Translate

jeudi 19 février 2026

L'ECLAIREUR - Jeffrey la barbouze (première partie) le 19.02.2026

 

Un journalisme exigeant demande du temps, des enquêtes approfondies et du travail, invisible et non rémunéré. Si nos articles vous sont utiles, votre abonnement est un vrai soutien. En retour, vous accéderez à des contenus exclusifs et participerez directement à l’indépendance de ce média.

Merci de votre fidélité.


Jeffrey la barbouze (première partie)

Il ne faut pas confondre milieux adjacents aux services de renseignement et agent d'un service de renseignement. Tout comme il ne faut pas confondre entremetteur et espion.

Aperçu
 
LIRE DANS L'APP
 
Image réalisée par IA

Quoi de mieux pour lancer la machine à fantasmes, pour s’envelopper d’une aura mystérieuse, que de faire croire qu’on a des liens étroits avec des services de renseignement, qui ne répondront pas si on leur demande confirmation?

Tactique aussi vieille que le monde est monde que de laisser penser qu’on est très proche ou qu’on fait partie de ceux qui organisent le secret ou opèrent en secret. Ecoutez notre interview avec Richard B. Spence, historien spécialiste de l’espionnage et des sociétés secrètes, qui ne dit pas autre chose.

Les médias, indépendants inclus, s’étant jetés sur les millions de documents publiés sans voir le piège ainsi tendu, sont incapables de vérifier les faits. N’étant que des caisses de résonance produisant du flux, ils ne disposent pas des sources et des ressources nécessaires à une compréhension fine de ce qu’est vraiment l’affaire Epstein - qu’il faudra de toute manière des années pour démêler dans le détail. Il ne leur reste donc pour faire de l’audience qu’une forme de chasse aux sorcières alimentée par des rumeurs, des conjectures et des spéculations - ce qui n’est pas de l’information mais du bruit.

Les personnes impliquées dans le volet exploitation sexuelle de mineurs, certes sordide et criminel mais périphérique, de l’affaire Epstein sont pour la plupart connues depuis plusieurs années. Les jeunes filles? Epstein partageait ses perversions avec ceux susceptibles de les partager. Les jeunes filles n’étaient qu’un “service” parmi ceux offerts par Epstein à ses relations.

Il n’a d’après nos sources jamais exercé de chantage à proprement parler. L’aurait-il fait, aurait-il immédiatement été ostracisé, voire pire, car un certain nombre de personnes avec qui il frayait sont dangereuses. Considérez, par exemple, le nombre de décès suspects dans le sillage du couple Clinton, comme le suicide en 1993 de Vince Foster, alors n°2 du service juridique de la Maison blanche au fait de toutes les manoeuvres ayant menée Bill Clinton d’abord à la tête de l’Arkansas puis à la Maison Blanche. Ou celui de Mark Middleton, chef de cabinet de Bill Clinton durant son premier mandat, qui organisa les dix-sept rencontres du président avec Epstein entre 1993 et 1995. Il a été retrouvé en 2022 dans un parc, pendu à un arbre par une rallonge électrique et une blessure par chevrotine à la poitrine, le fusil de chasse l’ayant infligée reposant à plus de vingt mètres du corps…

Les enregistrements auxquels procédait Epstein? Des trophées lui permettant de mesurer son influence et de revivre ses perversions, bien plus qu’un moyen de pression, nous affirme-t-on.

Sans prétendre détenir la vérité absolue, nous avons accès à un certain nombre de personnes compétentes, en Europe, aux USA et au Moyen-Orient, qui nous ont éclairé suffisamment pour pouvoir affirmer sans grand risque de nous tromper que l’affaire Epstein n’est pas pas une affaire de chantage - au sens commun du terme - et encore moins d’espionnage - au sens où Jeffrey Epstein ne fut jamais un agent d’un ou de plusieurs services de renseignement.

Il a en revanche opéré dès le début des années 1980 dans des milieux adjacents au renseignement, notamment israéliens, dans le cadre de contrats d’armement, légaux comme illégaux, dont il opérait l’infrastructure financière. C’est très probablement ce qui lui a permis dès l987 de “séduire” Leslie Wexner, le patron de L-Brands (Victoria’s secret, Abercombie & Fitch etc.), soutien obsessionnel d’Israël, qui en fit son fondé de pouvoir et le propulsa dans les cercles élitaires américains, dont il ne faisait pas partie auparavant.

Epstein n’était qu’un fixeur, comme il en existe des centaines - et certains bien plus riches que lui. Ce qui le rendait unique en son genre était ses liens avec l’Etat israélien et ses puissantes courroies de transmission parmi les juifs américains.

Pour soutenir le travail de L'ÉCLAIREUR, choisissez votre abonnement, libre ou payant...

Avatar de User

Continuez la lecture de ce post gratuitement dans l'App Substack

 
Liker
Commenter
Restack
 

© 2026 L'Eclaireur - Alpes
Directrice de la publication : Patricia Cerinsek

Un journalisme exigeant demande du temps, des enquêtes approfondies et du travail, invisible et non rémunéré. Si nos articles vous sont utiles, votre abonnement est un vrai soutien. En retour, vous accéderez à des contenus exclusifs et participerez directement à l’indépendance de ce média.

Merci de votre fidélité.


Jeffrey the Spook

Don't confuse proximity to intelligence circles with being an actual intelligence officer, or an agent. An entremetteur, a fixer is merely a disposable asset.

Aperçu
 
LIRE DANS L'APP
 
Ai generated image

Nothing fuels wild fantasies or drapes someone in an air of impenetrable mystery quite like hinting at deep ties to intelligence agencies—entities that will never confirm or deny anything when asked.

This is an old ploy: let people assume you’re an insider, or better yet, one of the architects of secrecy itself. Listen to our interview with Richard B. Spence, the historian of espionage and secret societies.

French mainstream and independent media alike dove headfirst into the millions of released Epstein documents without spotting the obvious trap. Lacking the sources and the resources for nuanced analysis, they hardly unpack what the Epstein affair really is—and it will take years to fully disentangle. So they default to the only thing that drives clicks: a witch hunt fueled by rumors, conjecture, and outright. That’s not journalism; it’s noise.

The sexual exploitation of minors—the sordid, criminal but ultimately peripheral dimension of Epstein’s operation—involved people mostly known for years. The girls? Epstein simply shared his depravities with those who shared them. The victims were one “service” among many he offered his rich and powerful “friends”.

According to our sources, Epstein never engaged in outright blackmail. Had he tried, he would have been immediately shunned—or worse—because some of the people in his orbit were genuinely dangerous. Consider the suspicious deaths trailing the Clintons.

Vince Foster, Hillary Clinton’s former boss at Rose Law Firm, deputy White House counsel and keeper of secrets during Bill’s rise from Arkansas to the presidency, “suicided” in 1993.

Or Mark Middleton, Clinton’s first-term special assistant who arranged at least 17 meetings between the president and Epstein from 1993 to 1995. In 2022, Middleton was found in a park, hanged from a tree with an extension cord and a shotgun blast to the chest—the weapon lying over 30 feet away. Official ruling: suicide.

Epstein’s recordings? Trophies for gauging his own influence and reliving his perversions, our sources insist—not leverage tools.

We don’t claim to hold absolute truth, but we do have access to knowledgeable sources across Europe, the U.S., and the Middle East. Their input allows us to state with low risk of error: the Epstein case was not blackmail in the conventional sense, and certainly not espionage.

Jeffrey Epstein was never an asset or agent for any intelligence service. He distributed favors here too as fitted his own interests. From the early 1980s he moved in circles adjacent to intelligence, especially Israeli and U.S. ones, handling financial infrastructure for arms deals, hiding and laundering money. This likely explains how, by the late 1980s/early 1990s, he “seduced” Leslie Wexner—the L Brands magnate (Victoria’s Secret, Abercrombie & Fitch etc.) and obsessive Israel supporter—who gave Epstein full power of attorney, making him a CEO by proxy and catapulted him into America’s elite circles, a world Epstein had never belonged to before.

The myth of a grand spy-blackmail ring is seductive, but the reality is more banal, more networked, and far uglier: a fixer who monetized access through vice, favors, and proximity to power—until the machine he fed turned on him.

L'ÉCLAIREUR is a reader-supported publication. To receive new posts and support our work, consider becoming a free or paid subscriber...

Avatar de User

Continuez la lecture de ce post gratuitement dans l'App Substack

 
Liker
Commenter
Restack
 

© 2026 L'Eclaireur - Alpes
Directrice de la publication : Patricia Cerinsek

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire