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samedi 10 janvier 2026

Le retour de la grande jacquerie... les tracteurs sont sortis de PARIS ...Et maintenant le reflux ou la trahison ? !...Soutenons nos paysans ...Le samedi 10 janvier 2026

 

                      






                      

Céline Berrier 
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8 h 
Quand les tracteurs s’arrêtent, ce n’est pas une provocation.
C’est un cri silencieux d’hommes et de femmes qui n’en peuvent plus.
Sur les routes de campagne comme aux abords des villes, l’immobilité des tracteurs raconte une histoire que beaucoup préfèrent ne pas entendre. Derrière ces machines à l’arrêt, il y a des visages marqués par des années de travail, des mains usées par la terre, et des vies suspendues à des décisions prises loin des champs.
Ce silence n’est ni une stratégie ni un spectacle. Il est le dernier langage de celles et ceux qui ont tout essayé : produire mieux, produire plus, s’adapter aux normes, aux marchés, aux aléas climatiques. Jour après jour, les charges augmentent, les prix payés aux producteurs stagnent ou baissent, et la reconnaissance s’effrite. À force de tenir, on finit par plier.
Les agriculteurs ne demandent pas des privilèges. Ils demandent de pouvoir vivre de leur travail. De ne plus être écrasés entre des exigences contradictoires : nourrir la population à bas coût, respecter des normes toujours plus strictes, préserver l’environnement, tout en restant économiquement viables. Ce paradoxe est devenu insoutenable.
Lorsque les tracteurs s’arrêtent, c’est aussi parce que le dialogue semble rompu. Les chiffres ont remplacé les réalités humaines. Les décisions se prennent sur des tableaux, pas dans les champs. Et pourtant, sans ces femmes et ces hommes, il n’y a ni souveraineté alimentaire, ni ruralité vivante, ni paysages entretenus.
Ce cri silencieux n’est pas un refus de l’avenir. Il est une demande de sens, de justice et de respect. Il appelle à repenser la place de l’agriculture dans notre société, à redonner de la valeur au travail de la terre et à celles et ceux qui la font vivre.
Écouter ce silence, c’est reconnaître qu’il est encore temps d’agir. L’ignorer, c’est accepter qu’un pilier essentiel de notre société s’effondre dans l’indifférence.





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