L'Ukraine est connu pour être le deuxième plus grand centre mondial de gestation pour autrui (GPA), juste derrière les États-Unis. Malgré le conflit avec la Russie, des experts ont récemment indiqué à la BBC que celles-ci étaient presque revenues à leurs niveaux d'avant-guerre. Face aux nombreuses dérives découlant d'une législation très permissive, le Parlement ukrainien étudie une proposition de loi visant à interdire aux étrangers le recours à la GPA sur le territoire national. Mais plusieurs observateurs se montrent sceptiques... La clinique BioTexCom détient le quasi-monopole du marché ukrainien, avec un chiffre d'affaires annuel estimé à 100 millions de dollars, sans même prendre en compte le marché noir. Dans ce secteur, la publicité s'affiche sans complexe. En 2021, l'entreprise avait placardé des affiches proposant des GPA à prix réduit pour le Black Friday. Et la veille de l'invasion russe, une vidéo publiée en cinq langues présentait le nouvel abri antiaérien acquis par la clinique pour offrir aux clients un « séjour confortable » et « en toute sécurité » en attendant la naissance des enfants. On y découvrait des sacs de couchage, des vivres et des masques à gaz, le tout sur un fond sonore d'alertes à la bombe. Aujourd'hui, le Parlement ukrainien examine un projet de loi qui introduirait une surveillance plus stricte du secteur en interdisant l'accès aux étrangers, c'est à dire, à environ 75 % des 4 000 futurs parents ayant recours à la GPA chaque année en Ukraine, la plupart en provenance des Etats-Unis, d'Espagne, du Royaume-Uni et de Chine. On se souvient également des couples Français s'inquiétant de l'issu de leur projet de GPA au début de la guerre. Mais Maria Dmitrieva, directrice du Centre pour le développement de la démocratie, l'une des plus anciennes organisations féministes du pays, se montre plutôt sceptique : « Comme la demande continue de croître et que de nombreuses Ukrainiennes ont fui vers d'autres pays, les entreprises font venir des femmes du Kazakhstan, du Tadjikistan, d'Ouzbékistan… Elles emmènent aussi des femmes accoucher à Chypre, en Grèce ou en Géorgie, ce qui est complètement illégal. Mais personne ne dira rien, car si un député se prononce contre la GPA, il aura des problèmes pour poursuivre sa carrière politique ». « Il existe des liens étroits entre les cliniques et le Parlement », confirme Natalia Semchuk, une avocate de Kiev qui a longuement enquêté sur l'affaire. Maria Dmitrieva pense cependa… Martin Dousse |
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