Vendredi 20 février – #98 : Objectif impossible
BONJOUR CHERS XOOMERS ! Faut-il viser la lune ? Jusqu’en 1969, que des humains foulent ce corps céleste paraissait inimaginable. Et puis, le 20 juillet, Apollo 11 alunissait... C’est l’exemple type de l’objectif réputé impossible (ORI). J’y pense après avoir revu Philippe Guillemot, le PDG de Vallourec. En décembre 2025, l’Opinion lui a remis le Grand prix des Trophées de l’impact pour l’incroyable sauvetage du groupe spécialisé dans la production de tubes sans soudure. Il avait alors raconté la success-story de ce qu’il appelait le « redressement impossible » d’une entreprise promise au démantèlement.
Energies. Je le revois cette semaine dans un cadre informel. Et lui pose la question de sa pratique de l’ORI. Il cite un autre exemple, sur la sécurité : atteindre un taux de 0,2 accident par million d’heures travaillées d’ici à 2030. Il est passé de 3 à presque 1 depuis son arrivée. « Se fixer de tels objectifs est un moyen de mobiliser les énergies, dit-il. Mais attention, pour réussir, il faut un plan, de la constance dans l’effort. » Le fait d’avoir évité la faillite donne au PDG une grande crédibilité. Désormais, toutes les fonctions du groupe sont concernées. Bravo !
Standards. Résumons. Un ORI est un objectif qui semble hors d’atteinte selon les standards habituels. Ou, si vous préférez, que l’on juge irréaliste selon l'état présent des choses (sauf à changer d'échelle, de méthode, de contexte ou de conditions). L’ORI décuple la créativité car il faut réinventer la manière de faire – c’est un moteur de progrès. Il oblige à élever son niveau de jeu, par la discipline, l’apprentissage... Il donne du sens, du plaisir, du frisson. Mais gare ! L’ORI peut aussi provoquer le découragement et ses petits amis, démotivation, procrastination et autosabotage. Ou devenir toxique tant il éloigne du sens du réel.
Sous-objectifs. Pas question de viser haut sans préparation. Les sportifs le savent mieux que quiconque. Ils gardent une vision ambitieuse sans perdre la motivation quotidienne. Entre autres, en découpant leur ORI en sous-objectifs atteignables. Sur le court terme, par des actions concrètes, contrôlables et mesurables. Sur le moyen terme, en développant de nouvelles compétences. Ne pas se fixer de limites, c’est aussi le moteur de Maurice Lévy. L’emblématique dirigeant de Publicis, dont je vous ai déjà parlé ici, a un motto emprunté à Shimon Pérès : no room for small dreams...
Résilience. En la matière, Elon Musk est le ROI de l’ORI. Sa phrase : « Beaucoup de choses sont improbables, seules quelques‑unes sont impossibles. » Le fondateur de Tesla est connu pour fixer volontairement des délais très agressifs. Il découpe aussi son ORI en petites victoires visibles (jusqu'à offrir une machine à glace à un ingénieur après un challenge réussi...). Et puis il affiche une résilience extrême face à l'échec. Cette stratégie lui a permis d’attirer les meilleurs talents et de disrupter les industries traditionnelles. Pour lui, ROI signifie return on investment... Alors xoomers, prêt(e)s à décrocher la lune ?
GénXO. GénXO, c’est un X comme eXpérience et un O comme Opportunité, pour les actifs suractifs de plus de 55 ans qui ont la tête dans les étoiles. Puisque l’on appelle désormais les membres de la Génération Z les zoomers, je propose de baptiser notre communauté les xoomers. Partagez X’O , suivez-nous sur LinkedIn !
Rémi Godeau, rédacteur en chef de l’Opinion
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