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Débriefing du résultat des municipales 2026
La guerre au Moyen-Orient se poursuit, nouvelle attaque israélienne en Cisjordanie, réforme du système judiciaire italien, Cuba prêt à une invasion américaine.
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Débriefing du résultat des municipales 2026
17 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes pour élire leur maire lors du second tour des municipales. Le taux de participation a atteint 57%.
Emmanuel Grégoire, candidat du Parti socialiste, des Ecologistes et du PCF, a remporté avec une large avance la mairie de Paris, avec 50,81% des voix. La candidate LR et ex-ministre de la Culture, Rachida Dati, obtient 41,18% des voix. La candidate LFI Sophia Chikirou a quant à elle reçu 8,01% des voix.
À Marseille, le maire sortant (divers gauche) Benoît Payan a largement remporté le second tour avec 54,7% des voix. Le candidat du Rassemblement national (RN) Franck Allisio, a obtenu 40,1% des voix au second tour. Martine Vassal, candidate des Républicains, soutenue par Renaissance et Horizons, a pour sa part remporté 5,2% des suffrages.
À Lyon, Grégory Doucet, donné largement perdant quelques semaines avant le premier tour, remporte le scrutin avec 50,67% des voix. Sa liste, qui avait reçu le soutien de La France insoumise à l’entre-deux-tours, a dépassé celle de l’ancien patron de l’Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas, soutenu par le centre et la droite, crédité de 49,33% des suffrages. En fin de soirée, il a annoncé le dépôt d’un recours, après avoir observé des irrégularités.
Si Manuel Bompard, le coordinateur de La France insoumise, a salué une “entrée fracassante” de son mouvement dans les conseils municipaux, les insoumis ont échoué à Limoges : leur candidat Damien Maudet n’a obtenu que 40,82% des voix, malgré le soutien du PS, des Ecologistes et du PCF. L’union de la gauche derrière l’insoumis François Piquemal a également manqué de ravir Toulouse au maire sortant Jean-Luc Moudenc, soutenu par le centre et la droite, qui recueille 53,87% des voix contre 46,13% pour le député LFI.
Deux victoires notables en revanche : à Roubaix, le député LFI David Guiraud remporte la mairie avec 53,19% des voix, contre 25,55% pour le maire sortant (divers droite) Alexandre Garcin. Le candidat de gauche Karim Amrouni, qui avait refusé une fusion de sa liste avec celle de LFI, a pour sa part obtenu 11,3%, et la candidate RN Céline Sayah 9,97% des suffrages. Les insoumis remportent aussi les mairies de Vénissieux, Creil ainsi que Le Tampon à La Réunion.
Les Ecologistes perdent plusieurs grandes villes conquises à la faveur d’une “vague verte” en 2020. Parmi les plus grosses pertes, on trouve Bordeaux, remporté d’une courte tête par le député macroniste Thomas Cazenave (50,95%) face au maire sortant Pierre Hurmic (49,05%).
La mairie de Besançon a également été perdue par Anne Vignot après plus de soixante-dix ans de gouvernance à gauche. La maire sortante écologiste, soutenue par le PS et le PCF, s’incline avec 46,71% face à son adversaire LR-MoDem, Ludovic Fagaut, qui a obtenu 53,29%.
Pour la droite, l’échec de Rachida Dati à Paris s’accompagne de plusieurs victoires dans des villes moyennes auparavant dirigées par la gauche, qui viennent renforcer son ancrage local. Le bastion socialiste de Clermont-Ferrand a par exemple basculé dans l’escarcelle du parti Les Républicains avec la victoire de Julien Bony face au maire sortant Olivier Bianchi (PS). La mairie de Tulle (Corrèze) a été prise par Laurent Melin (54,25%) à la gauche (39,82%).
La droite se maintient également à Limoges, où le LR Guillaume Guérin, adjoint du maire sortant qui s’est retiré, a défait l’alliance de gauche menée par le LFI Damien Maudet ; ou encore à Toulon, où la maire sortante Josée Massi (divers droite) l’a emporté contre la députée RN Laure Lavalette.
La principale victoire de l’extrême droite lors de ces municipales revient à Eric Ciotti, président du parti UDR et allié du RN, qui a remporté la mairie de Nice face au maire sortant Christian Estrosi avec 48,54% des voix.
Pour sa part, le RN n’a pas remporté de nouvelle grande ville, progressant par contre dans les villes moyennes, comme Agde, Carcassonne, Liévin, Saint-Avold, Montargis ou Tarascon.
Deux salles, deux ambiances pour les anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron candidats aux municipales. Edouard Philippe a remporté un troisième mandat consécutif avec 47,71% des voix, face au candidat communiste Jean-Paul Lecoq (41,17%) et à son adversaire UDR Franck Keller (11,12%).
