Jean-Luc Mélenchon candidat en 2027 ? L’insoumis accélère un mois à peine après les municipales
À un an de l’élection présidentielle, le fondateur de La France insoumise est déjà quasi-officiellement en campagne. Il multiplie les déplacements et les initiatives.
Pendant qu’une partie de la gauche se chamaille sur une éventuelle candidature commune et étale ses désaccords sur le chemin pour y parvenir, Jean-Luc Mélenchon, lui, met un sérieux coup d’accélérateur. Certes le patron de La France insoumise n’est pas encore officiellement candidat, et son entourage se gargarise du vrai-faux suspense entretenu à ce sujet, mais tout laisse à penser qu’il finira par l’être dans les prochaines semaines, voire les prochains jours.
Ce dimanche 12 avril a lieu une assemblée représentative du mouvement, sorte de parlement réunissant les cadres et des militants tirés au sort. L’objectif est de tirer un premier bilan des municipales mais surtout de préparer la campagne majeure qui arrive : l’élection présidentielle. Pour la quatrième fois de suite, Jean-Luc Mélenchon devrait donc relever le gant. « Il a l’expérience et la profondeur historique nécessaire pour le job », loue Manuel Bompard, son bras droit, auprès du HuffPost.
S’il n’entend rien révéler du calendrier ni de la scénographie du début de campagne, le coordinateur de La France insoumise assure tout de même être en train de plancher sur le slogan et les différents mots d’ordre. En plus du concept de « Nouvelle France » qui s’est imposé ces dernières semaines, l’entourage de Jean-Luc Mélenchon aimerait injecter de nouveaux mots dans le débat public « autour de l’idée d’un pays relégué, où le droit international n’est plus respecté, où les services publics se dégradent ». « On invente des concepts pour rendre visibles nos idées et construire des récits », argumente Manuel Bompard. Manière aussi de se placer au centre du débat puisque ces concepts s’accompagnent parfois de vives polémiques.
Plusieurs déplacements du candidat sont prévus d’ici à juillet, selon le Parisien, qui affirme que « consigne a été passée à ceux qui travaillent sur les mises à jour du programme présidentiel d’achever leur réactualisation sous peu ». Un programme, une équipe, une stratégie : Jean-Luc Mélenchon est fin prêt à se lancer dans la course à l’Élysée. Ces derniers jours, plusieurs signes ont montré qu’il avait des fourmis dans les jambes.
Il a débattu pendant plus d’une heure et demie avec l’économiste Frédéric Lordon ; il a reçu le président du groupe communiste à l’Assemblée Stéphane Peu jeudi soir pour un échange autour du capitalisme ; il a accordé une longue interview au youtubeur Gaspard G sur son parcours politique ; il a assisté au lancement de la fondation européenne « For the People » vendredi à Bruxelles… Bref, « la campagne est commencée », reconnaît Paul Vannier auprès du HuffPost.
« Dérives coupables »
Si Jean-Luc Mélenchon entend partir si vite en campagne, c’est aussi pour prendre de court tous ceux qui tardent à se lancer. À commencer par les Écologistes et les socialistes, empêtrés dans l’organisation hypothétique d’une primaire.
Cette longueur d’avance du leader insoumis n’effraie pas Olivier Faure, qui affirme dans une interview à Libération que « Jean-Luc Mélenchon est en campagne depuis trente ans. Donc qu’il le soit officiellement ou pas, je ne vois pas la différence… ». Le patron du PS ne croit pas aux chances de victoire de son ex-partenaire, pointant notamment « ses dérives coupables ». Beaucoup, à gauche, reconnaissent que l’ancien député des Bouches-du-Rhône est un bon candidat de premier tour mais craignent qu’il soit largement défait au second, en raison de sa radicalité et de son image en demi-teinte auprès des Français.
« Il y a un tel niveau de détestation à son égard, que c’est une garantie d’élection pour le RN s’il se retrouve au deuxième tour. C’est un fait politique », a lâché la numéro 1 des Verts Marine Tondelier samedi, en marge d’une table-ronde organisée par le think tank Les Gracques. « Nous avons un socle extrêmement solide, fait de béton armé, que je situe entre 12 et 15 %. Au deuxième tour, nous aurons des ressources considérables, notamment chez les abstentionnistes », réplique Paul Vannier au HuffPost.
« Alliance majoritaire »
Quant à la main tendue de Manuel Bompard aux Écologistes et aux communistes, elle semble s’être heurtée à un mur. Les premiers étant engagés dans un processus de primaire, les autres étant sur le point de propulser leur secrétaire national Fabien Roussel sur la ligne de départ. « Cette proposition s’adressait surtout aux électeurs », défend Paul Vannier. « À l’Assemblée, les votes du PCF, des Écologistes et de LFI sont très proches. Il y a une cohérence politique à ce que nous partions ensemble », vante un député LFI auprès du HuffPost.
Il n’empêche, les propos ou prises de position récentes de certains cadres de gauche, semblant ouvrir des brèches, ont été reçus 5 sur 5 par l’état-major insoumis. Ainsi le communiste Stéphane Peu a-t-il prôné, jeudi soir, le « rassemblement » de la gauche de « rupture » au service d’une « alliance majoritaire ». Peu de temps avant, Sandrine Rousseau appelait dans une interview au Nouvel Obs ses camarades à ne pas « se mettre dans la roue » d’une « social-démocratie tellement fade », pointant au passage le caractère ni « évident » ni « naturel » de la candidature de Marine Tondelier. La campagne présidentielle ne fait que commencer.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire