mieux se rabattre sur ce qui reste du cinéma italien, vers le cinéma espagnol qui reste de qualité et puis surtout celui issu du monde multipolaire, en commençant par le trio Chine, Japon, Corée. Soyons clairs globalement le contrôle direct ou indirect par la ploutocratie de l’essentiel de production intellectuelle dans notre pays, et toutes les tentatives de censure de ceux qui ne sont pas dans les clous, sont absolument détestables. C’est un système qu’il faut combattre. Mais ce n’est pas ce que font nos petits-bourgeois « antifas ». Ce qu’ils veulent c’est conserver leur rente, et que celle-ci leur soit accordée sans contrôle démocratique. Vous ne risquez pas de les entendre se prononcer sur la globalité capitaliste de ce système. Et sur la nécessité impérative d’en changer. Ce qui établit cette hypocrisie de façon indiscutable, c’est qu’ils soient offusqués par la réaction de Bolloré. Le directeur général de Canal+, grand dispensateur d’argent au cinéma français et par conséquent à toutes ces petites mains, a médiocrement apprécié l’accusation de vouloir instaurer le fascisme en utilisant le cinéma. Il a donc annoncé qu’aucun projet dans lequel figurerait un des signataires qui venaient de lui cracher à la figure ne serait désormais financé. Et ça, cela constitue le crime des crimes. On veut bien le beurre de la pose « antifas » comme signe extérieur de richesse, mais à condition de garder l’argent de ce beurre. Qui peut être surpris de cette absence totale de sérieux ? Avant de partir, merci de m’offrir un café. Regis’s Substack is a reader-supported publication. To receive new posts and support my work, consider becoming a free or paid subscriber. Vous êtes actuellement un abonné gratuit à Regis’s Substack. Pour profiter pleinement de l'expérience, améliorez votre abonnement. © 2026 Regis de Castelnau |





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