À Pau, en revanche, François Bayrou a échoué à conserver la mairie face à l’union de la gauche (hors LFI) menée par Jérôme Marbot, qui remporte le scrutin avec 344 voix d’avance (et 42,45% des suffrages exprimés).
Le taux de participation en France hexagonale est en forte baisse par rapport à celui observé lors du second tour des municipales de 2014, mais en hausse par rapport au scrutin de 2020, marqué par l'épidémie de coronavirus. Dans certaines villes à fort enjeu, la participation au second tour a été plus élevée qu'au premier.
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Pas de trêve à l’horizon pour la guerre au Moyen-Orient
Le président du Liban, Joseph Aoun, a dénoncé les frappes israéliennes menées dans le sud du pays contre des ponts et d’autres infrastructures, les qualifiant de “prélude à une invasion terrestre”. Joseph Aoun “a condamné le ciblage et la destruction par Israël d’infrastructures et d’installations vitales dans le sud du Liban, particulièrement le pont de Qasmiyeh au-dessus du fleuve Litani et d’autres ponts”.
L'Iran a assuré qu'il fermerait entièrement le détroit d'Ormuz, voie stratégique pour l'approvisionnement mondial de pétrole, si Washington mettait en œuvre sa menace de viser des centrales électriques iraniennes. Si les menaces des Etats-Unis sont mises à exécution, le détroit “sera complètement fermé et ne rouvrira pas tant que nous n'aurons pas reconstruit nos centrales détruites”, a affirmé le centre de commandement interarmées Khatam al-Anbiya, dans un communiqué diffusé par la télévision d'Etat. Donald Trump avait menacé samedi d'anéantir les centrales électriques de l'Iran si le détroit ne rouvrait pas d’ici 48 heures.
L'armée israélienne a annoncé avoir lancé “une vague de frappes” contre des cibles du Hezbollah dans le sud du Liban, peu après avoir averti que des troupes avaient reçu l'ordre de détruire des ponts utilisés par le groupe armé au-delà du fleuve Litani. Une personne a été tuée, selon les secours israéliens, par une roquette tirée depuis le Liban dans le nord d'Israël, où le Hezbollah dit avoir ciblé des soldats israéliens. La personne tuée par le tir de roquette est la première victime civile sur la frontière nord d'Israël depuis le début de la guerre entre le mouvement libanais pro-iranien et Israël début mars.
Le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a promis qu’Israël “viserait personnellement” les dirigeants de la République islamique, et plus particulièrement les membres des Gardiens de la Révolution. À Arad, dans le sud d’Israël, cible d’une frappe de missile iranien, le Premier ministre israélien a menacé : “Nous allons nous en prendre au régime. Nous allons nous en prendre aux Gardiens de la Révolution islamique, cette bande de criminels. Et nous allons les viser personnellement, leurs dirigeants, leurs installations, leurs actifs économiques”, a-t-il affirmé à la presse, au milieu des décombres.
Nouvelle attaque de colons israéliens contre des villages palestiniens en Cisjordanie
Des colons israéliens ont attaqué plusieurs villages palestiniens en Cisjordanie occupée, faisant des blessés et des dégâts matériels, ont annoncé l’agence de presse palestinienne Wafa et l’armée israélienne. Au moins 11 Palestiniens ont été blessés, selon le journal israélien Haaretz, qui fait état de véhicules et de maisons incendiés dans des raids de colons sur les villages de Jaloud et Qaryout, dans la région de Naplouse. Elle a rapporté des raids du même genre dans le village de Fandaqumiya, près de Jénine.
L’armée israélienne a confirmé ces attaques dans un communiqué. “La nuit dernière, des forces de l’armée et de la police des frontières ont été dépêchées dans plusieurs villages palestiniens après des signalements faisant état de civils israéliens provoquant des incendies criminels sur des bâtiments et des biens, ainsi que de troubles dans la zone”, a-t-elle fait savoir. Selon Wafa, “un large groupe de colons a pris d’assaut le village de Jaloud, incendiant des maisons et des véhicules, endommageant des habitations et brisant les vitres, tandis que des citoyens palestiniens tentaient de les affronter et d’éteindre les incendies”. L’agence a décrit “une série d’agressions dans l’ensemble de la Cisjordanie”.
Selon un communiqué de la police israélienne, “un véhicule palestinien a percuté un véhicule israélien, entraînant la mort de l'un des passagers”. Une enquête est en cours pour déterminer s'il s'agit d'un accident ou non. Mais l'incident a provoqué les représailles de colons israéliens.
