22h20 : arrivée dans le Bataclan Lorsque la BRI arrive au Bataclan, un terroriste a déjà été abattu par un policier. Les coups de feu ont cessé. À ce moment-là, il est 22h20. Christophe Molmy se souvient alors d’un silence "pesant". "Ils sont tous couchés, ils n’osent plus bouger, parce que, pendant un long moment, bien avant que la BAC nuit n’arrive, dès qu’ils bougeaient, qu’ils essayaient de s’enfuir ou que même leur téléphone sonnait, ils se faisaient tirer dessus depuis les balcons, donc ils n’osaient plus bouger", raconte-t-il. Après avoir sécurisé la fosse, deux colonnes, de 20 policiers chacune, montent au premier étage de la salle de concert. "La progression est ralentie, parce qu’à chaque fois qu’on passe à côté d’un placard électrique, on a des gens cachés dedans, on a vu des gens descendre des faux plafonds, dans les toilettes ils étaient massés à 4-5, donc il fallait à chaque fois les rassurer", se rappelle Christophe Molmy. 23h15 : arrivée au niveau des otages À 23h15, les deux colonnes arrivent devant la porte derrière laquelle se trouvent deux terroristes avec plusieurs otages. Christophe Molmy raconte : "D’abord, on fait face à une porte fermée et lorsque le premier de colonne va pour l’ouvrir, il entend hurler derrière." Très vite, les forces de l’ordre réalisent qu’il s’agit d’un otage qui hurle à la demande des terroristes pour stopper l'avancée. "Très rapidement, cet otage nous informe qu’ils sont une douzaine, une quinzaine à l’intérieur et que deux terroristes les menacent de kalachnikovs et de gilets explosifs. Mais ils ne revendiquent pas grand-chose, ils veulent juste qu’on s’en aille. Ça, c'est la première prise de contact", se remémore Christophe Molmy. 00h18 : l'assaut Après plusieurs tentatives de négociations, Christophe Molmy décide de donner l’assaut. Il est 00h18. "Quand je vois 00h18, ça me revient tout le temps", lance-t-il. Il décrit “un assaut éminemment compliqué” : "Quand la porte s’est ouverte, on s'est retrouvés avec les otages au milieu et les terroristes derrière." À ce moment, le premier terroriste vide deux chargeurs de son arme "dont un complet s’est retrouvé dans le bouclier", le fameux Ramsès, capable d'entièrement protéger quelqu'un, en hauteur et en largeur. "Fort heureusement, les otages ont eu la présence d’esprit de se coucher", se souvient Christophe Molmy. À chaque petite avancée, le bouclier dépasse un otage au sol, qui peut ainsi être tiré et mis en sécurité par la deuxième colonne, qui les prend en charge et les exfiltre. Les deux colonnes progressent de cette manière jusqu’à une loge contenant encore une quinzaine d’otages. Pensant les avoir tous exfiltrés, les membres de la colonne constatent la présence de deux autres otages à terre et d’un autre avec les terroristes. Sans son bouclier, un des policiers continue d’avancer jusqu'à se retrouver face à un des terroristes qui finit par "se faire sauter". Le deuxième terroriste sera neutralisé juste après par les forces de l’ordre. |
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire