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vendredi 27 février 2026

Lettre aux Insoumis et à Jean-Luc Mélenchon, depuis l'Amérique latine - le 27.02.2026

 

Lettre aux Insoumis et à Jean-Luc Mélenchon, depuis l'Amérique latine


                         


Lettre aux Insoumis et à Jean-Luc Mélenchon, depuis l'Amérique latine

Aux Insoumis d'abord.

Il y a un grand sentiment de frustration à regarder la France depuis l'Amérique latine. Très vite on se sent comme un prophète sans disciples, un messager sans écho. Ou peu.

« Jean-Luc Mélenchon est antisémite », beuglent-ils tous en cadence. Et le beuglement du troupeau est si fort qu'il vous oblige à démentir. Le culot !

Allez-y. Démentez que le feu mouille et que l'eau brûle. Démentez l'affirmation selon laquelle un partisan de toute une vie de l'égalité humaine est en fait un partisan de l'inverse.

Et plus la fascisation naturelle du capitalisme avancera, plus elle vous obligera à démentir tout et n'importe quoi. Et plus le monstre hégémonique vous sentira comme une menace, plus il s'agira pour vous de démentir surtout du n'importe quoi.

Les insoumis n'exercent pas le pouvoir politique en France. Pas encore. Cependant, plus la possibilité qu'il en soit ainsi avancera, plus les urgences du démenti se multiplieront.

Imaginez alors la gauche mexicaine, au pouvoir depuis 8 ans. Imaginez la gauche vénézuélienne, au pouvoir depuis 27 ans. Imaginez la gauche cubaine, au pouvoir depuis 67 ans.

Trois, quatre, cinq ou parfois davantage de démentis à produire chaque jour. C'est ce qui attend les insoumis de France, qui n'en sont qu'au début. Parce que lorsque l'ordre hégémonique est menacé, il ne se prive d'aucun outil pour contrecarrer la menace. Et le premier de ces outils est le premier (et unique) parti à échelle internationale : le parti médiatique transnational.

Penser être protégé au « pays des droits de l'homme » est une si grande naïveté qu'elle en devient une erreur politique. Je pense que tout le monde commence à s'en rendre compte. La construction de « l'ennemi intérieur » est du déjà-vu.

Si le mensonge ne suffit pas à inverser des tendances électorales, alors que croyez-vous qu'il se passera avec la question électorale ? Ils vous feront des procès jusqu'à vous faire céder, ou mettront en prison vos candidats. Et si par malheur vous avez passé les mailles du filet de la démocratie libérale en accédant à un poste de pouvoir, ils infiltreront l'appareil d'État, bloqueront votre économie, assassineront vos dirigeants, lanceront des bombes sur votre capitale, ou kidnapperont votre président. Tout cela, on l'a vu, partout.

Je suis au regret d'annoncer que l'Amérique latine apprend aux Insoumis la chose suivante : la politique antifasciste et anti-hégémonique est une lutte à mort.

« À mort », parce que l'ennemi ne se privera de rien pour vous avoir. « À mort », parce que ce combat nous oblige jusqu'à notre dernier souffle. Tant qu'il y a de l'injustice, il y a de la lutte.

Cela signifie-t'il -par extension- que « c'est mort » et qu'il n'y a rien à faire ? Tout le contraire ! Cela signifie-t'il que l'on doive se laisser mourir ? Encore moins ! Et l'Amérique latine nous apprend tout cela à la fois.

L'habilité politique et la détermination sans faille, sans renoncement, rendent possible la victoire et la vie. Mais tous ceux qui ont cru pouvoir jouer naïvement au jeu déloyal de la démocratie libérale en renonçant à ce qu'ils sont, ont fini par disparaître.

Les Mélenchons sont une espèce en voie de disparition à travers le monde. Dans ce sens, 2027 sera une boucherie politique pour tenter d'en finir, et le carnage a déjà commencé. Voyez donc ceux qui résistent ailleurs, pour apprendre de leurs erreurs mais surtout de leurs victoires et les conditions qui les ont rendues possibles.

Et souvenez-vous toujours de cette phrase de Simon Bolivar, libérateur de l'Amérique du sud : « Heureusement, on a vu une poignée d'hommes libres vaincre de puissants empires. ».

Tenez bon. Ne lâchez rien. Il s'agit de lutter, comme on dit ici, « jusqu'à la victoire, toujours » !

À Jean-Luc désormais.

Je parle ici comme un ami.

Je sais la constance d’un engagement. Je sais la sincérité d’un combat de toute une vie contre le racisme, contre l’antisémitisme, contre le fascisme et l’extrême droite.

Je sais qu’on ne peut pas effacer une vie de luttes par des procès d’intention.

On peut s’opposer. Mais salir en permanence, c’est autre chose.

Ma solidarité n’est pas tactique.
Elle ne répond à aucune aspiration de poste ou de reconnaissance. Ma défense de ce que beaucoup considèrent à tort comme « indéfendable » témoigne -je le crois- pour moi.

Ma solidarité est personnelle.
Ma solidarité est humaine.
Ma solidarité est politique.
Et elle ne tremblera pas.

¡Hasta la victoria, siempre!

Christian Rodriguez
27 février 2026 

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