Chaque mois, Sandrine gagne 1317 euros net par mois, soit à peine plus que le Smic. Mère de famille dont le mari ne travaille plus, son quotidien est rythmé par son métier de femme de ménage : le matin, elle met son réveil aux aurores pour se rendre à son travail et accomplir ses tâches sur les différents lieux qui lui sont dédiés. En moyenne, Sandrine doit s'affairer sur cinq sites différents. "Nettoyage de bureaux, vidage de poubelles, nettoyage de poubelles et sanitaires, parties communes, escaliers, aspiration", résume Sandrine. Aujourd'hui, son salaire l'oblige à faire en permanence des choix pour tenir financièrement. "Je n'ai pas la chance de pouvoir passer mon permis car je préfère donner un bifteck à mes enfants. Quand je finis très tard, heureusement que j'ai monsieur, qui a le permis et la voiture." "Beaucoup de choses sont interdites parce que notre budget nous l'interdit." Pour alléger ses charges et arriver à finir le mois sans trop s’endetter, Sandrine et sa famille vivent principalement avec l'aide du Secours populaire. Elle s’y rend pour faire des courses. "On mange en fonction de ce qu'on arrive à avoir pas trop cher." Mais les sacrifices ne sont pas que dans le frigo. Les activités culturelles et autres divertissements sont passés au peigne fin, afin de trouver ce qu’il y a de moins cher quand ce n’est pas gratuit : "Dès qu'on peut aller au parc, on va au parc. Un zoo, c'est impossible parce qu'il faut le payer. Un manège, c'est interdit. Beaucoup de choses sont interdites, pas parce que la loi l'interdit mais parce que notre budget nous l'interdit. On ne peut pas le faire." "Tout ce que je veux, c’est d’arriver à pouvoir me dire : écoute, demain, on sort, on va manger au restaurant, j’ai les sous pour", conclut-elle. |