CONFINEMENT ?
Le problème de notre pays c’est que le
Gouvernement Macron est engoncé dans une idéologie ultra libérale fanatique qui
le conduit à ne pas anticiper, ne pas intervenir sur les outils économiques et
se contenter de faire du marketing politique. Ce n’est pas de l’incompétence.
C’est du dogmatisme.
Le confinement est une mesure très archaïque.
Comme on ne sait pas quoi faire d’autre, on fige le pays en espérant que ça
fige le virus. C’est une mesure du moyen âge, qui peut se comprendre lorsqu’on
est « surpris » en mars, que l’on ne dispose pas des plus élémentaires moyens
matériels, et que l’hôpital est incapable de faire face à une épidémie massive.
Mais 8 mois plus tard, pourquoi est-on en
situation de n’avoir pas plus de choix ?
Le confinement est un désastre économique et
social. Sa mise en œuvre une seconde fois me met personnellement très en
colère. Et ce n’est pas la colère hypocrite du MEDEF dont les membres les plus
éminents, en bons capitalistes sans morale, ont profité de la pandémie pour
s’enrichir ou pour restructurer et délocaliser les industries.
C’est la colère des milliers de pauvres qui
vont se noyer dans des difficultés financières supplémentaires parce que perdre
quelques euros de revenu est un drame pour eux. La colère des milliers de
chômeurs supplémentaires et de tous ces jeunes qui débarquent sur le « marché »
de l’emploi dans ce contexte.
La colère des filières culturelles ou
sportives qui meurent. La colère des salariés des « commerces non essentiels »
qui sont abandonnés.
La colère de la sécu exsangue parce que ses
caisses sont prises pour un distributeur automatique par le Gouvernement alors
que les profits ne sont même pas égratignés.
La colère pour les infirmières et les médecins
qui servent de paillasson à leur Ministère, comme les profs d’ailleurs.
La colère des premiers de corvée à qui on
promet une 2ème vague plus meurtrière que la 1ère. La colère pour nous tous.
Nous devons nous confiner. Mais nous devons
aussi demander des comptes à ce Gouvernement inconséquent. Ce sont des
criminels.
Je ne m’étend pas sur la situation, nous la
connaissons tous. Même Macron, tout de mépris vêtu, est obligé de reconnaître
les erreurs. Mais il s’en exonère immédiatement sous le prétexte qu’on ne
pouvait pas faire autrement. Responsable mais pas coupable.
On l’a déjà entendu et c’est la question
principale : pouvait on faire autrement ?
Sans aucun doute puisque d’autre pays y sont
parvenus.
En octobre, la chine - pays d’1,3 milliards
d’habitants - prenait de nouvelles mesures ciblées et massives dès qu’elle
détectait quelques dizaines de cas... pas de seconde vague à l’horizon.
Le Vietnam ne compte que quelques cas
détectés, tous importés, ces dernières semaines.
Pendant que l’Amérique du Sud plonge comme
l’Europe, Cuba n’a connu que 87 décès et la pandémie semble sous contrôle. Il
faut rajouter que l’ile révolutionnaire a envoyé près de 50000 médecins dans
divers pays du monde pour aider à soigner (dont 15 en Martinique).
Objectivement, il n’y a pas que les pays
socialistes qui s’en sortent bien : la Nouvelle Zélande (pays qui a
renationalisé son chemin de fer il y a quelques mois - spéciale dédicace)
s’inquiétait le 15 octobre d’une possible recrudescence après avoir détecté 1
cas !!! Des mesures énergiques étaient immédiatement prises...
A chaque fois il semble y avoir une
caractéristique commune : on détecte vite car on test systématiquement et
massivement, et on agit pour circonscrire le foyer infectieux.
Donc que devrait-on faire en France ?
Nous sommes « en guerre » selon le Président
Macron. Et pourtant il se contente d’attendre le virus derrière la ligne
Maginot des mesures barrière. Là encore, je précise qu’il faut effectivement
appliquer ces mesures. Mais elles ne sont que symboliques et manifestement peu
efficaces. C’est ce qu’on applique quand il n’y a plus rien d’autre.
C’est comme si toute la sécurité des
circulations ferroviaires reposait seulement sur le port du gilet orange.
Heureusement que nous avons les mesures techniques lourdes et les procédures de
sécurité, sinon il y aurait des morts tous les jours ! Le gilet ne sert
modestement que lorsque toutes les autres mesures ont été débordées... donc en
fait, il vaut mieux éviter d’avoir à s’en remettre à lui, même s’il faut le
porter !
- Donc c’est parti pour le confinement. Déjà
on s’interroge : pourquoi l’Etat se contente d’interdire et n’organise pas.