Les derniers chiffres témoignent d'un emballement des attaques menées par des colons israéliens dans le territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967. Selon les autorités palestiniennes, six Palestiniens ont été tués depuis le 2 mars par des tirs de colons en Cisjordanie. Des responsables israéliens se sont publiquement inquiétés de cette montée des violences de la part des colons.
Les Italiens appelés à se prononcer sur la réforme du système judiciaire
Ce week-end, s’est tenu en Italie un référendum sur le statut des magistrats, combat de la droite depuis les années Berlusconi. L'objectif affiché par le gouvernement est de garantir plus d'impartialité de la justice lors des procès et de dépolitiser la magistrature.
À mesure que le “non” à la réforme prenait légèrement le dessus dans les sondages, Giorgia Meloni s'est de plus en plus impliquée, allant jusqu'à s'inviter dans le podcast d'un des rappeurs les plus célèbres d'Italie. Si la réforme est très technique et que rien dans son texte ne place la justice sous la coupe du politique, le message envoyé par la coalition droite-extrême droite est clair : il faut couper les ailes des magistrats, durs avec la droite mais laxistes avec les délinquants.
La réforme se résume en trois points : séparation stricte des carrières et fonctions entre procureurs et juges, une part de tirage au sort dans la désignation des membres des deux Conseils supérieurs de la magistrature et création d’une nouvelle instance disciplinaire. La séparation des carrières est présentée comme un moyen d’offrir une justice plus équitable aux citoyens.
En Italie, les procureurs mènent l’enquête à charge, les juges valident ou non leur travail au cours de l’enquête et tranchent lors du procès. Mais ces deux types de magistrats ont la même formation, ils travaillent dans les mêmes locaux et dépendent aujourd’hui du même conseil supérieur de la magistrature pour l’évolution de leur carrière. Cette proximité est jugée néfaste pour une bonne administration de la justice.
Les magistrats ne pourraient donc plus du tout passer d’une fonction à l’autre au cours de leur carrière, ils suivraient deux formations différentes et dépendraient de deux Conseils supérieurs de la magistrature.
La composition de ces deux CSM changerait. Une partie de leurs membres serait tirée au sort dans une liste de professionnels d’expérience. Ici l’objectif est de dissoudre les courants politiques qui se forment lors des élections au CSM. Enfin, pour les questions disciplinaires, une nouvelle haute cour censée donner plus de garantie d’indépendance vis à vis des magistrats serait créée. Que les magistrats payent davantage leurs éventuelle fautes revient en boucle dans les discours des partisans de la réforme.
Les partisans du “oui” y voient le chemin vers une justice plus équitable et moins politisée. Les partisans du “non” estiment que la réforme ne s’attaque pas aux vrais problèmes de la justice (lenteur, manque de moyens). Pour eux, même si le texte de cette modification de la Constitution ne touche pas à l’indépendance de la magistrature vis à vis du pouvoir politique, elle aboutira à affaiblir le judiciaire.
Cuba se prépare à une éventuelle invasion américaine
Cuba s’attend désormais à une éventuelle invasion de l’armée américaine, mais assure que son gouvernement ne souhaite pas aggraver sa relation avec les Etats-Unis et Donald Trump. C’est ce qu’a annoncé le vice-ministre des Affaires étrangères cubain. “Notre armée est toujours prête”, a déclaré Carlos Fernandez de Cossio, interrogé par la chaîne américaine NBC, alors que le pays est menacé par l’administration Trump. “De fait, elle se prépare ces jours-ci à la possibilité d’une agression militaire. En regardant ce qu’il se passe dans le monde, nous serions naïfs de ne pas le faire.”
“Mais nous espérons que cela n’arrivera pas. Nous ne voyons pas pourquoi ça arriverait. Comment cela pourrait-il se justifier ?”, s’est interrogé le ministre. “Cuba ne souhaite pas de conflit avec les Etats-Unis. Nous avons le besoin et le droit de nous protéger. Mais nous sommes prêts à nous asseoir pour discuter”, a ajouté Carlos Fernandez de Cossio.
Washington, opposé au pouvoir communiste sur l’île depuis sa prise de pouvoir en 1959, a accentué sa pression économique en bloquant tout approvisionnement de l’île en hydrocarbures, juste après avoir renversé son principal allié, le dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro. En 1961, les Etats-Unis avaient échoué à renverser le régime de Fidel Castro lors de l’opération ratée de la baie des Cochons. Donald Trump a dit “croire” qu’il aura “l’honneur de prendre Cuba”, sans préciser exactement ses propos. Il a également parlé de “libérer” le pays.
Municipales ! La soirée de tous les dangers !
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