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Tout est chaos. |
Des revendications Ă©clipsĂ©es par des affrontements rudes entre casseurs et forces de l’ordre. Des images de pillages qui tournent en boucle. Des commerçants aux abois, mĂ©dusĂ©s par la violence des Ă©vĂ©nements et l’incapacitĂ© du gouvernement Ă prĂ©venir ces exactions. Des policiers mal dĂ©ployĂ©s, mais sans consignes de retenue. Un gouvernement prĂ©fĂ©rant cibler un parti politique plutĂ´t que d’assumer ses fautes et sa surditĂ© aux demandes d’une jeunesse dĂ©semparĂ©e. Un prĂ©sident que plus grand monde n’Ă©coute. Et, en Ă©cho, des partis politiques qui assument des positions illibĂ©rales. |
Mais aussi un prix de l’essence qui ne cesse de plomber les mĂ©nages. Un pouvoir d’achat en baisse pour la deuxième annĂ©e consĂ©cutive. En valeur rĂ©elle : une perte de 1200 euros pour un couple avec deux enfants. Ou encore cette dette abyssale qui finit par inquiĂ©ter les marchĂ©s : le taux d’emprunt Ă dix ans de la France dĂ©passe dĂ©sormais la barre des 5 %, une première depuis 2002. Des marges de manĹ“uvre budgĂ©taires qui se rĂ©duisent encore, Ă mesure qu’avance l’Ă©chĂ©ance d’une Ă©lection prĂ©sidentielle Ă l’issue potentiellement dramatique. |
La perspective d’une crise financière devient rĂ©elle. Elle ne ferait que s’ajouter Ă la crise climatique, pour laquelle le pays n’a pas Ă©tĂ© prĂ©parĂ©. Les tensions gĂ©opolitiques s’aggravent, percutant l’agenda national comme le portefeuille des Français. L’extrĂŞme droite est dĂ©jĂ annoncĂ©e vainqueur de ce marasme. Pourtant, dans cette noirceur, la jeunesse se mobilise parce qu’elle y croit. C’est le seul avantage de l’obscuritĂ© : la lueur devient un repère. Et un espoir. Comme on le lit sur les pancartes : « Bismillah, c’est les tĂ©nèbres ». |
Romain Herreros, chef du service politique du HuffPost |
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