Cette gazette vous plaît ? Transférez-là à votre carnet d’adresses… Ils vous remercieront et nous aussi. | | Oubliez tout ce que vous avez pu entendre dans les médias officiels depuis hier soir. Ces municipales ne disent rien de la présidentielle à venir et n’annoncent en aucun cas un retour en force des vieux partis. C’est ce qu’affirme frontalement Gilles Casanova : « Le système et les médias des milliardaires ont exigé que ces municipales soient la répétition de la présidentielle de 2027. » Dans ce décor, Emmanuel Macron apparaît comme le symbole ultime d’un système à bout de souffle, mais qui multiplie les effets d’annonce pour sauver les apparences. François Cocq lui impute une part de responsabilité dans la défaite de Rachida Dati à Paris : « C’est quand même le baiser de la mort. » Gilles Casanova va encore plus loin et compare Macron à Louis XV, le « bien-aimé » devenu détesté : « Il arrive, il fait des chiffres de satisfaction qu’on n’avait trouvés que lors de l’arrivée de Charles de Gaulle, et puis aujourd’hui, il a des chiffres qui surpassent ceux de François Hollande. ». Que faut-il donc retenir de ces municipales en vue de 2027 ? Casanova tranche : « Vous voulez que je résume ? Rien. ». Mais pour ce qui est de l’état de la France à l’instant T, ces élections sont très parlantes. Elles révèlent un pays plus que jamais fragmenté. Les deux invités dessinent une France coupée en blocs sociologiques et géographiques qui ne se parlent plus. François Cocq donne quelques chiffres : le RN remporte plus de 70 villes, dont deux de plus de 100 000 habitants et une dizaine au-dessus de 30 000, comme Carcassonne, La Flèche, Liévin, La Seyne-sur-Mer ou Menton. LFI s’implante dans ce qu’elle appelle la « Nouvelle France » : La Courneuve, Vénissieux, Roubaix, Vaulx-en-Velin, Saint-Denis, Creil… Mais derrière ces percées spectaculaires, les deux exposent les limites : incapacité du RN à transformer l’essai dans des villes symboliques comme Toulon, Marseille ou Nîmes, avec des gains en voix très faibles entre les deux tours, et incapacité de LFI à dépasser l’alliance avec le PS dans des villes comme Toulouse ou Limoges, où la surmobilisation profite au camp d’en face. Cocq résume placidement le piège dans lequel se sont enfermés les partis d’opposition : « Que ce soit le Rassemblement national quand il a parlé d’un cordon sanitaire contre LFI ou que ce soit LFI quand il a proposé le front antifasciste contre le Rassemblement national, ces gens-là déploient une stratégie du socle qui vise à les nourrir au premier tour en ne voyant pas qu’ils créent eux-mêmes les conditions qui vont les empêcher d’élargir au deuxième tour. ». Résultat : les vieux partis paradent à longueur de plateaux en affirmant qu’ils sont de retour. Gilles Casanova rappelle que 80% des élus municipaux viennent toujours du PS, du PC, du PRG, de LR ou de Renaissance, alors que ces partis ne pèsent quasiment plus rien à la présidentielle. D’où ce sentiment d’abstention massive et de lassitude : les Français continuent de reconduire des maires qu’ils n’aiment plus vraiment, mais qu’ils jugent moins risqués que l’inconnu, parce que tout le reste – guerre, économie, Europe – est déjà trop instable. Gilles Casanova le formule crûment : « Quand tout est inquiétant autour de vous et que votre pays ne vous protège pas, alors vous n’allez pas en plus ajouter un risque supplémentaire en changeant de maire. Donc c’est la conservation qui l’emporte. ». En toile de fond, il rappelle que sur l’Iran, l’Ukraine, le Mercosur, l’Assemblée nationale est alignée, sans vraie dissidence, pendant que les décisions structurantes se prennent à Bruxelles et à Washington. Tout ceci explique pourquoi le pays semble figé, alors même que la crise internationale s’accélère. |
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