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Ursula von der Leyen à Kiev pour le quatrième anniversaire de l'invasion russe
Le rapatriement des enfants ukrainiens enlevés par la Russie, 1 étudiant sur 3 en situation de mal-logement, le Mexique s'embrase, le Parlement européen suspend l’accord entre l’UE et les Etats-Unis.
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Ursula von der Leyen à Kiev pour le quatrième anniversaire de l’invasion russe
Quatre ans après le début de l'invasion russe en Ukraine, la cheffe de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, António Costa, sont arrivés à Kiev pour y assister à une cérémonie de commémoration et se rendre sur le site d'une installation énergétique ukrainienne endommagée par les frappes russes. Les deux responsables européens doivent également prendre part à une rencontre trilatérale avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Ils ont également prévu de participer à une réunion en visio-conférence de la Coalition des volontaires.
Le bilan de Vladimir Poutine est “un échec cuisant et humiliant” après quatre années de conflit, a estimé e chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot. Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a accusé la Russie de se trouver “au plus profond niveau de la barbarie”.
Les négociations diplomatiques entre Kiev et Moscou amorcées en 2025 sous l'égide des Etats-Unis n'ont, pour l'heure, pas permis d'arrêter les combats. Le président ukrainien a souligné vouloir d'abord des garanties de sécurité de la part de Washington et un cessez-le-feu avant de “parler de compromis”, y compris territorial, avec les Russes.
Selon Volodymyr Zelensky, 55 000 soldats ukrainiens ont été tués depuis le début de la guerre et jusqu'à 10 fois plus selon une estimation du Centre d'études stratégiques et internationales. Côté russe, les estimations oscillent entre 250 000 et 1,2 million de soldats tués. Pour les civils, l'ONU estime que le bilan s'élève à environ 15 000 morts et plus de 40 000 blessés. Mais ces chiffres sont certainement sous-estimés car ils n'incluent pas les disparus.
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L’Ukraine face au défi de rapatrier les enfants enlevés par la Russie
Près de 20 000 mineurs ukrainiens ont été déportés en Russie ou dans les territoires occupés par les forces du Kremlin depuis le début du conflit, selon le décompte établi mi-février par le Bureau du procureur général d’Ukraine.
Environ 2 000 ont pu “être ramenés à la maison”, s'est félicité Volodymyr Zelensky. Mais “le chemin qui reste à faire est long et difficile”, a reconnu le président ukrainien. Identifier, retrouver et rapatrier ces enfants, dont l’enlèvement est “un crime de guerre” selon l’ONU, constitue un travail titanesque.
Officiellement, Moscou dit avoir exfiltré ces mineurs pour les protéger des dangers de la guerre. De nombreux autres mineurs ont été tout simplement enlevés, notamment dans des orphelinats de zones occupées.
Une fois arrivés dans les camps, où ils sont “rééduqués” avec des leçons célébrant la Russie, les communications des jeunes Ukrainiens avec leurs proches sont très limitées – lorsqu’elles sont autorisées. Moscou ne tient pas de registre public des enfants emmenés sur son territoire. Kiev a bien sa propre liste, établie à partir des déclarations de témoins ou de proches, mais même les familles manquent d’information.
La Russie crée des obstacles à l’obtention de renseignements sur les enfants déportés et les organisations, y compris russes, qui cherchent à recenser les enfants concernés sont ciblées par le Kremlin et menacées.
Moscou n'ayant mis en place aucun programme pour faciliter le rapatriement de ces mineurs, leurs parents se retrouvent souvent livrés à eux-mêmes. Beaucoup ignorent que des organisations comme le Réseau ukrainien pour les droits de l'enfant (UCRN) existent et essayent donc de récupérer leurs enfants par leurs propres moyens.
En quatre ans, l'UCRN a réussi à ramener 339 enfants et jeunes ukrainiens, retenus en Russie ou dans les territoires ukrainiens occupés. Mais parfois, la procédure est presque impossible. L'adoption représente en outre un obstacle légal supplémentaire à leur retour dans leur pays d'origine.
D'où la nécessité de prouver “que ces enfants ont été déportés de force”, explique Nathaniel Raymond, directeur du laboratoire de recherche humanitaire de l'université de Yale. Durant trois ans, son équipe a œuvré à recenser et identifier les milliers de jeunes Ukrainiens emmenés dans “ce qui est sûrement le plus grand enlèvement d'enfants depuis la Deuxième Guerre mondiale”. Mais le programme a été interrompu début 2025, du fait des coupes dans le budget fédéral ordonnées par Donald Trump.
Un étudiant sur trois est en situation de mal-logement
Un étudiant sur trois est en situation de mal-logement, selon l'enquête logement étudiant 2026 de la Fédération des associations générales étudiantes (Fage). Cette réalité se traduit par exemple par la présence de moisissures (18,3%), de nuisibles (13,3%), de dégâts des eaux (16,5%) et/ou de composants dangereux (1,2%).
La Fage souligne également que “plus de quatre étudiants sur 10 (41,5%) vivent dans des logements présentant d’importants problèmes thermiques sans réponse adaptée”. La Fédération estime que 35,3% des étudiants rencontrent des problèmes sonores, 32,9% n’ont pas de connexion internet stable.
Enfin, 16% disent souffrir d’un manque d’intimité. Des conditions qui ne permettent pas, selon l’étude, à 25,2% d’étudiants de travailler au calme chez eux. D’autant que 17,2% d’entre eux ne peuvent pas avoir un bon sommeil ou sont empêchés de se faire à manger convenablement. Enfin, 12,1% d’étudiants ne peuvent pas prendre soin de leur hygiène dignement.
Pourtant, le loyer représente “une charge très difficile à assumer” pour les étudiants, atteignant en moyenne 50% de leur budget. Le prix moyen du loyer atteint 491 euros d’après la Fage, dont 712 euros à Paris.
Pour la Fage, “c’est en réponse à ce constat que le logement social étudiant géré par les Crous est un élément essentiel pour ne pas entretenir les reproductions sociales et favoriser l’égalité des chances”. La Fédération évoque “un sous-financement étatique du réseau des Crous”.
Concernant les finances des étudiants, la Fage explique que “plus d’un étudiant sur cinqvvit avec moins de 100 euros par mois après avoir payé uniquement son loyer”. Pour la Fédération, “on ne parle plus de précarité étudiante mais bien de pauvreté étudiante”.
Face à cette situation, la Fage demande la rénovation immédiate des bâtiments insalubres ou que les étudiants concernés reçoivent une proposition systématique de relogement sans frais supplémentaire. La Fédération demande aussi un renforcement des sanctions aux bailleurs et des contrôles du respect des normes de salubrité des appartements mis en location dans le parc privé.
L’organisation étudiante demande des aides financières au logement étudiant “universelles et à la hauteur”, ou encore “la revalorisation du montant des bourses étudiantes qui ne couvrent actuellement pas même le simple loyer d’un étudiant”.
Le Mexique déploie 10 000 soldats pour mettre fin aux violences après l’élimination d’un chef de cartel
Le Mexique a déployé 10 000 soldats dans l’ouest de son territoire afin de contenir les violences déclenchées par la mort d’El Mencho, le baron de la drogue le plus recherché du pays. Le gouvernement a annoncé l’envoi de 2 500 soldats supplémentaires dans le Jalisco, portant à 10 000 le nombre de militaires déployés.
Nemesio Oseguera, alias El Mencho, était le chef du cartel de Jalisco Nueva Generacion (CJNG). Il a été blessé lors d’une opération militaire dans la ville de Tapalpa, dans l’Etat de Jalisco, et est mort pendant son transfert en avion vers Mexico. L’annonce de sa mort a provoqué une violente réaction du cartel : des membres présumés de l’organisation ont bloqué des routes, incendié des véhicules, attaqué des stations-service, des commerces et des banques, et affronté les autorités dans 20 Etats mexicains.
Au moins 25 membres de la garde nationale, ainsi qu’un agent de sécurité et un fonctionnaire du parquet, ainsi que 30 membres du cartel ont été tués dans l’opération militaire et les affrontements qui ont suivi.
Le Parlement européen suspend l’accord entre l’UE et les Etats-Unis
Le Parlement européen a suspendu l’accord commercial conclu l’été dernier entre l’Union européenne et les Etats-Unis, dans l’attente d’éclaircissements de Washington sur l’impact de la décision de la Cour suprême américaine, qui a invalidé la plupart des droits de douane de Donald Trump.
À la suite de la décision de la plus haute juridiction américaine, le président des Etats-Unis a répliqué en annonçant “d’autres mesures pour remplacer les droits de douane”, évoquant notamment, dans un premier temps, une nouvelle taxe mondiale de 10%, avant de l’augmenter à 15%.
La commission du commerce international du Parlement devait théoriquement se prononcer sur la mise en œuvre de cet accord, avant un vote des eurodéputés en séance plénière prévu en mars. La procédure avait déjà été suspendue en janvier par le Parlement, en raison des menaces de Donald Trump d’annexer le Groenland, puis relancée après l’abandon de ses visées sur le territoire danois.
De nouveau, les rapporteurs ont déclaré que les votes prévus en commission n’auraient pas lieu, considérant que les dossiers relatifs à cet accord “devaient être suspendus jusqu’à ce que la clarté, la stabilité et la sécurité juridique des relations commerciales UE-Etats-Unis soient rétablies”.
Ukraine, 4 ans de guerre dans la revue de presse
Interview d’Aurélien Duchêne dans le Moderne Talk
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