Vendredi 29 mai – #111 : Matchs nuls
BONJOUR CHERS XOOMERS ! Avez-vous remarqué que nous vivons dans un siècle de matchs nuls ? C’est-à-dire une époque où les conflits s’enlisent, où les élections mènent au chaos, où les mouvements sociaux paralysent sans renverser, où les idéologies se superposent ? Cette idée, c’est l'éditorialiste du Financial Times Janan Ganesh qui la développe dans un article intitulé Le siècle de l’impasse. Et son concept tient la route. L’Ukraine ? La guerre devait être réglée en quelques semaines ; or elle approche la durée de la Première Guerre mondiale, sans issue certaine. L’Iran ? Même topo. Les législatives britanniques ou la dissolution française ? Des victoires muent en défaite. « L’impasse est devenue le schéma de notre siècle », constate Ganesh.
Internet. Et le columnist de poursuivre. « Dans notre monde, un avantage initial ne dure pas longtemps ». Il insiste : « Dans tous les domaines, il est devenu difficile d'être bien meilleur qu’un rival pendant longtemps ». D’accord, mais pourquoi ? L’explication tient selon lui en un mot : Internet. Avec la révolution numérique, « la diffusion du savoir et du pouvoir a été plus équitable et plus destructrice ». Fin de la démonstration.
Sabotage. Si je puis apporter mon grain de sel, je dirais : ce que les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle diffusent, ce n’est pas tant le savoir que la capacité de nuire et de bloquer. Un drone à 500 euros neutralise un char à plusieurs millions. La parole politique se démonétise à grande vitesse. L’information circule plus vite que la décision. La coordination horizontale rend tout pouvoir contestable en temps réel. Sur le champ de guerre comme sur le terrain démocratique, dans la vie privée et dans le monde de l’entreprise, le sabotage devient moins onéreux que la construction...
Empowerment. Vous vous souvenez de l’empowerment, en gros l’augmentation des possibilités des individus de contrôler leur propre vie ? Eh bien tout se passe comme si la diffusion du pouvoir n’avait pas produit l'émancipation qu’on lui prêtait. L’empowerment a cédé la place à l’empêchement. Chacun a désormais assez de pouvoir pour empêcher l’autre de gagner (et personne n’en a assez pour gagner lui-même). C’est une autre dérive démocratique que Tocqueville n’avait pas prédite : l'égalisation des capacités de nuisance, mère de notre incapacité collective à conclure.
GenXO. GenXO, c’est un X comme eXpérience et un O comme Opportunité, pour les actifs suractifs de plus de 55 ans qui résistent à la dictature de l’impasse. Puisque l’on appelle désormais les membres de la Génération Z les zoomers, je propose de baptiser notre communauté les xoomers.
XOOMERS, SI VOUS TROUVEZ CETTE EDITION UTILE, TRANSMETTEZ-LA A QUELQU’UN QUE VOUS ESTIMEZ !
Rémi Godeau, directeur de la rédaction de l’Opinion
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