| | | | | | | | | | Bonjour à chacune et chacun, Ce début du mois d’août ne chasse en rien une actualité aux visages inquiétants : soleil brûlant, sécheresse, fonte des glaciers, tensions autour de Taïwan après la provocation de la présidente du Congrès américain, amplification de la guerre en Ukraine qu’un bateau de grains de maïs, sorti d’Odessa pour le Liban n’arrive évidemment pas à adoucir. Dans notre Parlement, comme je l’avais annoncé dans une précédente lettre, la collusion du pouvoir avec les groupes de droite et la bénédiction de l’extrême droite est patente pour faire toujours plus mal à celles et ceux qui n’ont que leur travail ou leur maigre pension de retraite pour vivre, tandis que tous se coalisent pour empêcher la mise en place d’une taxe, même temporaire, sur les profits exceptionnels. (Mon article plus bas et sur l’humanité.fr et mon blog) L’inutile provocation
Le statut politique de Taïwan est le résultat d’une délibération internationale dont l’accouchement a duré plusieurs décennies sous l’égide des Nations Unies. C’est donc l’héritage d’une longue histoire, depuis 1949 lorsque Mao Zedong met fin à la guerre civile et proclame la République populaire de Chine. Taïwan se déclare officiellement partie intégrante de cette dernière le 7 décembre 1949. L’ONU en reste le garant. Ce fut l’aboutissement d’une douloureuse période d’affrontements politiques et de guerres. Les États-Unis ont reconnu ce statut, même si leurs décisions et actions sont depuis longtemps ambiguës. Ils ont, par exemple, mis en place ce qu’ils appellent le « Taïwan Relation Act » dans lequel ils s’engagent à fournir à l’île les moyens de se défendre. Ils sont devenus ses premiers fournisseurs d’armes.
Taïwan étant à 130 km de la Chine continentale, chacun comprend aisément que le gouvernement chinois ne peut pas laisser installer, dans l’actuel contexte, une grande base militaire américaine face à la Chine, alors que les États-Unis font partie de la majorité des pays qui aujourd’hui ne reconnaissent pas Taïwan. En effet, ils reconnaissent le principe d’une seule Chine. Ce statu quo est sans doute la meilleure manière de stabiliser une situation déjà grosse de tensions et de dangers. Dans cette situation, le déplacement de Mme Nancy Pélosi ne peut être vécu que comme une provocation. Il a eu lieu, semble-t-il, sans l’accord de Biden qui aurait déclaré que « les militaires américains pensent que ce n’est pas une bonne idée maintenant ». C’est un fait, ce voyage du troisième personnage des USA a lieu à un moment de confrontation exacerbée entre les États-Unis et la Chine qui porte pour beaucoup sur les enjeux de « leadership mondial », dans le cadre d’un recul du poids politique et demain économique de l’Occident. Il convient de ne pas parier sur le pire qui serait certainement une catastrophe pour tous les peuples de la région Asie-Pacifique, mais au-delà pour le monde entier qui pourrait être entrainé dans un conflit dévastateur. La visite de Mme Pélosi et ses conséquences ont depuis déclenché les foudres du gouvernement chinois et provoqué une grande inquiétude dans les pays de la zone, notamment en Corée et au Japon. Il est urgent de faire diminuer les tensions partout, en utilisant l’ONU comme un lieu de débats et de garantie de coexistence pacifique dans le cadre d’un nouveau système de sécurité globale, accompagné du respect par tous des droits humains et politiques. (Lire ici la chronique de Francis Wurtz dans l’Humanité –Dimanche) Palestine… Ils veulent te faire disparaitre !
À partir de la résolution déposée par mon ami Jean-Paul Lecoq s’est déclenchée une vaste opération visant à assimiler toute critique du pouvoir israélien et de sa nouvelle constitution à de l’antisémitisme. C’est odieux et vise à étouffer le combat pour l’application du droit international pour la création de deux États, un État israélien qui existe et un État palestinien que le premier s’obstine par tous les moyens à empêcher d’exister.
Le mot « apartheid » défrise un certain nombre de gens dans notre pays, jusqu’au ministre de la Justice qui devrait relire ses classiques. Ils se disent choqués, car selon eux, on ne peut comparer la situation avec l’Afrique du Sud avant que Nelson Mandela ne la libère de l’apartheid. Les mêmes, à cette époque, critiquaient déjà toutes les initiatives de solidarité avec le peuple sud-africain, notamment les appels au boycott. Aujourd’hui, nous parlons d’une ségrégation spatiale, d’inégalités d’accès aux droits et de violences d’État à l’encontre des Palestiniennes et Palestiniens en Israël, à Gaza et en Cisjordanie occupée. Des hommes politiques israéliens, dont d’anciens ministres, utilisent ce terme d’apartheid qui veut dire « séparation », « développement séparé ». En plus des trois ONG, B’tselem, Human Rights Watch, Amnesty International, l’organisation israélienne Yesh Din qualifiait en 2020 le régime israélien d’apartheid. Il ne s’agit ni d’un mot tabou, ni d’une insulte, ni de la propagande, mais d’une qualification juridique, inscrite dans le droit international, en particulier dans le statut de Rome en 1998 et dans une résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies datant de 1973. Ajoutons que les autorités françaises ont parfois considéré que le rouleau compresseur du pouvoir israélien contre les Palestiniens leur refusant un État menait à l’apartheid. Ainsi Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères, déclarait au Grand Jury RTL/ Le Figaro/ LCI, le 23 mai 2021 : « Dans des villes Israéliennes, les communautés se sont affrontées ; c’est la première fois et ça montre bien que si d’aventure on avait une autre solution que la solution à deux États, on aurait alors les ingrédients d’un apartheid qui durerait longtemps ». Quand on sait que la haute fonction d’un tel ministre l’oblige en permanence à peser ses mots, on mesure la signification de l’alerte. Et, M. Le Drian, pas plus que les ONG israéliennes B’tselem, ou Yesh Din n’est antisémite. Ils défendent simplement le droit international. Un débat public noble doit avoir lieu sur la situation de la Palestine et les moyens de reconnaître et de construire un État palestinien. Tel est l’intérêt de tous, au premier rang desquels les Israéliens. L’assassinat de notre amie, la journaliste Shiren Abu Akleh , le 11 mai dernier, la prolongation de la détention arbitraire de l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri sans qu’aucune charge ne soit retenue contre lui, l’amplification de la colonisation depuis quelques semaines appellent au moins un débat et des actions de la France et de l’Union européenne. On ne peut laisser la Palestine et les Palestiniens disparaitre dans le silence ou les vociférations irresponsables de quelques excités anti-communistes comme M. Onfray ou Dupont-Moretti.
Blanc bonnet et bonnet blanc
Sous couvert de deux lois, l’une prétendument pour protéger le pouvoir d’achat, l’autre modifiant le budget en cours d’exécution se sont dessiné les contours de l’alliance des droites et de la macronie, largement imprégnée de celle-ci avec les ministres Le Maire et Darmanin. Comme je l’écrivais ici dès la fin du mois de juin, les groupes de droite à l’Assemblée et au Sénat jouent un rôle décisif. Ils infléchissent de nombreux textes de loi encore plus en faveur du grand patronat contre les intérêts populaires.
Ils ont certes bien défendu le pouvoir d’achat des grands groupes capitalistes en refusant les augmentations de salaire et la taxation des « surprofits », mais ils ont avancé encore plus avant sur le chemin de la destruction des droits sociaux. Ceci se fait en plein été et est présenté, enveloppé de sucreries dont les travailleurs et les plus humbles découvriront la dangerosité au fil des semaines.
Pour ne pas à avoir à augmenter les salaires et préserver le capital de l’intervention des mouvements sociaux, ont été inventés des mécanismes comme le rachat des RTT ou l’augmentation du plafond d’exonération de l’impôt sur le revenu sur les heures supplémentaires, l’augmentation de la fameuse prime dite Macron, défiscalisée et exonérée de contribution aux caisses de la Sécurité sociale. La cohérence de ces dispositions tient à la mise en pièces des droits sociaux et à une surexploitation plus grande encore du travail salarié alors que la Sécurité sociale sera mise en difficulté. Ce n’est pas le travail qui est au cœur du dispositif, mais « l’exploitation du travail ». Ce qui n’est pas la même chose ! La fin de la redevance de l’audiovisuel, voulue par l’extrême droite avant d’être reprise par M. Macron, peut être le coup de grâce porté à l’audiovisuel public. Rappelons que la candidate d’extrême droite propose de le privatiser totalement. Pour le vendre à qui ? Peut-être à Netflix ou Amazon. C’est une conception de la souveraineté, de la diversité et de l’exception culturelle qui plaît tant aux capitalistes américains. Quant aux prix, aucune disposition n’est prise pour les contenir. La ristourne sur les carburants est un faux-nez qui cache un financement de Total par l’État. Celui-ci paie en apparence pour le consommateur qui n’en profitera qu’en automne, mais c’est le contribuable qui paiera l’addition. Les électrices et les électeurs ont-ils voulu voter pour un bloc des droites à l’Assemblée ? Bien sûr que non. Ils ne s’attendaient pas ce que la forte formule de Jacques Duclos « Blanc bonnet et bonnet blanc » puisse à ce point s’appliquer à l’actuelle situation. |
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| | | | | | | LA TERRE N°7: “Se nourrir : à quel prix ?” | |
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| | | Au sommaire : -Que se cache-t-il derrière la hausse des prix ? -Prix à la production, prix à la consommation -Bio ou agroécologique ? -Conjurer la malédiction de la sécheresse -Paroles de jeunes agricultrices et agriculteurs -Sept produits à manger et à boire dans les Hauts-de-France -« La carte routière, ringarde, moi, jamais... » -Le saviez-vous ? La soie, un fil aux mains d’or |
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| | | | | | Superprofits : mot canon ? Dans le ciel de l’été vient de retentir dans tout l’espace public un mot jusqu’ici tabou devenu un mot « canon » : superprofit. Il est sorti des murs des sections du Parti communiste, des cercles de ATTAC, de la confédération CGT, pour se répandre, de journaux télévisés en discussions devant un petit noir de bon matin au bistro, jusqu’au Parlement à la tribune duquel les députés de la coalition Nupes l’ont fait siffler aux oreilles des ministres et des profiteurs de guerre qui émargent dans les conseils d’administration des grands groupes cotés en bourse.
Décidément, on ne peut plus cacher que pendant que les augmentations de prix vident les frigos des familles populaires, dès le 15 de chaque mois, ces profits extrêmes contribuent à remplir les comptes en banques des milliardaires et des fonds financiers. Les travailleurs ne voient rien venir sur leur feuille de paie, mais les groupes financiers, énergétiques, de transports, des autoroutes, de l’automobile, du luxe ou de la grande distribution sont aux anges. Leurs profits sont devenus des « superprofits ». Pour s’en réjouir, nos confrères du groupe « Les Échos », daté du 1er août, nous informent bruyamment : « Les marchés financiers en Europe et aux États-Unis ont signé leur meilleure performance depuis novembre 2020 ». Le Figaro du même jour ne le dément évidemment pas : « Le CAC 40 gagne 9% en juillet » clame- t-il. Celles et ceux qui, pour diverses raisons, n’y décèleraient aucun lien de cause à effet commettraient à leurs dépens une lourde erreur. Par exemple, le groupe ENGIE, premier fournisseur de gaz, réalise un résultat net de 5 milliards d’€ au premier semestre 2022, soit près du double de ses résultats obtenus au cours de la même période l’an passé. Et, le prix du gaz flambe. Après cela, ce même groupe vient, la main sur le cœur, annoncer qu’il va octroyer une petite ristourne aux consommateurs qui lui coûtera… 88 millions d’€. Une farce ! Ce n’est même pas le prix d’une campagne de communication de ce groupe. Et, le groupe Total qui a réalisé 17 milliards de profits trouve le moyen par un tour de presdigitation en trio avec le ministre de l’Économie et la majorité de droite du Sénat de promettre une ristourne sur son carburant qui lui coûtera … 500 000 €. Celle-ci n’interviendrait qu’en septembre, après que les automobilistes soient passés, en juillet et août, aux pompes pour leurs plus longs trajets de l’année. Chapeau l’artiste ! Ce géant, qui n’a pas payé d’impôt ni en 2019 ni en 2022, préfère être payé d’avance, ce qui ne l’empêchera pas de continuer à augmenter le prix de son carburant de quelques nouveaux centimes. Le consommateur paiera donc lui-même et bien plus sa ristourne, ajoutée aux diverses taxes qu’il paie sans souvent le savoir. Pourtant, pour les libéraux de tout poil, parler de « taxe » sur les superprofits relève d’une volonté collectiviste ! Ainsi, lors du débat parlementaire au Sénat, M. Le Maire a justifié son refus de « taxation temporaire » en prônant « la stabilité fiscale ». Bizarre non ? Car non seulement le groupe Total n’a pas payé le moindre centime d’impôt en 2020, mais il a bénéficié d’une ristourne de 126 millions €. Ajoutons que les augmentations des prix des carburants produisent de facto des augmentations de la part de la fiscalité sur ceux-ci. C’est une « stabilité fiscale » à deux vitesses, mais toujours aux dépens des mêmes ! Autre forme de mystification : Pour réaliser 41 milliards de profits au 1er trimestre, le groupe Sellantis a augmenté substantiellement le prix des voitures pour compenser les pertes de volumes vendus. Les industriels de l’agroalimentaire et la grande distribution ont trouvé une autre délétère astuce, ils diminuent la quantité de produit dans le même emballage tout en augmentant régulièrement les prix de vente. Au royaume du capitalisme, le profit est roi. De ce côté-là, ils ne sont pas tenus à la fameuse « sobriété » présidentielle. Ces superprofits sont bien issus de la compression des salaires et de l’augmentation des prix due à la spéculation.
Ces augmentations ont commencé bien avant la guerre en Ukraine. Les groupes industriels et les « fonds spéculatifs » qui bien souvent sont des filiales des banques, des assurances ou d’autres institutions financières, mènent le bal en achetant par anticipation d’énormes quantités à bas prix, puis les revendent lorsque la raréfaction qu’ils ont produit fait flamber les prix de l’énergie ou des céréales. La coalition de gauche et les sénateurs communistes ont proposé une taxation de ces profits à hauteur de 25% à 30%. Ce ne serait que justice, car ces profits sont réalisés à partir de rentes de situation après avoir bien souvent bénéficié de considérables aides publiques, sans contrôle, durant la pandémie. Un véritable assistanat d’État ! D’ailleurs, le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Italie ont décidé d’une telle taxation. Dès lors que ces groupes et fonds financiers profitent d’une telle situation sans se sentir solidaires de la collectivité publique, des travailleurs et des citoyens, il faudra bien penser plus sérieusement à un nécessaire contrôle public, social et écologique de leurs activités en créant des conditions nouvelles pour que les travailleurs, les usagers ou consommateurs, les élus disposent de pouvoirs réels d’intervention sur leur gestion et leurs orientations pour le bien commun. Contre les exigences de rémunération toujours plus grandes des actionnaires, il convient d’opposer les critères de progrès social, dont les salaires, l’égalité salariale femmes-hommes, la protection sociale, et le progrès écologique. Ce qui implique un considérable développement de services publics humanisés et démocratisés. C’est le moyen de réduire cette surexploitation des travailleurs, et de diminuer de manière substantielle les coûts qui servent à la rentabilisation et à l’accumulation du capital (frais financiers, dividendes, rachat d’actions) et donc de baisser les prix. Dès lors que les profiteurs de guerre et de crise dans des secteurs aussi essentiels que la finance, l’énergie, les transports refusent de servir le bien commun, la question de leur appropriation sociale et publique doit être posée. Le pouvoir serait bien inspiré d’écouter le retentissement nouveau de ce mot devenu canon qui se répand : superprofit. Il porte en lui les germes d’un nouveau mouvement populaire pour la justice et l’égalité. |
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| | | | | | | | | Travailler Au Futur N°10 | | | LA RETRAITE C’EST LA VIE ! Notre sondage TAF/IFOP exclusif : 55% des Français pour la retraite à 60 ans. L'analyse de Frédéric Dabi GROUPE IFOP - Les points de vue des confédérations syndicales, CFDT, CGT, Cfe-Cgc , Force Ouvrière. SANTÉ ET TRAVAIL SONT INTIMEMENT LIÉS. Véronique Daubas Letourneux, autrice de « Accidents du travail. Des morts et des blessés invisibles » - Le parcours d’Eddy, inapte définitif à 26 ans - Apprentissage. Prévenir les risques du métiers - Droit. Une nouvelle loi en trompe l’oeil - Sterdyniak Jean-Michel, secrétaire général du Syndicat national des professionnels de la santé au travail - Guingamp. L’Ehpad aux soignants heureux - Hamama Bourabaa et Jean Luc Maletras. Rendre le soin aux soignants - BTP. 200 morts par an. Par Frédéric Mau pour la CGT, construction, bois et ameublement. | | | |
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| | | En vous souhaitant un bel été, je vous adresse mes amicales salutations. Patrick Le Hyaric |
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| | | | | Pour m'écrire: L'Humanité - Patrick Le Hyaric 5, rue Pleyel - immeuble Calliope 93528 Saint-Denis cedex 01 49 22 72 18 |
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