|
Exigence de mémoire |
Il y a 25 ans, la France reconnaissait l’esclavage comme un crime contre l’humanité. À la tribune de l’Assemblée nationale, Christiane Taubira livre un discours resté dans les mémoires. « Le dialogue semble amorcé », lance alors avec émotion la députée de Guyane |
Un quart de siècle plus tard, les paroles se sont-elles transformées en actes ? La Fondation pour la mémoire de l’esclavage, promesse de François Hollande, a bien été concrétisée par son successeur avec Jean-Marc Ayrault comme président. En 2023, le chef de l’État a aussi pris soin de célébrer les 175 ans de l’abolition de l’esclavage avec un hommage au héros haïtien Toussaint Louverture. Tout n’est pas pardonné pour autant. Il y a d’abord eu ce projet de Mémorial national des victimes de l’esclavage, initiative d’Emmanuel Macron qui a bien failli passer à l’as avant d’être sauvé in extremis avant le début des commémorations. Ouf. Puis, en avril, la France s’est défavorablement illustrée à l’ONU en s’abstenant sur une résolution qui faisait de la traite négrière le « plus grave crime contre l’humanité » - pas question de « hiérarchiser », se défend la présidence. Soit. |
Mais à l’Assemblée nationale, une salle porte toujours le nom de Jean-Baptiste Colbert, ministre de Louis XIV et initiateur du Code noir. Ce texte de loi qui régissait la vie des esclaves - pardon, des « meubles » - figure toujours dans le droit français. En 2026. Emmanuel Macron entend profiter de la commémoration pour soutenir une proposition de loi visant à l’abolir. Une façon, à douze mois de son départ de l’Élysée, d’apporter sa pierre à l’édifice. |
Et puis ? À la tribune de l’Assemblée, Christiane Taubira présentait sa loi comme « une réparation symbolique, la première et sans doute la plus puissante de toutes », mais certainement pas la dernière. L’ancienne élue appelait déjà à l’époque à « des efforts » pour « déraciner le racisme, pour dégager les racines des affrontements ethniques, pour affronter les injustices fabriquées. » Vingt-cinq ans plus tard, pourrait-on (enfin !) passer aux actes ? |
Jade Toussay, journaliste au service politique du HuffPost |
Des questions sur la vie politique ? Des éclairages que vous aimeriez lire ? Écrivez-nous à politique@huffpost.fr pour nous partager vos envies de lecture. |
|
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire