| | COMME LA CORDE SOUTIENT LE SUSPENDU • Fin octobre, les 6 ministres membres de LR étaient «suspendus» du parti de droite - et non pas exclus, comme le souhaitait initialement Bruno Retailleau. Autorité morale à LR, Gérard Larcher proposait alors de reposer la question de leur exclusion à l’aune du Budget qui serait finalement adopté. 3 mois plus tard, la droite ne censure toujours pas le Premier ministre et laisse passer la loi de finances... qualifiée de «socialiste» par Retailleau. Mais ce dernier n'envisage pas de sévir de plus belle contre les renégats qui restent au service de Sébastien Lecornu. L'entourage du patron du parti le dit avec des mots fort sympathiques dans le Figaro : «Vu leur visibilité au gouvernement, qui est proche de zéro, remettre ce sujet sur la table alors qu'ils ont été exclus de toutes les instances dirigeantes serait une mauvaise idée.» Nice. Rachida Dati, notamment, appréciera. Et d'ajouter : «Plus personne ne parle d'un gouvernement d'un "socle commun" qui comporterait LR, tout le monde a bien compris qu'ils ont été débauchés individuellement.» On imagine donc qu'ils retrouveront la plénitude de leur statut d'adhérent LR dès la fin de leurs fonctions ministérielles. | | À LR, la tolérance zéro, c'est du flan. Photo Loïc Venance. AFP (2020) | DESTIN SCELLÉ • Pourtant, quand il veut sévir, Retailleau le peut. La preuve avec Michel Aubouin, qui a été «exclu» (lui) du parti selon la Tribune dimanche. On vous a parlé la semaine dernière de cet ex-préfet qui a largement frayé à l'extrême droite ces dernières années, et pourtant tranquillement soutenu par Renaissance et Horizons pour les municipales à La Celle-Saint-Cloud (Yvelines). Problème pour LR : Aubouin est aussi un ex-conseiller municipal de la majorité de droite sortante, à laquelle il s'opposera donc en mars. Aubouin affrontera la liste de Richard Lejeune, adjoint du maire Olivier Delaporte (qui ne se représente pas), sur laquelle on trouve Othman Nasrou, patron de la fédé LR locale, secrétaire général du parti et bras droit de Retailleau. Ce qui explique peut-être une telle fermeté exemplaire. | CAPITAINE DE PÉDAGO • On reste à droite, où la fin de la séquence budgétaire - avec le rejet des ultimes motions de censure cet après-midi - devrait être un grand soulagement. Encore plus qu'ailleurs, on veut dire. Car LR est sans doute le parti qui sort le plus lessivé de la période : le chef Retailleau a épuisé le registre de l'indignation devant ce Budget, certains cadres ont appelé à la censure du gouvernement mais Laurent Wauquiez et les députés s'y refusent, au nom de la «stabilité» et de la «responsabilité». Même pour ce parti habitué aux divisions internes et aux grands écarts, on frôle la double rupture des adducteurs. Sur le terrain, face aux militants et aux électeurs, ce n'est donc pas facile-facile. Le député LR Pierre Cordier, «anti-macroniste primaire» et bien obligé de défendre ses votes en circo, résume au Parisien cette position inconfortable : «C'est un peu chaud patate, mais avec un peu de pédagogie, ça passe. […] Quand j'explique aux gens qu'il y a trois blocs d'un tiers à l'Assemblée, ils percutent tout de suite. Ils ne me félicitent pas pour autant.» Tout le pari pour la droite est qu'ils n'aillent pas jusqu'à les sanctionner franchement aux municipales... Faites vos jeux, rien ne va plus. | | Comme un lundi. Photo Loïc Venance. AFP (2026) | LA PRESSION MONTE • Quelque chose d'incroyable se déroule à l'extrême droite. Le maintien de Jean-Marc Morandini sur CNEWS malgré sa condamnation définitive pour corruption de mineurs, et une autre pour harcèlement sexuel, met le feu à la chaîne d'opinions et au microcosme médiatique de la sphère Bolloré. On sait que Jordan Bardella, un train après tout le monde, a demandé à ses ouailles de ne plus aller chez Morandini, que même le JDD a lâché hier. Ce matin, c'est Marion Maréchal qui estime, sur RTL, que «rien [ne peut] justifier et expliquer que Morandini se maintienne à l'antenne après sa condamnation». Elle ajoute : «Il devrait avoir la décence de se démettre lui-même pour ne pas abîmer la réputation de toute une chaîne, de tout un groupe. [...] Il n'a rien à faire à l'antenne. Les actes qu'il a commis sont extrêmement graves : on ne touche pas aux mineurs. Rien ne peut justifier de s'en prendre à des mineurs.» Gageons qu'elle en parlera à son éditeur, Fayard, propriété de Bolloré. | |
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