Je m’attarde cette semaine sur trois événements qui montrent à quel point le système capitaliste est un antihumanisme. Qu’il s’agisse des EHPAD avec les révélations du livre Les Fossoyeurs de Victor Castanet, de la situation faite à EDF et à l’avenir de notre système de production d’énergie ou du débat autour de l’augmentation du salaire net via une baisse des cotisations sociales… Tout montre qu’il est urgent de défricher les chemins d’un après-capitalisme, que nous appelons communisme.
Ce processus de transformation sociale et écologique devrait surgir dans le débat électoral pour renouer avec de nouvelles perspectives.
L’or gris gave la bourse…
On se souvient, il y a quelques années, d’économistes et théoriciens libéraux qui glosaient sur « l’or gris ». Étrange expression pour parler des personnes âgées et des personnes dépendantes. Au fond, les capitalistes ont flairé dans le vieillissement démographique, un moyen juteux de rentabilité supplémentaire sur le dos des personnes âgées, devenues dépendantes, après les avoir essorées dans leur système de prédation et d’exploitation.
C’est à cet effet qu'ont été créées, sous l'impulsion des pouvoirs politiques à leur service, des sociétés privées gérant des EHPAD.
Ainsi, le capitalisme s’occupe de tout et de nous, de la naissance à la mort.
Depuis longtemps, nous alertons sur l’abject business de quelques-unes de ces sociétés privées. L’Humanité a produit plusieurs révélations notamment sur le traitement des pensionnaires de certains EPAHD durant cette période de Covid. La CGT a de nombreuse fois déposé des alertes et mobilisé les inspections du travail.
Avec son livre, Les Fossoyeurs, Victor Castanet tire un puissant coup de tonnerre dans la mer d’huile dans laquelle baignait le groupe coté en bourse : ORPEA.
Comment d’ailleurs ne s’offusque-t-on pas plus du fait qu’une entreprise chargée de personnes entrant dans la dernière partie de leur vie, puisse être cotée en bourse. Il en découle automatiquement une logique de gestion dont le seul objectif est l’augmentation permanente des profits et rémunérations des actionnaires. Et en conséquence, le rationnement comptable des soins d’hygiène, de la prise en charge médicale, des repas, et la compression du nombre des personnels…
La cause des maltraitances n’a pas pour origine des problèmes d’organisation comme le répète la direction d’ORPEA, mais la recherche de la rentabilité pour ses actionnaires. Ceux-ci se trouvent dans le plus grand fonds d’investissement canadien CPPIB qui de surcroit, loge ses capitaux dans les paradis fiscaux. Notons d’ailleurs qu’un autre groupe, Korian, reverse lui aussi de confortables dividendes à des actionnaires qui répondent du nom de Crédit Agricole, BNP, ou de la puissante banque, J.P. Morgan.
Ces révélations montrent cruellement, une fois de plus, la barbarie du système capitaliste qui se soucie comme d’une guigne du sort des plus anciens, de leur santé, de leur bien-être, de la vie au fond.
Il est indispensable de pousser le débat au-delà de ces révélations, enquêtes et témoignages insupportables. Les hauts le cœur même sincères seront vains si les débats et les combats ne portent pas sur ces enjeux de fond : Qui et pourquoi a décidé d’offrir tout un pan de la dépendance aux groupes privés contre le développement d’un secteur public du vieillissement et de la dépendance, disposant des moyens de ses missions ?
Et, qui a décidé de ne pas contrôler l’utilisation des fonds publics versés à ces groupes au titre de « l’enveloppe des soins » ?
Ainsi, sans compte à rendre de leur utilisation, ORPEA a reçu 350 millions d’euros par an selon la caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, auquel s'ajoutent des versements des départements.
Tous les discours promettant une branche de la sécurité sociale pour le « grand âge et l’autonomie » sont restés lettre morte.
Un tel projet doit être mis à l’ordre du jour, tout comme celui d’un grand service public pour l’autonomie et la prise en compte de ce fait incontournable : le bien-être des résidents des EPAHD est proportionnel à la densité du personnel qui y travaille.
Aberration économique, monstruosité politique
Tout esprit sain ne peut que considérer comme une aberration économique, la décision du gouvernement de contenir les augmentations du prix de l’électricité, de mettre le tiers de la production d’électricité d’EDF, à la disposition de ses concurrents privés.
Sans oublier que ces tarifs sont indexés sur le prix du gaz sur décision politique en France et à Bruxelles. Ainsi, les entreprises concurrentes d’EDF, qui la plupart du temps ne produisent pas la moindre électricité, vont bénéficier d’un tarif inférieur de plus de 70% à ceux du « marché ».
Mieux, comme EDF a déjà programmé sa production de l’année 2022, elle pourrait être contrainte d’acheter de l’électricité au prix fort sur le marché pour le revendre à ses concurrents, à prix moindre comme l’y oblige le gouvernement.
Autrement dit, on a décidé en haut-lieu - en parfait accord avec les directives européennes de dérégulations - de faire payer par un groupe public des subventions à des entreprises privées concurrentes.
Tout cela, au détriment de l’intérêt général et des enjeux écologiques. Au moment où l’urgence est à une politique énergétique de long terme visant à limiter les changements climatiques.
Quelques soient les solutions retenues, la transition énergétique coûtera extrêmement cher. Déjà 160 milliards d’euros sont prélevés sur les factures d’électricité des particuliers et des entreprises pour prétendument organiser cette transition.
Le scandale ne s’arrête pas à cette aberration économique. Ces opérateurs privés d’électricité, bénéficient non seulement d’une rente sans produire, mais déclarent leurs sièges sociaux souvent installés dans des paradis fiscaux en Europe, pour ne payer aucun impôt en France.
En agissant ainsi, le pouvoir casse les reins d’EDF qui doit produire de l’électricité, entretenir ses centrales, investir pour la transition écologique.
Ceci peut avoir de graves conséquences sur la sécurité d’approvisionnement énergétique du pays, sur l’activité industrielle, la vie économique et sociale de nombreux territoires.
Déjà, la réduction des personnels, l’utilisation d’entreprises sous-traitantes entraînent un manque d’entretien de plusieurs centrales nucléaires. Dix réacteurs nucléaires sur 56 sont actuellement à l’arrêt.
Comme dit le proverbe : « Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage ».
Organiser et laisser se développer une campagne contre l’entreprise publique de l’électricité, créée par le communiste Marcel Paul, pour privatiser la production d’énergie est donc bien la ligne constante du pouvoir. C’était le but du projet « Hercule » mis en échec grâce à la vigilance et la mobilisation des salariés d’EDF.
Toute la population, les entreprises, les élus sont concernés. Par-delà leurs activités, leurs situations, ils ont toutes et tous intérêt à faire front commun jusque dans les urnes.
C’est un fleuron français que le pouvoir au service des intérêts et de la propriété privée, tente d’abattre comme il le fait avec l’hôpital et l’Education nationale. C’est ce que veut cacher la léthargie organisée de la campagne électorale. Il nous faut la réveiller.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire