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mardi 18 décembre 2012

Au sortir de son entrevue chez Mme Lebranchu, la délégation des élus se constitue en comité national de liaison pour la défense des communes et de la république


Au sortir de son entrevue chez Mme Lebranchu, la délégation des élus se constitue en comité national de liaison pour la défense des communes et de la république

la délégation des élus
picto_prendre_position(Communiqué) Une délégation d’élus de toutes tendances a été reçue ce lundi 17 décembre au ministère de Mme Lebranchu par M. Stanislas Bourron, de la Direction générale des collectivités locales, et M. Antoine Desfretier, conseiller technique aux collectivités locales.
Cette délégation était composée de :
Gérard Schivardi, maire de Mailhac (Aude) ;
Bernard Jayol, conseiller municipal délégué de Riorges, conseiller général de la Loire ;
Jean Bartholin, conseiller municipal de Saint-Haon-le-Châtel, conseiller général de la Loire ;
Alain Rivron, représentant Alain Beaud, maire de Saint-Sébastien-d’Aigrefeuille, président de la Communauté de Communes Autour d’Anduze et Aurélie Genolher, maire de Massillargues-Attuech (Gard), présidente de l’AMRF du Gard ;
Patrick Gérum, maire de Chesny (Moselle), représentant la communauté de communes du Val Saint Pierre ;
Dominique Daillet, conseiller municipal de Vouvray président de l’association CCV durable (Indre-et-Loire) ;
Jean-Michel Delaye, conseiller municipal de Brumath (Bas-Rhin), comité contre le conseil unique d’Alsace ;
Jean-Michel Boulmé, adjoint au maire de Serrières-sur-Ain (Ain), vice-président de la communauté de communes des monts Berthiand, délégué au syndicat mixte des pays du Haut-Bugey ;
André Yon, adjoint au maire de Boissy-Saint-Léger (Val-de-Marne), porteur de dossiers de la communauté de communes du Pays de Corps, de la communauté de communes des Vallées du Valbonnais (Isère), de la communauté de communes du Pays Bégard (Côtes-d’Armor).
Ministère de la décentralisation
La délégation a présenté les dossiers des communes et des communautés de communes qui refusent de céder aux diktats des SDCI imposés par le préfet.
Le représentant du comité d’unité contre le conseil unique d’Alsace a demandé avec insistance que le gouvernement ne donne pas suite à la tentative de la région de convoquer un référendum local visant à fusionner les deux départements du Haut-Rhin et Bas-Rhin, la région, les communes et communautés de communes.
Les représentants de Mme Lebranchu ont répondu :
« La loi de 2010 n’est pas la nôtre, mais la loi c’est la loi, et nous l’appliquons. »
Cette réponse confirme celle qui avait été faite le 13 novembre par les représentants de M. Valls au ministère de l’Intérieur :
« Le président de la République et le gouvernement s’inscrivent dans la continuité de la rationalisation de la carte intercommunale et (…) pour ce faire, il faut aller jusqu’au bout de l’utilisation des pouvoirs exceptionnels confiés aux préfets, tout en ayant conscience des points de blocage qui pouvaient exister et en approfondissant le dialogue et la négociation. »
A l’issue des deux délégations et des réponses qui nous ont été apportées, force est de constater qu’en application de la loi du 16 décembre 2010 non abrogée, le gouvernement refuse de prendre en compte la demande des communes et des communautés de communes, que soit respecté leur libre choix en matière d’intercommunalité.
Déplorant cette situation,
- considérant que dans de nombreux départements les maires, les conseillers généraux , les élus s’opposent avec la population à l’intercommunalité forcée,
- réaffirmant que rien ne saurait les faire déroger au mandat qu’ils ont reçu de la population,
- appuyés sur la signature de 300 élus, dont des parlementaires, qui, en quelques jours, ont approuvé la proposition de loi pour que « l’Assemblée nationale décide de rétablir le libre choix des communes de s’associer ou de se dissocier librement dans le cadre de la coopération intercommunale, conformément au mandat explicite de la population »,
- la délégation décide de se constituer en comité de liaison national de défense de la libre coopération intercommunale.
Dans l’immédiat, ce comité de liaison fera circuler les informations visant à aider la résistance des élus et de la population pour la défense de la démocratie communale et de la République.
Il rassemble d’ores et déjà les signatures des élus et de la population se portant sur le projet de loi, ainsi que les initiatives (conférence de presse, délégations aux parlementaires…) visant à sa promotion.
La délégation,
Paris, le 17 décembre, 18 heures
Pour toute correspondance, s’adresser à un membre de la délégation.

Annexions forcées dans l’Aude – une déclaration de Gérard Schivardi, maire de Mailhac


Annexions forcées dans l’Aude – une déclaration de Gérard Schivardi, maire de Mailhac

Anschlups
picto_prendre_position(Communiqué de Gérard Schivardi, maire de Mailhac) La presse rapporte ce mardi que «La réforme intercommunale 2013 à peine faite, la Commission départementale de coopération intercommunale réunie hier a entériné le visage de l’intercommunalité audoise au 1er janvier 2014. À cette date, il ne restera plus que onze structures intercommunales dans l’Aude, dont les deux communautés d’agglomération de Carcassonne et Narbonne, contre vingt-neuf en 2009 » (la Dépêche du 18 décembre).
Les journalistes commentent ironiquement cette décision ainsi : «  une recentralisation de la décentralisation en quelque sorte ».  L’Indépendant quant à lui précise que ces décisions  dont le rattachement de la commune de Mailhac au grand Narbonne «  ont été prises à l’unanimité ».
Ces informations appellent plusieurs remarques :
1- André Viola président PS du Conseil Général , Patrick Maugard président PS de L’Association des Maires de l’Aude et Alain Tarlier président PS de la Communauté d’Agglomération de Carcassonne [notre photo - Note du dépt web du POI] et d’autres membres de la commission départementale de coopération intercommunale ont décidé d’approuver les décisions du préfet d’intégrer des communes contre leur gré , dont celle de Mailhac, dans les communautés d’agglo de Narbonne et de Carcassonne, et ce, malgré l’avis de leurs habitants qui pour Mailhac se sont prononcés à 98% contre l’intégration de la commune dans le Grand Narbonne.
2- Les élus siégeant dans la Commission départementale de coopération intercommunale (CDCI) confirment par leur vote la réponse qui a été faite par les représentants du ministre de l’Intérieur à la délégation à laquelle je participais le 13 novembre: « le président de la République et le gouvernement s’inscrivent dans la continuité de la rationalisation de la carte intercommunale et que pour ce faire, il faut aller jusqu’au bout de l’utilisation des pouvoirs exceptionnels confiés aux préfets. »
Autrement dit : après avoir voté contre la loi du 16 décembre 2010, et multiplié les communiqués pour son abrogation sous le gouvernement Sarkozy, André Viola, Patrick Maugard et Alain Tarlier se sont empressés de la mettre en œuvre dès qu’ils ont eu tous les pouvoirs : gouvernement, assemblée nationale, sénat, piétinant ainsi le mandat qu’ils avaient sollicité de la population…
3- La presse rapporte que le préfet de l’Aude se serait félicité de l’ accord de la CDCI et aurait déclaré :
« nous ne sommes pas au bout du chemin il nous faudra encore agir » ( l’Indépendant du 18 décembre 2012)
Gérard Schivardi
Cette déclaration intervient au lendemain de la publication par le ministère Lebranchu de l’acte 3 de la décentralisation visant à constituer des euro métropoles et des communautés métropolitaines, confisquant les compétences des communautés de communes, des départements et même des régions dépendant financièrement des fonds structurels de l’Union Européen, disloquant la République et les départements comme vient de le demander Gérard Collomb, maire PS du Grand Lyon et Michel Mercier, président EDI du Conseil général du Rhône, organisant la partition de ce département.
C’est pourquoi je vais réunir en urgence le conseil municipal de Mailhac pour qu’il prenne les dispositions qu’il jugera utiles afin de faire respecter le mandat qu’il a reçu de la population et que j’invite tout citoyen, tout élu, attaché à la démocratie à se saisir du projet de loi que le comité national de liaison pour la libre coopération communale a établi :
« L’Assemblée nationale décide de rétablir le libre choix des communes de s’associer ou de se dissocier librement dans le cadre de la coopération intercommunale, conformément au mandat explicite de la population. »
Mailhac, le 18 décembre 2012

Aveuglement:,L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES par Daniel Gluckstein,


Aveuglement

L'éditorial d'Informations Ouvrières
L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.
logoio.jpg?w=150&h=42« Mon grand regret est de n’avoir pas pu convaincre des gens en grande précarité que nous avons rencontrés durant cette campagne. Pourtant le gouvernement va dans le bon sens. »Ainsi s’exprime, ce 16 décembre, Mme Dolores Roqué, députée PS battue à l’élection partielle de Béziers (trois électeurs sur cinq s’abstenant).
Le gouvernement va dans le bon sens ? Quelques jours plus tôt, l’accord signé entre Ayrault et Mittal entérinait la fermeture du site de Florange, et menaçait les emplois dans toutes les usines du groupe. Le gouvernement va dans le bon sens ? On apprend ce lundi qu’une « réforme des retraites » (une de plus !) serait en préparation. Au même moment, Mme Lebranchu dévoile le contenu d’une réforme territoriale qui vise ouvertement à disloquer le cadre de la République, l’unité de la nation et de l’ensemble des conquêtes sociales, ouvrières et démocratiques.
En 1953, quand les ouvriers de Berlin-Est se soulevèrent contre un régime bureaucratique qui prétendait garantir le bonheur de la classe ouvrière, l’écrivain allemand Bertolt Brecht écrivit : « J’apprends que le gouvernement estime que le peuple a “trahi la confiance du régime” et “devra travailler dur pour regagner la confiance des autorités”. A ce stade, ne serait-il pas plus simple de dissoudre le peuple et d’en élire un autre ? »
Par ce détour ironique, Brecht indiquait à quel degré d’absurde peut conduire l’aveuglement sur lui-même d’un régime totalitaire. Les partisans de l’Union européenne, supranationale et antidémocratique souffriraient-ils aujourd’hui des mêmes symptômes ?
N’en déplaise à Mme Roqué, les travailleurs de l’usine Arcelor de Basse-Indre, qui, avec leurs syndicats, ont déclenché la grève, ne semblent pas convaincus que le gouvernement va dans le bon sens. Pas plus que les représentants syndicaux (CGT et Force ouvrière) qui, par la suite, ont quitté le comité central d’entreprise et refusé de participer au comité de suivi en exigeant le retrait du plan Ayrault-Mittal. Pas plus que les dizaines de milliers de travailleurs confrontés aux usines qui ferment ou que les millions de chômeurs dont les rangs ne cessent de grossir. Pas plus que les retraités et les assurés sociaux dont tous les droits sont menacés. Pas plus que les maires et les élus qui se dressent contre la réforme territoriale pour défendre l’existence libre des communes et de la République.
La situation est en train de mûrir. Le rejet de la politique du gouvernement met à l’ordre du jour l’action unie pour bloquer ses plans. C’est la voie qui imposera la rupture avec cette politique anti-ouvrière qui découle de l’alignement complet de nos gouvernants sur les exigences de l’Union européenne, du TSCG et du capital financier.
Les plus grands combats s’annoncent pour 2013. C’est à les préparer que se consacreront les adhérents du Parti ouvrier indépendant. Les assemblées de reprise de cartes de début janvier seront l’occasion, dans le cadre de la préparation du IVe Congrès du POI-congrès ouvert, d’inviter largement, au-delà des adhérents, les travailleurs, militants, jeunes ou élus qui souhaitent engager ou poursuivre avec le POI la discussion sur : comment les arrêter ? Autrement dit : comment aider au mouvement pratique de millions et de millions qui, unis avec leurs organisations, se dresseront contre la dictature de la troïka pour imposer le retrait de ses plans, ouvrant ainsi la voie au démantèlement des institutions antidémocratiques de l’Union européenne et de la Ve République ?

Flexibilité du travail : le « compromis historique » voulu par Hollande est de plus en plus compromis

Parti Ouvrier Indépendant
  http://parti-ouvrier-independant.fr



Flexibilité du travail : le « compromis historique » voulu par Hollande est de plus en plus compromis

s'informerDemain et après-demain, le patronat et les confédérations ont prévu de poursuivre lesnégociations pour réformer le marché du travail. Le gouvernement pousse le MEDEF et les syndicats à se mettre d’accord pour introduire la flexibilité dans le Code du travail.
Le ministre du travail, Michel Sapin, a estimé dimanche dernier qu’un accord national était possible. Il a appelé les négociateurs à « ne pas faire petit » et à conclure avant la fin de l’année. Il les invite à trouver « l’équilibre entre plus de sécurité pour les salariés et plus de possibilité d’adaptation pour l’entreprise quand il y a une difficulté ». Le gouvernement qui légifèrera de toutes façons, en appelle au « compromis historique » voulu par le président de la République pour modifier le Code du travail.
Face au MEDEF, qui veut la possibilité de transformer des CDI en contrats de mission, faciliter la mobilité et simplifier les procédures de licenciement, les réactions syndicales laissent peu de chances à ce qu’un tel accord soit signé par les cinq confédérations ouvrières.
Bernard Thibault a exclu que la CGT signe « un texte qui amplifie la précarité ». Pour la CGT-FO, Stéphane Lardy a ironisé à propos des dernières propositions du MEDEF : « la flexibilité, c’est maintenant, la sécurisation plus tard, peut-être ».
Du côté de la CFDT, son nouveau secrétaire général, Laurent Berger a déclaré au journal Le Monde que « si le patronat ne fait pas des pas importants avec des garanties effectives pour les salariés, il portera la responsabilité de l’échec ».

Le Conseil d’Orientation des Retraites publie des chiffres alarmants et suggère de nouvelles mesures d’économie


Le Conseil d’Orientation des Retraites publie des chiffres alarmants et suggère de nouvelles mesures d’économie

s'informerLe Conseil d’Orientation des Retraites (COR) a publié hier des projections statistiques. Il chiffre à 18 milliards en 2017 le déficit tous régimes confondus, alors que la réforme Sarkozy-Fillon prévoyait l’équilibre. Il prévoit différents scénarios selon que le taux de chômage est à 7% ou à 5%. Il définit les conditions du retour à l’équilibre par un allongeant de six mois de la durée du travail ou le report d’un an de l’âge de départ en retraite, ou encore de baisser de 5% le montant des pensions de retraite.
Le texte diffusé hier n’a pas encore été débattu par les membres du COR et ne constitue donc pas un rapport définitif.
Cependant, Laurence Parisot, présidente du MEDEF a réagi en réclamant le passage de l’âge de départ à 63 ans, puisque « les autres pays d’Europe sont en train de passer à 69 ans ». Jean-Marc Ayrault, le Premier ministre, aannoncé qu’une nouvelle réforme serait engagée sur la base du rapport du COR, et le journal Les Échos a publié une information selon laquelle le gouvernement planche sur un projet car il est impossible de tenir les objectifs du TSCG sans baisser les retraites. Une concertation avec les syndicats devrait être engagée au printemps.
Le COR est un comité tripartite créé en 2000 par le Premier ministre Lionel Jospin. Il comprend les organisations patronales, les syndicats ouvriers et des experts nommés par les divers gouvernements. Il a été chargé d’élaborer un « diagnostic partagé » que le gouvernement utilisent pour justifier les mesures sur les retraites.

Malgré la réforme Sarkozy, le système des retraites sera déficitaire en 2020


Un article du Monde en date du 19/12/2012


Malgré la réforme Sarkozy, le système des retraites sera déficitaire en 2020

Pour le Conseil d’orientation des retraites, le déficit devrait dépasser 20 milliards d’euros



Le relèvement à 62 ans de l’âge  minimum légal pour partir à la retraite devait permettre d’équilibrer le système à l’horizon 2018, avait promis le précédent gouvernement.Le Conseil d’orientation des retraites (COR) est venu doucher  cet espoir, lundi 17 décembre, dans un document encore préparatoire transmis aux partenaires sociaux. Selon  l’organisme, le déficit devrait de fait s’élever à 18,8 milliards d’euros en 2017, puis au-delà des 20 milliards en 2020, bien loin de l’équilibre.
Il est vrai que la situation aurait été bien pire sans la réforme des retraites de 2010. Menée par Nicolas Sarkozy, elle avait fait descendre des centaines de milliers de salariés dans la rue. Mais, notamment en raison de la crise, force est  de constater qu’elle est déjà caduque.
A charge désormais pour François Hollande et son gouvernement de montrer comment ils comptent s’y prendre pour sauver les retraites des Français, dans un contexte budgétaire contraint. Il sera donc difficile de ne pas demander des sacrifices aux Français. Le COR donne des pistes qui permettraient un retour à l’équilibre.
Si rien n’est fait pour changer les règles, il faudrait par exemple augmenter le taux de prélèvement de 2,2 points d’ici à 2020, en plus des 0,5 point de cotisation déjà prévus pour financer le retour partiel de la retraite à 60 ans décidé cet été. Cela ferait monter le taux de prélèvement à 32%, le tout pour financer des retraites dont le poids passerait de 13,8% à 14,3% du produit intérieur brut (PIB). Une dépense qui semble considérable.
Mais les autres options ne sont pas beaucoup plus réjouissantes. Le gouvernement pourrait ainsi décider de réduire les pensions: il faudrait que le rapport de la pension moyenne sur le revenu d’activité moyen descende de 5%, avance le COR. Pour cela, il pourrait décider de bloquer la revalorisation des pensions. Un choix extrêmement
sensible étant donné le poids électoral des retraités. Le COR rappelle toute fois que le niveau de vie des retraités risque de progresser plus vite que celui des actifs dans les dix prochaines années.«Entre2011 et 2020, la progression de la pension moyenne serait de 0,8%par an, alors que celle des revenus d’activité serait ralentie du fait de la crise (+0,7% par an)»,estime ainsi le COR,et ce sans compter les revenus du patrimoine, souvent supérieurs pour les retraités.
Autre option, le gouvernement pourrait aussi décider de reculer de six mois supplémentaires l’âge effectif de départ à la retraite, tout en  sachant que celui-ci, selon le COR, devrait déjà augmenter d’un An d’ici à 2020 à législation constante. Pour les salariés du privé, l’âge de départ moyen devrait grimper à 63,5 ans en 2020, contre 62 ans en 2011, pour atteindre l’équilibre.
Pour la fonction publique d’Etat, il faudrait passer de près de 57 ans en 2010 à 59,2 ans en 2025.
Le COR se garde bien de trancher entre un relèvement de l’âge minimum légal ou de la durée de cotisation, mais la gauche a toujours exprimé sa préférence pour la seconde option. Le gouvernement pourra naturellement aussi décider de mixer les trois leviers.
La dégradation des comptes est notamment due au papy-boom,en raison des départs à la retraite des générations de l’après-guerre. Une fois le cap difficile des années 2020 assé, le COR estime que la situation financière peut ensuite s’améliorer à l’horizon 2060, mais dans
des conditions très particulières.
Le scénario le plus optimiste, qui prévoit un retour à l’équilibre dès le  début des années 2040, nécessite par exemple un taux de chômage de long terme de 4,5% associé à une croissance de la productivité du travail de 2% par an.Un scénario qui semble inatteignable dans les conditions actuelles.
Le scénario le plus sombre prévoit lui un déficit de 105 milliards en
2060. Et encore avec des conditions qui feraient rosir d’envie un
socialiste au pouvoir: le taux de chômage de long terme devrait
être contenu à 7% et la productivité moyenne augmenter de1%.
«Ces projections montrent qu’il y a un cap difficile à passer dans les dix prochaines années. Toute la question est de savoir si on peut trouver des ressources exceptionnelles pour une situation exceptionnelle », estime déjà Jean-Christophe Le Duigou, représentant de la CGT au  COR, pour parer toute décision trop sévère et durable sur les prestations. Laurence Parisot, la présidente du Medef, a ainsi demandé mardi matin «de passer au plus vite à la retraite à 63 ans avec quarante-trois années de cotisations».
Dans tous les cas, les décisions s’annoncent extrêmement difficiles à prendre pour une gauche qui a largement défilé contre la réforme de 2010 de Nicolas Sarkozy. Le gouvernement a promis d’entamer une concertation sur le sujet au printemps avec les partenaires sociaux avant de prendre une décision. Sur un sujet aussi sensible pour l’opinion publique, il lui faudra du doigté pour ne pas fâcher les syndicats.

Jean-Baptiste Chastand
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L’écart entre la fonction publique et le privé se réduit

Selon le Conseil d’orientation des retraites (COR), les  différences d’âge de départ entre la fonction publique et le privé vont se maintenir dans les rochaines décennies, même si les réformes de 2003 et 2010 vont largement réduire l’écart. Le COR estime que l’âge moyen de départ effectif des salariés du privé devrait
passer de 62 ans en 2011,à 63 ans en 2020, puis 64 ans après 2035.  Fait  notable, l’écart entre hommes et femmes, lesquelles partent plus tard en retraite, devrait se réduire. 

Pour la fonction publique d’Etat, l’âge moyen devrait passer de 57,1 ans en 2010 à 58,7 ans en 2025, cet âge restant plus bas en raison des départs anticipés des militaires et des catégories dites actives.

Pour la fonction publique hospitalière et territoriale, l’âge de départ passerait de 58,4 ans en 2010 à 62,4 ans en 2025.
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