Cette gazette vous plaît ? Transférez-là à votre carnet d’adresses… Ils vous remercieront et nous aussi. | | Pour Sylvain Ferreira la guerre contre l'Iran n’est pas seulement une nouvelle séquence au Proche-Orient, c’est « le suicide assisté de Donald Trump », téléguidé d’abord depuis Tel-Aviv plus que depuis Washington. Il rappelle que jusqu’à vendredi soir, les « référents » de Trump, c’était des coups d’éclat sans « morts par milliers » ni « guerres éternelles ». Et pourtant, il se retrouve à déclencher une opération qui va à l’inverse total de sa promesse fondatrice : « à tout prix éviter les guerres, éviter les interventions extérieures ». Pour Sylvain Ferreira, ça ne colle pas avec un homme qui a bâti sa base électoral en martelant « je ne vous enverrai pas vos gamins se faire casser la figure à l’étranger ». Il faut regarder ailleurs : vers Israël, où l’opération permet à Netanyahou de tenter de régler « sa marotte depuis les années 90 », le « problème iranien », au moment même où il s’acheminait vers une défaite électorale quasiment certaine le 13 juin prochain. Derrière la rhétorique sur la bombe iranienne, Sylvain Ferreira rappelle qu'« il y a aucun danger de la part de l’Iran ». Le Pentagone lui-même a reconnu que Téhéran n’avait ni l’intention d’attaquer Israël ni les intérêts américains. Cette guerre, vue de près, ressemble plus à un cadeau politique et eschatologique aux ultras israéliens qu’à une décision rationnelle de Washington, au prix, dit-il, de « suicider politiquement Donald Trump ». Deuxième choc que Sylvain Ferreira pose sur la table, et dont on ne vous parlera jamais au 20h : les États-Unis et Israël ne sont peut-être pas en position de gagner une guerre d’attrition longue contre l’Iran. Il rappelle qu’à Veille stratégique, ils estimaient fin 2024 l’arsenal iranien à environ « 2000 missiles balistiques », probablement bien plus un an après, après la « guerre des 12 jours ». Les Américains eux-mêmes parlent d’environ « 600 » missiles déjà tirés . En face, les stocks de missiles antimissiles américains et israéliens fondent à vue d’œil : « dans 15 jours, il n’y en a plus », même en rapatriant ce qui traîne en Corée du Sud ou à Okinawa. Beaucoup de missile iranien de haute gamme sont des missiles Mirrv, des ogives russes à têtes multiples indépendante : « il y a plusieurs projectiles qui se répandent au-dessus de leur cible » et « pour en abattre un, il faut trois à quatre missiles » occidentaux, sans garantie de succès. Le tout dans un contexte où la production occidentale est étranglée par l’embargo chinois sur les minerais rares et où « l’usine » de raffinage canadienne censée contourner Pékin n’ouvrira « que en début d’année prochaine ». Résultat : une guerre qui coûte « un pognon de dingue » à Washington comme à Tel-Aviv, un pays où les réservistes sont mobilisés « quasiment de manière continue depuis le 7 octobre 2023 », et, derrière, un scénario noir : si le ciel israélien n’est plus protégé, Netanyahou pourrait invoquer ses « intérêts vitaux » et brandir l’option nucléaire, comme Golda Meir l’avait déjà fait en 1973. C’est ce basculement dans le « champ du déraisonnable » qui l’inquiète le plus. Et pendant que le feu prend là-bas, Sylvain Ferreira nous ramène aux conséquences concrètes du conflit pour nous, en France et en Europe. Selon lui, Macron « saute sur l’occasion » de la crise iranienne pour « renforcer la censure » et « toutes les mesures liberticides ». « Préparez-vous les copains », parce qu’il voit venir un scénario « Zelenski » à la française : « il est prêt avec cette histoire iranienne […] pour nous faire une Zelinski pour les élections présidentielles de l’année prochaine », en expliquant « on est en guerre, c’est très grave et on peut pas faire les élections présidentielles ». Dans le même mouvement, l’espace de parole se réduit : Alain Soral a pris « 2 ans de prison » pour un simple tweet parlant de l’Iran pendant la « guerre des 12 jours ». Avec l’inscription des Gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes par le Parlement européen, demain, dire simplement que « ce qu’ils subissent, c’est une guerre d’agression illégale, ils ont le droit de se défendre » suffira à vous faire coller l’étiquette de « soutien de l’État terroriste iranien ». Sylvain Ferreira le dit sans détour : ces « petites feuilles de papier à cigarette » serviront à faire taire ceux qui dérangent, qu’ils s’appellent Sylvain Ferreira, Jacques Baud, ou Mélenchon. On pourra les écarter en bloc pour « soutien au terrorisme ». C’est dans ce contexte qu’il vous invite, qu’il nous invite, à rester soudés, à anticiper la répression qui vient contre toute parole dissidente, et à comprendre que la bataille autour de l’Iran se joue aussi ici, dans notre capacité à continuer à parler librement de ce qui nous semble juste. |
|
|
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire