Suite de l'analyse de la pieuvre Epstein. Après avoir exposé le trafic international d'êtres humains et les mécanismes de kompromat, deux nouveaux tentacules apparaissent. Le tentacule n°3 explore les liens d'Epstein avec les milieux scientifiques, le transhumanisme, l'eugénisme et l'influence idéologique. Le tentacule n°4 s'intéresse à son cercle d'individus évoluant au-dessus des États, là où se croisent fortunes privées, institutions internationales et capacité réelle d'influence. Tentacule n°3 : Science, eugénisme, transhumanisme et influence idéologique Pour comprendre l'importance de ce point, on partira d'une logique individuelle pour aller vers une logique collective et systémique. Jeffrey Epstein nourrissait un intérêt prononcé pour le transhumanisme et l'eugénisme, avec une ambition claire : permettre à une « élite » de se perpétuer et de dépasser les limites biologiques humaines. Pour ce faire, il finançait et collaborait avec des scientifiques de renom, comme George Church de Harvard, un pionnier du CRISPR (une technologie d'édition génétique qui ouvre la porte, entre autres, aux bébés génétiquement modifiés). Ensemble, ils ont travaillé sur le séquençage de l'ADN d'Epstein, explorant des pistes comme la régénération tissulaire (la capacité du corps à reconstruire ses propres tissus endommagés), la longévité et des thérapies personnalisées à partir de ses cellules souches. Son projet le plus troublant reste celui des « fermes à bébés ». La découverte de salles d'accouchement dans son ranch du Nouveau-Mexique étaye cette hypothèse : il cherchait à inséminer jusqu'à 20 femmes afin de créer une descendance qu'il jugeait supérieure. Cette vision s'inscrivait dans une démarche plus large d'ingénierie génétique. En 2016, dans un échange avec Joscha Bach, chercheur au prestigieux MIT (qui avait reçu entre 300 000 et 400 000 dollars de sa part), Epstein suggérait d'intervenir génétiquement pour « rendre les Noirs plus intelligents . » Bach a développé cette idée, avançant une théorie selon laquelle les enfants noirs développeraient plus tôt les compétences motrices (adaptées, selon lui, à un mode de vie ancestral de chasse et de course en Afrique) au détriment d'un développement cognitif plus avancé. Il envisageait alors la possibilité d'un « interrupteur génétique » ou d'une autre méthode pour modifier ce développement. Le clonage et l'idée de pièces d… Raphaël Lepilleur |
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