Il faut réquisitionner les centres de colo ou
de vacances (qui de toutes façons ne servent pas) pour loger correctement les
SDF, les orphelins, et tous ceux qui sont en détresse. A ce titre, le Comité
Central d’Entreprise SNCF avait mis à disposition des pouvoirs publics ses
propriétés lors du précédent confinement mais très peu ont été utilisées...
Ensuite il faut stopper les procédures
d’expulsion locative (je sais, la trêve commence le 1er novembre, mais elles
reprennent le 31 mars et rien ne sera réglé à ce moment-là d’après le conseil
scientifique, donc autant anticiper et trouver des solutions alternatives).
Il faut également assurer le ravitaillement
des personnes isolées, ou celles qui ne peuvent pas sortir (handicapées), ou
celles qui ne devraient pas sortir car jugées fragiles face au virus. Certaines
mairies ont mis en place des choses mais c’est insuffisant et inégal d’une
ville à l’autre. Pourquoi ne pas mobiliser les personnels municipaux pour les
livraisons et réquisitionner les plateforme de la grande distribution pour
l’approvisionnement... la « guerre », c’est le moment où on organise la survie,
pas celui où on fait des expériences de décentralisation libérale !
- concernant l’application numérique pour
tracer les cas contacts. Il y a clairement un manque de confiance des citoyens
vis à vis de ce dispositif. La crainte principale semble être le flicage ou
l’utilisation mercantile des données collectées par l’entreprise privée
fabricante.
Plutôt que de faire la morale, le Gouvernement
devrait chercher à faire la transparence : confier la création et la gestion de
cet outil à un organisme public au-dessus de tout soupçon (l’INSEE ou une autre
structure disposant d’un peu d’indépendance pourrait s’en occuper), et créer un
organisme de contrôle de l’utilisation avec des représentants de toutes les
tendances politiques, d’associations, et même de citoyens tirés au sort.
Bref, tout faire pour que ce dispositif ne
soit plus un objet de controverse mais redevienne un outil technique neutre au
service de l’intérêt général. Au passage, l’indépendance des fonctionnaires
grâce à leur statut, ça sert à ça...
- si on veut limiter le confinement dans le
temps, faire baisser rapidement le taux de contamination et surtout éviter une remontée
lors du déconfinement, il faut tester, tester, tester !!! Mais pas selon le
système actuel (on ne test que les cas symptomatiques donc c’est déjà trop
tard, et on attend les résultats trop longtemps donc ça ne sert à rien). Il
faut passer au test systématique afin de débusquer tous les cas non
symptomatiques, les confiner rapidement et ainsi briser la chaîne de
contamination.
Donc déjà il
faut des tests rapides et simples d’utilisation (les test anti géniques donnent
un résultat en 30 minutes et ne nécessite pas de geste médical). La chine en
dispose depuis mars après avoir organisé la coopération de 22 de ses
universités afin de les développer... en France ils débarquent à peine parce
qu’on laisse les entreprises privées et le marché les développer... Grâce à eux
il est possible de créer de véritable Check point partout, par exemple à
l’entrée des EHPAD (ce qui permettrait d’autoriser les visites), évidemment à
tous les points d’entrée du pays, et dans n’importe quelles structures repérées
comme génératrice de foyers d’infection.
L’armée pourrait être mobilisée pour créer des
points de test dans les quartiers, dans les gares, dans les centres
commerciaux. Les employeurs pourraient également être mis à contribution : ils
ne veulent pas du confinement, et bien qu’ils organisent les tests
systématiques à la prise de service. En France 287 grandes entreprises
emploient 4 millions de salariés, ce serait déjà ça de moins à organiser pour
les pouvoirs publics. Si on élargit aux entreprises de taille intermédiaire
c’est 7,5 millions de salariés de plus. Enfin l’école et l’université
pourraient aussi être des lieux de tests massifs.
Et une foi la détection largement déployée, il
faudrait confiner immédiatement les cas positifs, en prévoyant des dispositions
pour les exonérer du travail et les indemniser (afin qu’ils ne soient pas
récalcitrants à se faire tester), et aussi pour les isoler de leur famille
s’ils le souhaitent (dans le cas contraire, c’est toute la famille qui serait
confinée).
Si ce genre de dispositif était déployé
réellement, le confinement systématique ne serait plus nécessaire. Et on
disposerait aussi de statistiques fiables sur l’évolution de l’épidémie.
- pour terminer il faut se préoccuper
sérieusement de la dernière ligne de défense, l’hôpital public, qui est dans un
état grave. Macron fanfaronne en expliquant qu’on ne peut rien faire puisqu’il
faut 5 à 10 ans pour former le personnel. Il faudrait déjà néanmoins afficher
l’arrêt des fermetures de lits et une programmation pluriannuelle de formation
et d’embauche de personnel médical. Ça ne résoudrait pas nos problèmes
d’aujourd’hui mais ça éviterait d’en créer dans 10 ans, comme l’ont fait
Sarkozy et Hollande. 10 ans c’est demain. Ensuite il faut re motiver
sérieusement les effectifs existants, stopper l’hémorragie.
Au-delà du plan d’embauche il faut de la
reconnaissance : les personnels revendiquent 300€ d’augmentation mensuelle, accordons-leur
immédiatement, sans mégoter ! La CGT a chiffré la mesure à 8,7 milliards.
Certains en seront horrifiés mais c’est 1/10e du CICE qui n’a créé aucun
emploi, c’est la moitié du plan d’aide au secteur aérien qui licencie à tour de
bras, etc... et c’est une vraie mesure de relance parce qu’en plus, ça dope la
consommation et donc la reprise économique...
Cote réaction immédiate pour faire face à la
vague, il faut une mobilisation générale pour soulager la médecine de ville et
les urgences, pour faire les tests partout, etc... cette mobilisation pourrait
par exemple s’incarner dans la réquisition des spécialités non essentielles
(chirurgie plastique et plein d’autres).
Ces gens ont fait médecine. Ils ne peuvent peut-être
pas traiter un patient en réa, mais ils peuvent sûrement aider aux étapes
antérieures de la maladie.
Il faut réquisitionner les personnels et
infrastructures privées, et pourquoi pas solliciter l’aide des pays qui ont
déjà vaincu la maladie.
Les personnels de santé eux-mêmes ont
probablement des idées sur la manière de leur apporter des moyens. Là aussi il
ne faut pas ergoter !
Nos lits de réa, qui devaient passer à 15000
avec des respirateurs made in France qui ne sont finalement jamais arrivés,
doivent effectivement être augmentés. 50 lits en moyenne par départements c’est
un scandale.
Lancer une
entreprise publique de fabrication de ce genre de matériel ne serait pas du
luxe. Et en profiter pour rouvrir quelques hôpitaux fermés récemment pourrait
aussi être utile, notamment pour ne pas reporter trop d’opérations et de
traitement des autres maladies graves.
Si les chinois arrivent à construire un
hôpital de campagne en 15 jours, nous devrions pouvoir rafraîchir et re équiper
un bâtiment assez rapidement (hôtel-Dieu à Paris et à Lyon, val de grâce...).
Peu importe qu’ils aient été cédés pour des opérations immobilières. Si on peut
mettre entre parenthèse le code du travail, pourquoi ne le pourrait-on pas avec
le code du commerce ? On reprend ce qui n’aurait jamais dû être vendu, dans
l’intérêt supérieur de la Nation !
- Alors bien sûr tout cela coûte beaucoup
d’argent. Donc dans les mesures d’urgence, il faut aussi trouver de quoi
assumer. A situation exceptionnelle (nous sommes en guerre ou pas ?), mesure
exceptionnelle : les sociétés du CAC40 prévoient 30 milliards de dividendes à
leurs actionnaires cette années, taxons cela à hauteur de 50, 70, ou 100%, en
fonction de ce qui est nécessaire.
Si l’on élargit
à toutes les sociétés cotées de France, on peut imaginer qu’au moins 80 a 100
milliards sont mobilisables. Et si l’on rajoute les grandes fortunes, les très
hauts revenus, la rémunération des propriétaires d’entreprises non cotées, on
voit qu’il n’y a pas trop de problème.
Si Chypre a pu prélever 60% de l’épargne de
ses citoyens au-delà de 100.000 € pour faire face à une petite crise
financière, nous pouvons faire pareil sur les grosses fortunes pour affronter
la pire pandémie de notre siècle.
Et si nous
voulions être encore plus efficaces, on ne se contenterait pas de taxer, on
reverserait la somme sous forme de salaire exceptionnel aux salariés, l’Etat en
récupèrerait au moins 20% sous forme de fiscalité, les collectivités locales en
profiteraient aussi, et la sécu - grâce aux cotisations sociales - en
récupèrerait 30%, et ça doperait un peu la consommation pour relancer les
spectacles, les librairies, les restau, etc...
Le dernier point c’est la mise en œuvre.
2 étapes : dès maintenant, trouver des formes
de lutte sociales pour exiger des mesures concrètes de son entreprise, d’une
autorité de santé, d’un préfet... la CGT peut y contribuer alors syndiquez-vous,
organisez-vous, battons-nous !
Et en 2022 on vire ces incompétents et on se
mobilise massivement pour porter au pouvoir des gens qui mettront réellement
des solutions en place !
Voilà, j’écris tout parce que ça fait du bien
de formaliser ses idées pour les soumettre au débat. Je n’en peux plus des
commentaires permanents sur les chaînes d’info et de la répétition stupide des
éléments de langage du gouvernement dans la plupart des médias.
Oui on peut
faire autrement que l’enchaînement d’imbécilités qu’ils nous imposent !!
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