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Israël annonce une nouvelle phase du conflit contre l'Iran
Sixième jour de guerre au Moyen-Orient, Trump veut être consulté sur le choix du successeur de Khamenei, la rémunération des maires, manque de pluralisme sur CNews et Europe1.
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Israël annonce une nouvelle phase du conflit contre l’Iran
Une semaine après le lancement de l’opération israélo américaine contre l’Iran, l’Etat hébreu assure que la guerre au Moyen-Orient entre dans une “nouvelle phase”. L'armée israélienne a entamé une série de frappes “à grande échelle” sur Téhéran, disant viser les infrastructures du pouvoir. Plusieurs médias iraniens ont fait état de séries d'explosions dans différents quartiers de la capitale. Israël a également mené de nouveaux bombardements sur la banlieue sud de Beyrouth et dans le sud du Liban, où il menace d'engager une opération terrestre contre le Hezbollah. Le bilan des frappes israéliennes au Liban s'est alourdi à 123 morts et 683 blessés.
Un envoi de troupes au sol dans la République islamique serait superflu, a estimé le président américain auprès de la chaîne NBC News. “C'est une perte de temps. Ils ont tout perdu. Ils ont perdu leur marine. Ils ont perdu tout ce qu'ils pouvaient perdre”, a-t-il déclaré à la chaîne américaine.
Le chef des Houthis pro-Iran au Yémen a déclaré lors d’un discours télévisé que son groupe était prêt à frapper à tout moment. “En ce qui concerne l’escalade et l’action militaire, nos doigts sont sur la gâchette, prêts à répondre à tout moment si les développements l’exigent”, a déclaré Abdul Malik al-Houthi.
L'armée israélienne affirme avoir détruit 80% des moyens antiaériens iraniens et 60% des lanceurs de missiles du pays. “Nous avons d'autres surprises en réserve”, a assuré son chef, déclarant avoir achevé “la phase d'attaque surprise” et passer “à la phase suivante de démantèlement du régime et de ses capacités militaires”.
Ce qu’il faut retenir du sixième jour de guerre au Moyen-Orient
Plusieurs heures après des appels à évacuer émis par les autorités israéliennes, des explosions ont retenti dans la banlieue sud de Beyrouth. Plusieurs panaches de fumée étaient visibles dans le ciel. Dans un message publié sur X, Tsahal a confirmé avoir “lancé une vague de raids visant l'infrastructure terroriste du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth”.
“Message urgent aux habitants : sauvez vos vies et évacuez immédiatement”, a averti sur X un porte-parole arabophone de l'armée israélienne, en proposant des itinéraires vers le nord et l'est. Des embouteillages monstres se sont formés, alors que des tirs en l'air pour alerter la population éclataient dans ce bastion du Hezbollah pro-iranien, habité par des centaines de milliers de personnes. Dans une vidéo, le ministre israélien d'extrême droite Bezalel Smotrich a déclaré que la banlieue sud de Beyrouth, allait bientôt “ressembler à Khan Younès”, territoire dévasté de la bande de Gaza.
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L’ambassadeur libanais en France estimait à “plus de 300 000” le nombre d’habitants de la banlieue sud de Beyrouth qui avaient déjà fui la capitale. En ajoutant les déplacés du sud du pays, le bilan atteint les 500 000 à 600 000 personnes qui ont dû quitter leur domicile suite aux menaces israéliennes.
“Tout doit être fait pour empêcher que ce pays proche de la France soit à nouveau entraîné dans la guerre”, a imploré Emmanuel Macron qui a annoncé l'envoi de “plusieurs tonnes de médicaments ainsi que des solutions d'abri et d'aide”. Le chef de l'Etat a ajouté que la France allait donner à l'armée libanaise des “véhicules de transport blindés” et lui apporter “un soutien opérationnel et logistique” pour l'aider à reprendre le contrôle “des positions tenues par le Hezbollah”. Il s'est également entretenu avec Joseph Aoun, le président du Liban, qui lui a demandé “d'intervenir auprès d'Israël afin d'empêcher que la banlieue sud de Beyrouth ne soit ciblée”.
De son côté, l’Iran ne demande ni “cessez-le-feu” ni “négociations” avec les Etats-Unis. “Nous sommes préparés à toute éventualité, même à un débarquement”, a assuré Abbas Araghchi, le chef de la diplomatie iranienne, sur la chaîne américaine NBC News. “Nous les attendons. Nous avons la certitude de pouvoir les affronter et que ce serait un désastre pour eux”, a-t-il ajouté, alors que des informations de presse, démenties par Washington ont fait état d’un possible soutien militaire américain à des milices kurdes pour renverser le pouvoir iranien.
Les rapatriements ont commencé, mais la guerre continue de faire rage. Un avion Air France affrété par le gouvernement pour rapatrier des Français depuis Dubaï a été contraint de faire demi-tour en raison de tirs de missiles dans la zone. Jusque-là, quatre vols de rapatriement ont pu être organisés.
Sur TF1, le ministre des Affaires étrangères a déclaré qu‘environ 5 000 Français souhaitaient quitter le Moyen-Orient, dont 80% aux Emirats arabes unis. À ce jour, Jean-Noël Barrot évalue à 750 le nombre de ressortissants qui ont déjà pu être rapatriés sur le sol français.
Parti d'Europe du Nord, le porte-avions arrivera “samedi en Méditerranée”, a annoncé la ministre des Armées, Catherine Vautrin, invitée du 20 heures de France 2.
L’aéroport de Nakhitchevan, dans une enclave en Azerbaïdjan, a été touché par une frappe de drones iraniens. Cette information a été rapportée par des médias locaux, avant d’être confirmée par le ministère des affaires étrangères du pays. La République islamique dément en être à l’origine et accuse Israël. Quatre personnes ont été blessées.
Donald Trump veut être consulté sur le choix du successeur d’Ali Khamenei
Alors que le successeur du guide suprême Ali Khamenei est encore inconnu, Donald Trump revendique son droit à être associé au choix final. “Je dois être impliqué dans cette nomination”, a déclaré le président américain. Il rappelle que c'est lui qui avait, par exemple, décidé de placer Delcy Rodriguez à la tête du Venezuela, après la capture de Nicolas Maduro par l'armée américaine.
Pour remplacer Ali Khamenei, Donald Trump souhaite “quelqu'un qui apporte l'harmonie et la paix à l'Iran”. Si le locataire de la Maison Blanche reconnaît que Mojtaba Khamenei, fils d'Ali Khamenei, est le successeur le plus probable, il juge cette option “inacceptable” car selon “le fils de Khamenei est un incapable”.
Il prévient également qu’il refusera d’accepter un nouveau dirigeant iranien qui poursuivrait la politique menée par l’ancien guide suprême depuis 1989, ce qui, selon lui, contraindrait les Etats-Unis à reprendre la guerre “dans cinq ans”.
Donald Trump avait déclaré, à propos des futurs dirigeants de l’Iran : “La plupart des personnes auxquelles nous pensions sont mortes. Et maintenant, nous avons un autre groupe de dirigeants. Ils sont peut-être décédés aussi. Bientôt, nous ne connaîtrons plus personne.” Il avait aussi estimé que le “pire scénario” serait l’accession au pouvoir d’un dirigeant “aussi mauvais” qu’Ali Khamenei.
La rémunération des maires en France
Les 35 000 maires de France ne touchent pas un salaire à proprement parler, mais bénéficient d’une indemnité de mandat. Son montant est établi en fonction d’un barème qui tient compte du nombre d’habitants dans la commune. Cela produit donc des rémunérations très variées entre les différents maires de France.
48% des maires jugent leur rémunération insuffisante en regard du travail fourni, estimé par les édiles en moyenne à 32 heures hebdomadaires. C’est notamment le cas des maires des plus petites communes qui, contrairement à leurs homologues de grosses agglomérations, ne peuvent pas s’appuyer sur des services généraux puissants.
C’est pourquoi la loi sur le statut de l’élu votée en décembre 2025 augmente les indemnités pour les maires des villes de moins de 20 000 habitants, jusqu’à 10% pour les communes de moins de 1 000 habitants. Le ministère des collectivités locales chiffre l’effort de cette revalorisation à près de 54 millions d’euros.
Ces montants représentent un barème maximal de rémunération, chaque conseil municipal étant libre de voter une rémunération inférieure. Dans les villes de 100 000 habitants et plus, le montant de l’indemnité du maire peut être majoré jusqu’à 40%, à condition que l’enveloppe globale de rémunération allouée à la commune pour l’ensemble de ses élus ne soit pas dépassée.
L’indemnité des maires dépend également du statut de la commune. Ainsi une majoration de 25% par rapport au barème est prévue pour les chefs-lieux de département. Une majoration est également possible pour les villes situées dans des zones classées touristiques, les communes sinistrées ou les communes qui bénéficient de la solidarité nationale. L’idée est alors que la rémunération compense le surcroît de travail que représente la situation particulière de ces villes.
Le principe d’une prime régalienne valable pour tous les maires (peu importe la taille de leur commune) a par ailleurs été décidé en 2025. Son montant annuel est de 500 euros avec exonération sociale.
Une activité professionnelle peut être cumulée avec l’exercice du mandat de maire, sans conséquence sur le montant de l’indemnité allouée. Quelque 20 000 édiles exercent une activité professionnelle en parallèle de leur mandat : deux tiers le font à temps plein, et un tiers à temps partiel. C’est surtout le cas dans les petites communes. Dans les très grandes villes, c’est théoriquement possible, mais il est rare d’avoir le temps d’exercer une autre activité que son mandat.
En revanche, pour les maires qui exercent un autre mandat politique (conseiller régional, conseiller départemental) ou qui siègent dans des conseils d’administration de structures publiques, le montant cumulé des indemnités pour toutes leurs fonctions est plafonné à 8 897,93 euros brut mensuels. Enfin, seuls les maires des villes de plus 20 000 habitants et les adjoints des villes de plus de 100 000 habitants sont contraints de déclarer leurs revenus auprès de la Haute Autorité de transparence de la vie publique.
Parallèlement à leurs indemnités, les maires peuvent bénéficier de frais de représentation pris en charge par la commune. Ces frais doivent être approuvés par un vote du conseil municipal et justifiés par l’activité du maire. Leur montant est laissé à l’appréciation de chaque commune. Ces frais peuvent faire l’objet d’un contrôle a posteriori par le préfet ou la chambre régionale de la Cour des comptes.
Les indemnités de fonction perçues par les élus locaux sont soumises à l'impôt sur le revenu, suivant les règles applicables aux traitements et salaires, ainsi qu'au prélèvement à la source. Les élus bénéficient toutefois d'un abattement spécifique appelé Fraction représentative des frais d'emploi. Le montant de celui-ci varie selon la taille de la commune, si elle compte plus ou de moins de 3 500 habitants.
Les maires cotisent de façon obligatoire à l’IRCANTEC, le régime de retraite complémentaire des contractuels de la fonction publique. Il s’agit d’un système à points. Les droits acquis correspondent à la durée du mandat et au montant de l’indemnité.
Les édiles peuvent également souscrire au FONPEL (le fonds de pension des élus locaux) ou à la mutuelle Carel, dans le cadre d’une retraite par capitalisation. Les cotisations sont alors abondées du même montant par la commune, dans un cadre fixé par la loi. La cotisation ne doit pas excéder 8% de l’indemnité, selon le portail des collectivités locales. Selon les chiffres fournis par le FONPEL, le fonds gérait en 2024 18 184 comptes (tous mandats locaux confondus), pour des cotisations annuelles encaissées de 19,8 millions, dont la moitié (soit 9,9 millions d’euros) était donc versée par les villes.
Après une défaite électorale, les maires battus ne touchent pas le chômage car ils ne cotisent pas au régime. En revanche, ils bénéficient d'une allocation différentielle de fin de mandat. Son montant a été augmenté par la loi de décembre 2025, et sa durée a été allongée d'un à deux ans.
Le Conseil d’État saisi pour manque de pluralisme sur CNews et Europe 1
Une soixantaine de professeurs de droit et de juristes ont saisi le Conseil d’État, la plus haute juridiction administrative française, pour dénoncer une absence de pluralisme sur CNews et Europe 1, deux médias du groupe de Vincent Bolloré. Au total, 57 enseignants-chercheurs et praticiens du droit ont déposé un référé-liberté devant le juge des référés. Ils mettent en cause “l’inaction” de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), estimant qu’elle ne remplit pas pleinement sa mission de contrôle à l’égard de ces deux antennes.
Après avoir analysé une semaine complète de programmes, les signataires affirment avoir constaté une forte homogénéité des opinions exprimées à l’antenne. Ils décrivent des contenus marqués par une orientation unique et un déficit de pluralisme. Si le recours ne mentionne pas explicitement le courant politique visé, il évoque une ligne éditoriale favorable à l’extrême droite.
Selon les requérants, ces déséquilibres, signalés à plusieurs reprises, n’ont entraîné aucune réaction effective du régulateur. Dans leur référé, ils demandent au Conseil d’État d’enjoindre à l’Arcom de mettre en demeure les deux médias concernés et à exercer pleinement ses pouvoirs d’instruction.
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