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dimanche 18 octobre 2026

L'ECLAIREUR - Le ski, c’est pas complètement fini - les affaires non plus...Dimanche 18 octobre 2026

 

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Les Jeux olympiques d’hiver dans les Alpes approchent et si la neige se fait en plus en plus rare, les affaires, elles, continuent de prospérer. Un de nos lecteurs nous a fait une petite recension des petits et gros abus potentiels - nous l’avons complétée. Toutes les personnes mises en cause sont présumées innocentes - tant que pas définitivement condamnées - selon la formule consacrée. Ce qui fait quand même beaucoup de monde sur un périmètre aussi étroit, mais convoité (liste non exhaustive, n’hésitez pas à compléter, nous on fatigue).

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- Xavier Mattis, le maire de Val-d’Isère, dont la commune accueillera les épreuves techniques de ski alpin, a vu son élection invalidée par le tribunal administratif. Son entreprise, la Sarl L’Avalain, étant chargée du déneigement de Val-d’Isère, par contrat renouvelé depuis 2020, il n’avait pas le droit de se présenter – en vertu de l’article L-231 du code électoral. Il a fait appel le 23 juin, en annonçant crânement avoir “posé un genou à terre mais pas deux”.

- Jean-Luc Boch, le maire de La Plagne-Tarentaise, et président de l’association nationale des maires des stations de montagne (ANMSM), lui aussi concerné par d’importants travaux liés aux Jeux Olympiques (ascenseur valléen et piste de bobsleigh), fait l’objet d’une enquête judiciaire pour “prise illégale d’intérêts” entre les mains d’une juge lyonnaise après une plainte d’Anticor.

Son entreprise, Boch et Frères, a aussi déneigé La Plagne jusqu’en 2016, mais le maire a surtout introduit un promoteur, Pelletier, acheteur de terrains à la mairie, en 2017, pour une opération immobilière, Lodges des Alpages, dont Boch et Frères a effectué le terrassement.

- Jean-Yves Pachod, le maire de Courchevel, haut lieu de la future compétition, s’est vu reprocher par la chambre régionale des comptes la mise à disposition irrégulière d’un véhicule par l’office du tourisme. Plus récemment, des investigations ont eu lieu à la suite du déclassement du rez-de-chaussée du bâtiment de l’office du tourisme, en cœur de la station, afin de le louer à un bijoutier, représentant exclusif de la marque Rolex. Dans ce dossier, la brigade de recherche de Chambéry a perquisitionné la mairie et l’office du tourisme.

- Le parquet de Thonon-les-Bains a été saisi par l'association anti-corruption Ethicpol suite à un rapport très sévère de la Chambre régionale des comptes. La plainte vise des faits susceptibles de relever du favoritisme, de la prise illégale d'intérêts et de la corruption concernant l'attribution de la délégation du très convoité domaine skiable du Pléney (Morzine) ainsi que d'autres marchés publics de la station.

- Le tribunal de Bonneville a reconnu que la délégation de service public des remontées mécaniques de la station des Gets avait été attribuée dans un contexte de favoritisme. Cette décision de justice donne raison au candidat évincé. Après avoir interrompu l'appel d'offres initial de 2023, la municipalité a elle transformé l'exploitant historique (la Sagets) en Société Publique Locale (SPL), détenue à 97 % par la commune. Problème à moitié réglé : Tony Parker réclame désormais 18 millions d’euros d’indemnités à la commune.

- Aux Deux-Alpes, la justice enquête toujours sur des soupçons de favoritisme et de prise illégale d’intérêts après que le contrat de délégation de service public de la gestion du domaine skiable a été octroyé à Sata Group - au détriment de la Compagnie des Alpes. La Sata est une société basée à L’Alpe d’Huez, détenue majoritairement par la commune de L’Alpe d’Huez et présidée par le maire de L’Alpe d’Huez. Aux Deux-Alpes, l’affaire a largement dépassé les bornes des pistes de ski et fait boule de neige, entre menaces diverses et variées, dépôts de plaintes tout aussi divers et variés et caméras espion - affaire là aussi entre les mains de la justice.

- A L’Alpe d’Huez, Jean-Yves Noyrey sera rejugé pour des faits de favoritisme dans l’attribution d’un marché public, non pas de remontées mécaniques, mais de construction et réfection de courts de tennis et de padel - diversification dans le tourisme quatre saisons (aka les cabinets parisiens) ou le changement dans la continuité ? Le maire de L’Alpe Huez, réélu en 2026, avait été mis en cause au terme d’une enquête judiciaire par le parquet de Grenoble, qui avait requis à son encontre une peine de deux ans d’inégibilité. Le tribunal avait prononcé la relaxe, le parquet a fait appel.

- A Chamonix là aussi, le marché d’exploitation des remontées mécaniques attribué en 2013 à la Compagnie du Mont-Blanc fait l’objet d’une information judiciaire ouverte pour favoritisme et prise illégale d’intérêt. L’exploitant historique était seul en lice. La question est de savoir si le cachier des charges (un peu comme pour les Deux Alpes) n’avait pas été spécialement rédigé pour la Compagnie des Alpes avec des critères particulièrement restrictifs - exigeant notamment la reprise immédiate de l'ensemble des personnels et l'indemnisation de plus de 50 millions d'euros de biens de retour non amortis des anciennes concessions - empêchant toute candidature concurrente. Après la mise en examen du maire en 2019, l'instruction s'est élargie en janvier dernier à quatre anciens élus locaux et à la société gestionnaire elle-même.

- A Albiez-Montrond, l’ex-maire accusé de favoritisme et prise illégale d’intérêts dans la gestion de la commune adossée à la station de ski, gestion qu’il a quelque peu confondu avec ses intérêts personnels et familiaux, a été condamné à 6 mois avec sursis, 3 000 euros d’amende et 6 ans d’inégibilité - il ne comptait plus se représenter. Le parquet avait requis deux ans.

Le 18 octobre, Jean Didier était seul à la barre pour répondre de faits qui semblent largement le dépasser. Personne n’a vu la société qui exploite le domaine skiable, Savoie Tourisme Durable, pourtant mise en cause dans moults rapports de la chambre régionale des comptes. Le 17 septembre, la veille du procès, les magistrats financiers l’épinglaient, jugeant son objet social juridiquement fragile (pour ne pas dire illégal) sans parler de ses finances. Savoie Tourisme Durable est une société d’économie mixte du Département de la Savoie présidée par Hervé Gaymard.

Tout est bien qui finit bien

- Le président de la région PACA, Renaud Muselier, visé par une enquête ouverte par le parquet de Marseille pour prise illégale d’intérêts, a été blanchi. Le procureur a classé sans suite le signalement d’un fonctionnaire régional selon lequel un ancien skieur professionnel aurait été recruté en octobre 2024 par une agence de communication liée à la Région et qui aurait en réalité assuré le gardiennage et l’entretien du chalet personnel de Renaud Muselier dans les Alpes-de-Haute-Provence.

- La Clusaz a signé une convention judiciaire d'intérêt public avec le tribunal d'Annecy, acceptant de payer une amende de 130 000 euros. Une enquête de l'Office français de la biodiversité (OFB) a révélé que la station pompait et détournait illégalement l'eau de la source du Lachat depuis vingt ans pour alimenter ses canons à neige artificielle.

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Directrice de la publication : Patricia Cerinsek

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