Le scandale des violences faites à des enfants dans le périscolaire parisien a déclenché une enquête sénatoriale étendue à toute la France. Celle-ci a révélé qu'« un enfant sur dix est victime de violences sexuelles en France, soit deux à trois par classe ». En cause, un système défaillant à toutes les étapes : recrutement, formation, contrôle des animateurs, inefficacité des signalements. C'est la plus scandaleuse des défaillances françaises : les violences, psychologiques, physiques, sexuelles, subies par de jeunes enfants. Elles avaient déjà fait l'objet d'une enquête parlementaire concernant les enfants hébergés ou placés par l'Aide sociale à l'enfance (cf. LSDJ n°2456). Cette fois, il s'agit des enfants confiés aux animateurs du temps périscolaire, c'est-à-dire du temps qu'un enfant passe en dehors de sa scolarité : garderie du matin, repas, accueil du soir, etc. (cf. LSDJ n° 2734). Ce scandale a conduit à la création d'une mission sénatoriale dotée des prérogatives d'une commission d'enquête. Au terme de six mois de travaux au cours desquels ont été auditionnées une soixantaine de personnes, dont des magistrats, ministres, élus locaux, et des collectifs de parents venus de toute la France, le rapport sénatorial, voté à l'unanimité, a été présenté à la presse le 15 octobre par son rapporteur, la sénatrice LR de Paris, Anne Evren. La sénatrice a dressé un état accablant du système périscolaire : les défaillances se retrouvent partout et à toutes les étapes, recrutement, formation, contrôle des animateurs, inefficacité des signalements. Elle a souligné l'ampleur systémique de ces violences : « Un enfant sur dix est victime de violences sexuelles en France, soit deux à trois par classe. Elles nous rappellent une vérité insupportable, celle que la France ne protège pas assez ses enfants. » La France, ou plutôt ses institutions qui seraient restées inertes sans les plaintes insistantes des familles et leur médiatisation, à Paris, à l'automne dernier, puis dans tout le pays. « La loi du silence, le pas de vague, le déni collectif sont encore trop puissants dans notre société. La parole de l'enfant est déniée, tandis que les institutions se renvoient la balle et minimisent les faits rapportés au lieu de les affronter avec courage » pointe la sénatrice. Quelques chiffres (provisoires) cités par la sénatrice indiquent l'ampleur du mal : des signalements d… Philippe Oswald |
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