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|  | | Par Lauren Provost Directrice adjointe de la rédaction de Libération
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Chères lectrices, chers lecteurs,
Sur votre téléphone, le 17 octobre ressemble peut-être à une scène d’émeute : des pillards, des vitrines éventrées, des voitures carbonisées. Ou bien à un grand élan de solidarité : des retraités aux côtés des lycéens, des inconnus qui se passent du sérum phy sous les lacrymos, des chaînes de soutien aux commerçants dépouillés, des policiers filmés en train de passer à tabac des manifestants pacifistes. Rarement les deux.
Tout cela s’est pourtant produit, souvent dans la même ville, à quelques rues d’écart, à la même heure. Ces mondes parallèles qui ne s’entrecroisent pas, on les voit se former sur Instagram, TikTok ou Facebook depuis le début de la mobilisation lycéenne. Les événements du 17 octobre en sont un révélateur XXL.
Pourquoi ? Car les réseaux sociaux n’ont aucun intérêt à vous informer. Tous les médias y sont présents, Libé compris. Mais un article n’y circule que s’il retient l’attention et un sujet de fond sur les revendications des lycéens pèse peu face aux images de vitrines brisées. Leur modèle repose sur votre temps d’écran. Leur algorithme vous ressert ce qui a déjà «marché» sur vous, ce qui vous a fait réagir, et surtout ce qui vous a mis en colère. Le reste (au hasard, la nuance et le doute), se partage moins. Alors, de l’autre côté de l’écran, chacun se retrouve avec son 17 octobre à lui. Conforté par des centaines de vidéos qui racontent toutes la même histoire, et convaincu que l’autre bord ment.
Déjà complexe à appréhender et à analyser, la séquence actuelle devient illisible pour celles et ceux qui pensent s’informer sur les réseaux sociaux. Que réclament les lycéens ? Qui manifeste, et pour quoi ? Qui pille et casse, et dans quelles proportions ? Que s’est-il passé du côté des forces de l’ordre ? Les réponses en morceaux que vous servent les algorithmes ne participent pas à une meilleure compréhension de ce qui s’est passé samedi dernier.
Le travail d’une rédaction consiste justement à recoller ces morceaux. Comment ? En suivant depuis les premiers blocus les revendications des lycéens, à Créteil, Saint-Denis et Saint-Ouen puis partout ailleurs. En leur donnant directement la parole, au quotidien comme dans un numéro dédié. En envoyant des journalistes, des photographes et des vidéastes dans les manifestations, pour raconter les cortèges paisibles comme les pillages et le chaos. En vérifiant les images et leur provenance avant de les diffuser.
Ce samedi 17 octobre, 15 journalistes de Libération étaient mobilisés, de Bordeaux à Lyon en passant par Marseille et Paris. Ils sont à nouveau sur le terrain cette semaine dans d’autres villes partout en France. Vous pouvez décider de les lire. Ou de lire d’autres journaux. Mais gardez en tête que votre fil ne vous montre qu’une partie de l’histoire en cours.
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Je n’oublierai jamais la première fois que l’IA m'a bernée. C’était la vidéo TikTok d’un ours sur un trampoline. Bêtement, j'avais souri. Puis, les commentaires m'avaient fait monter le rouge aux joues. La séquence était fausse, évidemment. Jusqu'alors convaincue que la crédulité en ligne était réservée à un public âgé ou vulnérable, j'avais ressenti un vertige. Jeunes et vieux, ouvriers et patrons, techniciens et littéraires… Les deepfakes, ces faux clichés ultraréalistes, avaient démocratisé la naïveté. Nous avions, désormais, tous un potentiel de dindons de la farce.
Osera-t-on dire que l’actuelle vague de manifestations en est la première démonstration à grande échelle en France ? Au cybercapharnaüm ambiant, l’IA ajoute en tout cas une dose de chaos. Une flopée de visuels truqués déferle sur les réseaux sociaux, discrédite les manifestants, excite l’extrême droite… Ici, des lycéens brandissent des pancartes truffées de fautes. Là, un couple d’octogénaires se fait dépouiller par des émeutiers. Oh ! Une vue aérienne de Paris en feu. On songe à l’élection présidentielle dans six mois. A ce que cette zizanie numérique donnera dans les urnes. Et on déglutit. |
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|  | | Elise Viniacourt Journaliste IA et tech
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| | La nouvelle, non confirmée à ce stade, du dépouillement d’un couple âgé à Paris lors de la journée «contre la vie chère» a ému les réseaux sociaux. Sauf que le cliché qui circule a été généré ou modifié par IA. ► Lire l'article de CheckNews | |
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| | La circulation massive de ces photos dans les mobilisations parisiennes n’est ni de l’information ni de la création, mais de la «bouillie» virale produite par l’IA qui se substitue aux images du réel et invisibilise sa violence intrinsèque. ► Lire la tribune de Christophe Payet | |
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Parce qu'on sloppe pas le travail... | |
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Orgie d'ogre. C’est ce qui s’appelle avoir la dalle. Après son réseau satellitaire Starlink et son labo d’intelligence artificielle xAI, Elon Musk ambitionne de fusionner sa boîte SpaceX avec une autre de ses pièces maîtresses : Tesla. Gonflé à bloc par les 4,4 milliards de dollars de bénéfice net affichés pour la première fois par son groupe aérospatial au troisième trimestre, le multimilliardaire a estimé mardi qu’un tel mariage serait «une bonne idée». L’intérêt d’unir ces deux cousins ? Mutualiser les efforts dans la conception des modèles, des puces, des robots… Accorder, aussi, davantage de libertés à leur PDG qui n’aurait donc plus à rendre des comptes à des conseils d’administration distincts. Des «discussions» seraient déjà en cours entre des «comités spéciaux» des deux sociétés. Des négociations auxquelles le grand patron vorace – forcément en conflit d’intérêts – ne participerait pas. Gare, tout de même, à l’indigestion.
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Votez Meta. Au Brésil, la multinationale derrière Facebook, Instagram et WhatsApp est en train de semer une sacrée pagaille dans les élections présidentielles. A six jours d’un second tour serré, les deux candidats finalistes cherchent à se disqualifier mutuellement, chacun accusant la boîte de Mark Zuckerberg d’avoir biaisé la campagne en faveur de l’autre. A gauche, le président sortant Luiz Inacio Lula da Silva parle d'«ingérence». A (l’extrême) droite, Flavio Bolsonaro utilise les mots «d’abus de pouvoir» en pointant du doigt une vague massive de publications de son rival sur WhatsApp. Meta, à qui la justice avait accordé lundi un délai de 24 heures pour montrer patte blanche, nie ces accusations. Tout en reconnaissant quelques boulettes, comme la désactivation d'annonces pro-Lula… Pas le premier imbroglio électoral pour le géant californien. Certainement pas le dernier pour la firme qui a, comme qui dirait, du mal à apprendre de ses erreurs.
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«Extrêmement décevant». Critique ciné signée Clément Delangue, le patron français (et Chti !) de la plateforme Hugging Face. L’objet de son courroux : le documentaire Netflix L’IA s’emballe. 27 minutes qui retracent l’attaque informatique ayant visé son entreprise cet été, menée par des milliers d’agents IA d’OpenAI. Dans l’univers de la tech, l’événement avait suscité une tornade médiatique foudroyante, et un insupportable apocalyptisme ambiant. Plus sévère encore que nos journalistes cinéphiles les plus exigeants, l’entrepreneur de 38 ans dézingue : «Ils ont opté pour un anthropomorphisme maximal de la technologie et un ton résolument catastrophiste, se désole-t-il sur X mardi. J'ai passé plus de deux heures avec eux à essayer de corriger toutes leurs erreurs et de les ancrer dans la réalité, en expliquant que les agents sont des systèmes technologiques, et non des extraterrestres. Mais il semble que la volonté de faire peur pour maximiser les vues ait été trop forte». Verdict final ? «C'est quand même un film de science-fiction sympa !» Comme on dirait par chez nous, au pays du maroilles et des baraques à frites : cha raconte qu’des carabistouilles.
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| A Chicago, Coco ne s’est pas fait que des cocopains. Avec son cocompère de Serve Robotics, ce robot-livreur de repas est dans la sauce. Deux de leurs clients les accusent d’avoir cocollecté leurs données biométriques sans leur coconsentement, en filmant leurs visages et leurs mains. Pas cocool. Début octobre, les deux hommes ont déposé des recours cocollectifs, rapporte APNews mardi. De leur cocôté, les deux sociétés visées cocontestent ces allégations. «Cette action en justice témoigne d’une in[co]compréhension fondamentale de notre technologie; nous n’avons pas [co]collecté de données biométriques à Chicago», a fait valoir un porte-parole de Coco dans un cocommuniqué. En jeu : entre 1 000 et 5 000 dollars de dommages et intérêts. Pas si cocolossal. |
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| Vous êtes à la recherche d'un emploi et votre route a croisé l'IA ? Un CV passé à la loupe d'un algorithme, un entretien en visio avec un avatar, une offre rédigée par ChatGPT... ? Ou, à l'inverse, vous travaillez dans les ressources humaines et avez vu vos pratiques évoluer ? Votre expérience nous intéresse ! Pour témoigner, anonymement ou non, contactez Libé.IA en cliquant sur le lien ci-dessous. A la clé, pas de CDI, certes. Mais une réponse certifiée 100% humaine (et sans «🚀»). ► Ecrivez directement à nos journalistes |
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D’un côté, des militants du Colorado qui frappent aux portes et parlent du quotidien. De l’autre, un président en tournée narcissique, qui croit encore que la ferveur de ses fidèles suffira à conjurer les sondages et son impopularité. A deux semaines des élections de mi-mandat, notre correspondant aux Etats-Unis a observé ces jours-ci, sur le terrain, le fossé qui se creuse sous les yeux des électeurs américains.
Dans le camp démocrate, une nouvelle gauche, jeune et militante, s'affirme. Santé, logement, crèches, pouvoir d’achat : elle parle des préoccupations concrètes, des crises économique, climatique et de justice sociale qui secouent le pays. Son atout ? Une armée de bénévoles et la conviction qu’une politique se construit au contact des citoyens. Face aux notables d’un parti essoufflé, elle entend bousculer les lignes et changer les règles du jeu – avec, déjà, la présidentielle de 2028 en ligne de mire.
Chez les républicains, faute de répondre à la vie chère, on ressort l’épouvantail communiste. Les grandes fortunes, Elon Musk en tête, dilapident des centaines de millions de dollars pour saturer les écrans de propagande mensongère. Donald Trump, lui, sillonne le pays en bateleur vieillissant, ressassant ses refrains et célébrant sa propre grandeur. Rien n’est joué. Souvent plus doués pour se déchirer que pour gagner, les démocrates doivent encore convaincre. Le rejet de Trump ne fait pas une majorité. Le 3 novembre, les Américains devront choisir : la politique qui tente de répondre à leurs besoins ou celle qui prospère sur leurs peurs.  Frédéric Autran, journaliste au service International |
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