En 2014, année du référendum pour l’Indépendance de l’Ecosse, le photographe Kieran Dodds, de Glasgow, cherche à travailler sur l’identité de son pays. Lui a la peau pâle, les cheveux roux… Il est le parfait cliché de l’Ecossais. En visitant la galerie Renaissance d’un musée d’Edimbourg, il remarque que ces traits sont omniprésents dans la peinture et qu’il y a peut-être là une histoire commune à raconter. Rapidement, ses recherches l’emmènent plus loin. C’est ce que j’ai trouvé intéressant dans son travail (outre les portraits, superbes) : à partir d’une réflexion sur une simple caractéristique physique, Kieran Dodds s’est plongé dans l’histoire de son pays, de ses vagues migratoires, de particularismes locaux. Le photographe a ainsi découvert que de nombreux roux vivaient près de la ville de Perm en Russie ou dans le village de pêcheurs de Treasure Beach, en Jamaïque. Une légende locale fait, là-bas, le lien avec le naufrage jadis d’un bateau écossais dont les marins seraient tombés amoureux… La réalité est moins romanesque. Ce sont les différentes vagues migratoires, notamment celles liées à l’esclavage, qui peuvent expliquer la présence de ce patrimoine génétique. Kieran Dodds dit que ce projet lui a permis de tisser des liens entre les gens. Il le résume ainsi dans son livre, « Gingers » : « Nous sommes tous faits de la même substance, et parfois ça se voit. » |
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