![]() |
Changement de ton de Trump dans la guerre au Moyen-Orient, mort de Lionel Jospin, menaces de la Corée du Nord sur la Corée du Sud, le non l'emporte lors du référendum du système judiciaire italien.
| |||||||||||||||
L’Australie et l’Union européenne signent un vaste accord commercial
Au terme d’années de négociations, l’Australie et l’Union européenne ont signé à Canberra un vaste accord de libre-échange. Le texte a été signé lors de la première visite de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen dans le pays depuis son entrée en fonction, alors que les deux partenaires font face à des incertitudes renforcées par la guerre au Moyen-Orient.
Bruxelles comme Canberra cherchent à diversifier les débouchés de leurs exportations, pour faire face aux pressions des Etats-Unis et de la Chine. L’UE est aujourd’hui le troisième partenaire commercial bilatéral de l’Australie et sa deuxième source d’investissements étrangers. Les entreprises européennes ont exporté 37 milliards d’euros de marchandises vers l’Australie l’année dernière, et 31 milliards d’euros de services en 2024.
“L’UE et l’Australie sont peut-être géographiquement très éloignées, mais nous ne pourrions être plus proches dans notre vision du monde”, a déclaré Ursula von der Leyen. “C’est un moment important pour notre nation, nous sécurisons un accord avec la deuxième économie du monde”, a souligné le Premier ministre australien Anthony Albanese. Les principaux points de discorde, à savoir l’utilisation par l’Australie d’appellations géographiques européennes et l’accès du bœuf australien au marché européen ont été surmontés.
Le quota de bœuf australien autorisé à entrer dans l'UE sera multiplié par plus de dix au cours de la prochaine décennie, même s'il reste en deçà du niveau demandé par les agriculteurs australiens. Le nouveau quota, fixé à 30 600 tonnes de viande bovine australienne, comprendra 55% de viande d'animaux nourris à l'herbe exemptée de droits de douane, et 45% bénéficiant de droits de douane réduits à 7,5%. Seulement un tiers du quota sera appliqué pendant les cinq premières années, avant sa pleine entrée en vigueur.
L’UE autorisera aussi l’entrée de 25 000 tonnes de viande ovine et caprine australienne issue d’animaux nourris à l’herbe, avec une mise en place progressive sur sept ans. L’accord entrera en vigueur après l’approbation du Conseil européen. Bruxelles espère éviter une nouvelle levée de boucliers des agriculteurs, déjà en colère contre l’accord commercial signé mi-janvier avec les pays latino-américains du Mercosur.
De leur côté, les constructeurs automobiles européens bénéficieront du relèvement du seuil de la taxe australienne sur les voitures de luxe pour les véhicules électriques, qui permettra aux trois quarts des véhicules électriques d’en être exonérés. L’UE s’attend ainsi à augmenter ses exportations vers l’Australie d’un tiers au cours de la prochaine décennie, avec une hausse de 50% dans les secteurs des produits laitiers et de l’automobile.
Notre publication est financée uniquement par ses lecteurs. Pour recevoir les prochains contenus du Monde Moderne, devenez abonné, gratuit ou payant.
Changement de ton de Donald Trump dans la guerre au Moyen-Orient
Dans un changement de ton spectaculaire au 24e jour du conflit, Donald Trump a annoncé la suspension de frappes envisagées sur les infrastructures critiques iraniennes. Il a aussi évoqué un changement de régime, alors qu'Israël a de nouveau frappé le Liban.
Donald Trump a assuré qu’un “changement de régime” était en cours en Iran, tout en menaçant de “continuer à bombarder allègrement” si les négociations en cours avec un groupe de dirigeants iraniens non identifiés échouaient.
Il a aussi dit avoir eu de “très bonnes discussions pour une cessation totale” des hostilités avec l’Iran. Cette version a été démentie par Téhéran. Les médias iraniens, citant le ministère des Affaires étrangères, ont expliqué qu’il “n’existe aucun dialogue entre Téhéran et Washington”.
L’armée israélienne a effectué de nouvelles frappes contre des cibles du Hezbollah à Beyrouth. Une personne a été tuée plus tôt dans une attaque israélienne contre un appartement d’Hazmieh, près de la capitale libanaise. Israël dit avoir visé un membre des Gardiens de la révolution iraniens. L’armée a aussi frappé à Téhéran un site des Gardiens de la Révolution, affirmant qu’il servait notamment à diriger des bataillons de la force paramilitaire du Bassidj.
Enfin, l’armée israélienne a revendiqué la capture dans le sud du Liban de deux combattants de la force d’élite du Hezbollah qui projetaient, selon elle, de tirer un missile antichar sur ses troupes.
Benjamin Netanyahu a déclaré qu'Israël continuerait ses frappes en Iran et au Liban, en restant déterminé à protéger ses “intérêts vitaux en toutes circonstances”. Le Premier ministre israélien a tenu ces propos après avoir discuté avec le président américain Donald Trump. Le président américain “estime qu'il y a une chance de tirer parti des formidables succès militaires israéliens et américains afin de réaliser les objectifs de la guerre dans le cadre d'un accord qui préservera nos intérêts vitaux”, a dit le Premier ministre dans un court message vidéo.
Emmanuel Macron a martelé qu’aucune “occupation” ne saurait assurer la “sécurité de qui que ce soit”, dans un avertissement à Israël et son opération terrestre au Liban, alors qu’il inaugurait une exposition consacrée à la cité de Byblos à l’Institut du monde arabe. “Aucune occupation, aucune forme de colonisation, ni ici, ni en Cisjordanie, ni ailleurs, ne saurait assurer la sécurité de qui que ce soit”, a déclaré le président français, en présence du ministre libanais de la Culture Ghassan Salamé.
Mort de Lionel Jospin, ancien Premier ministre socialiste
Lionel Jospin, Premier ministre socialiste de 1997 à 2002, est mort à l'âge de 88 ans. Lors de son passage à Matignon, cet artisan de la “gauche plurielle” a porté des réformes marquantes comme le passage aux 35 heures, le quinquennat, la loi sur la parité en politique ou encore le pacs (pacte civil de solidarité). Il reste aussi dans la mémoire des Français pour avoir tiré sa révérence après sa défaite au soir du 21 avril 2002, quand les électeurs ont préféré qualifier Jean-Marie Le Pen et Jacques Chirac pour le second tour de l’élection présidentielle.
Après le lycée Charlemagne à Paris s'enchaînent l'hypokhâgne puis l'entrée à Sciences Po. Il adhère au syndicat étudiant Unef et découvre le militantisme. Après son service militaire, il entre en 1963 à l’ENA.
Le jeune énarque débute ensuite sa carrière au ministère des Affaires étrangères. Au cours de cette période, il est initié par un certain Boris Fraenkel au trotskisme. Il a fallu attendre 2001 pour que le socialiste, alors Premier ministre, reconnaisse ce passage par la mouvance d’extrême gauche, avec laquelle il a définitivement rompu au milieu des années 1980.
À la fin des années 1960, il quitte le quai d’Orsay et enseigne l’économie notamment à l’IUT de Sceaux. Après le congrès d’Epinay, il adhère en 1971 au Parti socialiste. Il gravit les échelons du parti et intègre, à la demande de François Mitterrand, le secrétariat national du PS et son bureau exécutif en 1973. Il prend en charge le secteur de la formation, puis des relations internationales.
Il devient numéro deux du PS après le congrès de Metz de 1979. Peu connu du grand public, il se fait remarquer l'année d'après lors d'un débat télévisé où il remplace François Mitterrand face au communiste Georges Marchais.
Quand François Mitterand est désigné candidat pour la présidentielle de 1981, il prend donc les rênes du Parti socialiste. Il assiste aux premières loges à l'arrivée de la gauche à l'Elysée.
Le cadre socialiste est à son tour élu député de Paris lors des législatives de juin dans les quartiers populaires de La Chapelle et de la Goutte d’or. Dans la foulée, il participe aux négociations d’un “accord de gouvernement” avec le Parti communiste. Puis vient l’exercice du pouvoir. Le premier secrétaire assiste depuis la rue de Solférino au tournant de la rigueur.
Il observe aussi les cortèges des manifestations géantes du mouvement de “l’Ecole libre” contre le projet de loi Savary. Comme premier secrétaire du PS, il cherche à peser dans les débats.
Lors du second septennat socialiste, il exprime son souhait d'entrer au gouvernement et se retrouve numéro 2 derrière Michel Rocard, en charge de l'Education et de la Recherche (1988-1992). Il fait notamment voter une loi d'orientation sur l'éducation, dite loi Jospin, qui modifie le fonctionnement du système éducatif, revalorise les salaires des enseignants et place “l'élève au centre de l'école”.
La fin de règne de François Mitterrand laisse place aux divisions socialistes. Les jospiniens s’opposent notamment aux partisans de Laurent Fabius. Lionel Jospin s’éloigne du président de la République pour différentes raisons (l’affaire Bousquet, l’avènement de Bernard Tapie, les divisions internes au PS) et se retrouve contraint de quitter le gouvernement en 1992. L’année d’après, lors de la débâcle de la gauche aux législatives, il est battu dans sa circonscription et se retrouve simple conseiller général de Cintegabelle.
En 1995, il gagne la primaire socialiste face à Henri Emmanuelli. Il réclame alors un “droit d’inventaire” afin de se démarquer d’un François Mitterrand usé par quatorze années de pouvoir. Dans une présidentielle qui ressemble à une mission impossible après deux septennats mitterrandiens, il réalise une bonne campagne et termine en tête du premier tour. Mais il n’obtient que 47,36 % des voix au second tour face à Jacques Chirac.
Le socialiste obtient sa revanche deux ans plus tard, quand Jacques Chirac décide de dissoudre l’Assemblée nationale pour provoquer des législatives un an avant la date prévue. L’opposition ne se laisse pas surprendre. Les cinq partis de la “gauche plurielle” (PS, PCF, Les Verts, le PRG et le MRC) se rassemblent et renversent les sondages pour décrocher une majorité. Lionel Jospin entre à Matignon et entame une cohabitation de cinq ans avec Jacques Chirac.
Après la claque reçue le 21 avril 2002, Lionel Jospin n’est jamais parvenu à revenir au premier plan, malgré quelques tentatives, notamment en 2006. Il a dirigé, pendant la présidence de François Hollande, une Commission sur la rénovation et la déontologie de la vie publique, avant de siéger pendant cinq ans au Conseil constitutionnel.
En septembre 2023, Lionel Jospin apportait encore son regard sur l’actualité, entre critique des propos “honteux et dangereux” de Nicolas Sarkozy sur la guerre en Ukraine, soutien à l’interdiction de l’abaya à l’école et risque de l’arrivée de Marine Le Pen au pouvoir.
La Corée du Nord ne renoncera pas à son statut de puissance nucléaire
La Corée du Nord ne renoncera jamais à son statut de puissance nucléaire, a déclaré son dirigeant Kim Jong-un, lors d’un discours de politique générale prononcé devant le Parlement à Pyongyang. “Nous continuerons à consolider fermement notre statut d’Etat doté de l’arme nucléaire de façon irréversible, tout en intensifiant agressivement notre lutte contre les forces hostiles”, a-t-il affirmé.
“Nous désignerons la Corée du Sud comme l’Etat le plus hostile et nous la traiterons comme telle de manière implacable”, a-t-il aussi dit, selon des propos rapportés par l’agence d’Etat KCNA. Le dictateur a aussi promis, au sujet de la Corée du Sud, de “la faire payer sans pitié, sans la moindre hésitation pour tout acte portant atteinte” à son pays.
Cette déclaration de Kim Jong-un intervient après sa réélection à la présidence de la commission des affaires d’Etat, le plus haut organe de décision et de gouvernance du pays. Le dictateur a été réélu sans surprise par les 687 nouveaux députés de l’assemblée législative, avec un taux de participation de 99,9%. Après cette réélection, son allié Vladimir Poutine a prôné le renforcement du “partenariat stratégique” avec Pyongyang, dans un message de félicitations adressé au dirigeant.
Giorgia Meloni perd son référendum sur une réforme du système judiciaire
Le “non” à la réforme judiciaire en Italie voulue par la Première ministre Giorgia Meloni l’emporte avec plus de 54%, après le dépouillement des bulletins de plus de la moitié des bureaux de vote, selon le site du ministère de l’Intérieur italien. “Nous l’avons fait ! Vive la Constitution !”, a réagi sur X Giuseppe Conte, leader du Mouvement 5 Etoiles. La réforme, qui passe par une modification de la Constitution, entendait séparer les carrières des juges et des procureurs, mais aussi modifier le fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature, l’organe qui supervise tous les magistrats.
La Première ministre italienne a reconnu l’échec de son référendum, tout en confirmant qu’elle n’avait pas l’intention de démissionner. “Les Italiens ont tranché. Et nous respectons cette décision. Mais cela ne change rien à notre engagement de continuer, avec sérieux et détermination, à oeuvrer pour le bien de la nation et à honorer le mandat qui nous a été confié”, a-t-elle déclaré dans une vidéo sur X.
Le gouvernement de Giorgia Meloni jugeait cette réforme indispensable pour garantir l'impartialité du système judiciaire. Mais l'opposition craignait une tentative de mainmise du pouvoir sur les magistrats, critiquant une réforme qui ne s'attaque pas aux problèmes de fond, comme les procès trop longs ou les prisons surpeuplées.
Interview santé du Monde Moderne avec Patrick Martini
Vous êtes actuellement un abonné gratuit à Le Monde Moderne. Pour profiter pleinement de l'expérience, améliorez votre abonnement.
© 2026 Le Monde Moderne
112 avenue de Paris, CS 60002, 94306 Vincennes Cedex


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire