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Conférence de presse de la ministre de la Santé sur l’hantavirus
Donald Trump en Chine, le parquet général requiert une condamnation pour corruption contre Sarkozy, 23 milliards pour l'Afrique, un plaider-coupable modifié.
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Conférence de presse de la ministre de la Santé sur l’hantavirus
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a d’emblée écarté toute “circulation diffuse” de l’hantavirus “sur le territoire national”. “Les cinq ressortissants français ont été rapatriés dans le cadre d’une opération sanitaire sécurisée et soumis à une surveillance médicale étroite. A ce stade, quatre d’entre eux vont bien et sont testés négatifs”, a-t-elle expliqué. À l’échelle mondiale, onze cas ont été confirmés.
Mais “une patiente testée positive à l'hantavirus présente une forme grave”, a-t-elle précisé. Cette patiente se trouve “actuellement en réanimation dans un état grave” à Paris. “Au total, 22 cas contacts ont été identifiés en France. Ils ont tous été contactés, testés, hospitalisés (ou en cours d’hospitalisation) et font l’objet d’un suivi sanitaire rigoureux”, a ajouté la ministre de la Santé.
Le résultat de leurs tests est attendu dans les prochains jours et ils seront hospitalisés pour une durée minimale de 14 jours, date correspondant à la limite connue de la “durée d’incubation du virus”.
Interrogée par la presse sur les stocks de masques disponibles en France, la ministre de la Santé a déclaré que les “stocks stratégiques de masques” étaient en train d'être reconstitués. “Nous n'avons pas d'inquiétudes sur le sujet”, a assuré Stéphanie Rist. En l'absence de traitements disponibles, le “port du masque (FFP2 de préférence) et le lavage de mains suffisent à faire barrière à la transmission”, a assuré le virologue Olivier Schwartz.
La souche des Andes de l'hantavirus créée des lésions sur les parois des vaisseaux sanguins. Ces lésions peuvent ensuite entraîner des insuffisances rénales, pulmonaires ou cardiaques. Au bout de quatre à six semaines d'incubation, de premiers signes cliniques (fatigue, dépression, maux de têtes…) assez banals apparaissent, avant que des signes cliniques plus sévères ne surviennent brutalement.
Le virologue Olivier Schwartz a rappelé en conférence de presse qu’“il n’y a actuellement pas de vaccin disponible contre l’hantavirus des Andes”. Mais il fait état de projets “en phase clinique et pré-clinique, à base d’ARN”. “On pourrait aller vite d’autant que la structure du virus est connue”, a souligné ce spécialiste.
L'épidémiologiste Antoine Flahaut a aussi appelé à prendre “les choses avec beaucoup de précaution”, notamment concernant la létalité du virus, comprise entre 30% et 50%. Il a aussi tenu à rappeler que la situation actuelle n'avait rien à voir avec la pandémie de Covid-19. Il rappelle que le Sars Cov-2, contrairement à l’hantavirus, était “totalement inconnu” lors de sa diffusion à l'échelle mondiale. Avec l'hantavirus, “on est dans une situation inédite car l'épidémie est partie d'un bateau : on peut dénombrer tous les cas contacts”.
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Donald Trump en visite en Chine
“Nous aurons une longue conversation à propos de l'Iran”, a déclaré Donald Trump devant des journalistes, avant de quitter la Maison Blanche pour se rendre à Pékin rencontrer le dirigeant chinois Xi Jinping. Non sans avoir dit tout le contraire quelques minutes plus tard : “Nous avons beaucoup de choses à discuter, et je ne dirais pas que l'Iran en fait partie.”
La Chine appelle le Pakistan à intensifier ses efforts de médiation. Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a “appelé le Pakistan”, où se sont déroulés les précédentes rencontres de négociations entre les Etats-Unis et l’Iran, “à intensifier ses efforts de médiation et à contribuer à traiter de manière appropriée les questions liées à l'ouverture du détroit d'Ormuz”.
L'Iran refuse de modifier ses propositions de paix, rejetées par les Etats-Unis. “Il n'y a pas d'autre choix que d'accepter les droits du peuple iranien, tels qu'établis dans la proposition en 14 points. Toute autre approche serait infructueuse”, a écrit sur X le négociateur en chef de la République islamique, Mohammad Bagher Ghalibaf.
Le parquet général réclame la condamnation de Nicolas Sarkozy pour corruption
Le parquet général a requis la condamnation intégrale de Nicolas Sarkozy (7 ans de prison, 300 000 € d’amende et 5 ans d’inéligibilité) pour corruption, financement illégal de campagne, recel de détournement de fonds publics libyens et association de malfaiteurs dans l’affaire du financement libyen de sa campagne de 2007.
“La corruption est le centre névralgique des liens pénaux qui unissent tous les prévenus.” Le parquet général avait promis de remettre la corruption au cœur du procès en appel de Nicolas Sarkozy dans l’affaire des soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Après avoir requis la condamnation de l’ancien président de la République pour association de malfaiteurs, l’un des trois avocats généraux a demandé à la cour de le déclarer coupable de corruption, mais aussi de financement illégal de campagne et de recel de détournement de fonds publics libyens.
Nicolas Sarkozy avait pourtant été relaxé de ces délits en première instance. L’ancien chef d’Etat avait néanmoins été condamné à cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs. Il a passé près de trois semaines incarcéré, avant d’obtenir une mise en liberté sous contrôle judiciaire.
En première instance, le tribunal a considéré que Nicolas Sarkozy n’avait pas agi dans cette affaire en tant que ministre de l’Intérieur, puis président du conseil général des Hauts-de-Seine, mais en tant que candidat à l’élection présidentielle. Selon le jugement, l’homme politique ne remplissait donc pas les critères juridiques pour être jugé coupable de corruption, car il était ni élu, ni chargé de mission de service public, ni personne dépositaire de l’autorité publique.
Or, ce n’est pas l’interprétation du parquet général : Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur à partir de juin 2005, “a agi à l’occasion de ses fonctions, conservant ainsi sa qualité de personne dépositaire de l’autorité publique”, avant de devenir président de la République en 2007. “C’est cette qualité qui lui a permis de se crédibiliser, tantôt ministre de l’Intérieur, tantôt président de la République”, a argumenté l’avocat général.
Une fois ce raisonnement établi, le parquet général a détaillé ce qui a constitué, d’après lui, les contreparties du pacte de corruption. “Le sujet, ça a été la situation judiciaire d’Abdallah Senoussi”, qui était “l’obsession de Mouammar Kadhafi”, “car la Libye devait revenir sur la scène internationale, car son numéro 2 devait circuler librement dans tous les pays”, a exposé l’avocat général. Une référence au beau-frère du dictateur libyen, condamné en France par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité en 1999, pour l’attentat du DC-10 commis dix ans plus tôt.
De fait, si Nicolas Sarkozy a été condamné en première instance, c’est, entre autres, parce qu’il a sciemment laissé ses plus proches collaborateurs – Claude Guéant et Brice Hortefeux – rencontrer Abdallah Senoussi en Libye, en 2005, en vue d’organiser un financement occulte de sa campagne présidentielle. En échange, l’ancien ministre de l’Intérieur, ainsi que Claude Guéant, son directeur de cabinet à l’époque, lui auraient promis d’examiner de près sa situation judiciaire.
La preuve de ces démarches est, selon l’avocat général, apportée par Claude Guéant lui-même, dans les attestations qu’il a fournies pour répondre à Nicolas Sarkozy au cours de cette audience en appel, à laquelle le prévenu de 81 ans ne s’est pas rendu pour raisons de santé. Dans ces missives, l’ex-secrétaire général de l’Elysée a dévoilé la façon dont le sort judiciaire d’Abdallah Senoussi a été amené sur la table par Mouammar Kadhafi, le 25 juillet 2007, lors d’un dîner officiel organisé en Libye.
Le représentant du ministère public n’a pas oublié de citer les autres contreparties possibles : économiques, avec le contrat visant à équiper la Libye en nucléaire civil, ou encore diplomatiques, avec la visite officielle de Mouammar Kadhafi à Paris en décembre 2007.
“Il a bien existé un accord entre Mouammar Kadhafi et Nicolas Sarkozy, au terme duquel Nicolas Sarkozy et Claude Guéant, en récompense des fonds versés par le régime libyen, devaient engager des démarches pour la levée du mandat d’arrêt international qui visait Abdallah Senoussi”, a résumé l’avocat général.
Le parquet général a ensuite abordé le détournement de fonds publics libyens et le financement illégal de la campagne présidentielle victorieuse de Nicolas Sarkozy. L’ex-chef de l’Etat “a fait de ses comptes de campagne le réceptacle occultant de ses actions corruptrices avec le régime libyen”, a affirmé l’avocat général, demandant ainsi sa condamnation pour ces infractions. Par effet de ricochets, il a aussi réclamé la condamnation de Claude Guéant et de Brice Hortefeux pour complicité de financement illégal d’une campagne électorale, tout comme celle d’Eric Woerth, trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy, relaxé en première instance.
Emmanuel Macron annonce 23 milliards d’euros d’investissements en Afrique
L'Afrique a “besoin d’investissements” plutôt que d’aide publique, ont plaidé le président français Emmanuel Macron et son homologue kényan William Ruto, annonçant 23 milliards d'euros d'investissements pour l'Afrique au premier jour du sommet franco-africain de Nairobi. Ce sommet, intitulé “Africa Forward”, est organisé pour la première fois dans un pays anglophone, le Kenya.
Sur les 23 milliards d’euros annoncés (14 milliards d’investissements français, publics et privés et 9 milliards d’investissements africains), les principaux secteurs concernés sont la transition énergétique (4,3 milliards), le numérique et l’IA (3,76), l’économie bleue liée aux océans (3,3), l’agriculture (1 milliard) et la santé (942 millions), a précisé l’Elysée.
“L’Afrique, elle est en train de réussir” et “elle a besoin d’investissements pour être plus souveraine”, a déclaré Emmanuel Macron. Selon lui, ces 23 milliards d’euros d’investissements vont créer “plus de 250.000 emplois directs en France et en Afrique”. Il a martelé que les destins de l’Europe et de l’Afrique étaient liés. “Si vous échouez, on n’a aucune chance. Votre jeunesse quittera vos pays et on aura plein de tensions migratoires”, a-t-il prévenu.
Un plaider-coupable sauf pour les crimes sexuels et l’ensemble des crimes passibles de la cour d’assises
Gérald Darmanin propose d’exclure “tous les crimes sexuels et l’ensemble des crimes passibles de la cour d’assises” de la procédure de plaider-coupable prévue dans sa réforme de la justice criminelle.
La procédure de plaider-coupable, censée accélérer le traitement des dossiers, ne faisait pas l’unanimité, notamment auprès des avocats. La procédure de jugement des crimes reconnus (PJCR) ne concernerait désormais “que les coups mortels et les braquages, crimes relevant aujourd’hui de la cour criminelle”, précise le garde des Sceaux.
Jusqu’à présent, le texte prévoyait une nouvelle “procédure de jugement des crimes reconnus” (PJCR), une forme de plaider-coupable, pour les infractions les plus graves, ouvrant la voie à des délais accélérés, à une audience plus courte et à des peines encourues réduites. Les modifications voulues par Gérald Darmanin interviennent “dans un esprit de conciliation”. De son côté, la Chancellerie parle d’un “choix de compromis” et dit que le ministre a conscience de “réduire considérablement le champ”.
Des modifications avaient déjà été apportées à cette réforme. Certains crimes sexuels avaient déjà été retirés du champ de la procédure, comme le viol sur mineur de 15 ans et le viol aggravé par exemple. Le texte initial avait déjà écarté les crimes contre l'humanité et le terrorisme. À l’origine, 10% à 15% de dossiers criminels étaient concernés par le texte dans sa version initiale. Avec les modifications, ça ne concernera désormais que quelques dizaines de cas par an.
Gérald Darmanin indique par ailleurs dans son courrier que “sous l'effet de l'augmentation considérable des affaires criminelles sexuelles et des affaires liées au narcotrafic, il faut désormais en moyenne six ans pour obtenir une audience pour une affaire de viol et huit ans pour un homicide, en première instance”. Une situation jugée “totalement inacceptable” par le ministre de la Justice.
La revue de presse du Monde Moderne du mercredi 13 mai
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