| | | | | | | | | | Bonjour . Avec l'équipe de Brut, nous avons pu aller tourner dans une fête clandestine le week-end dernier. Je vous raconte l'histoire. | | | | | |
| | | | | | | | « Les gens qui organisent ces fêtes sont devenus beaucoup plus méfiants » On a vraiment galéré pour trouver cette fête, ça a mis du temps. On savait qu’il existait des fêtes, des gens nous avait prévenus, mais on n’était pas forcément intégrés dans les groupes qui les organisaient. Il fallait trouver la bonne personne, le bon groupe, le bon contact, c’est ça qui a été le plus long.
C’était d’autant plus difficile qu’au début du second confinement, plusieurs fêtes ont été organisées, mais elles ont été sévèrement réprimées par les forces de l’ordre. Donc les gens qui organisent ces fêtes sont devenus beaucoup plus précautionneux, plus méfiants. On a fini par en trouver un via une de nos connaissances était intégré d’un de ces groupes qui existent sur Facebook ou sur WhatsApp.
« C’était pas du tout des billets clandestins »
Quand on a reçu l’invitation pour le samedi qui suivait, on a reçu en même temps un lien vers un site Internet classique qui vend des places pour les soirées, et on a pu garnir notre panier comme pour n’importe quelle autre soirée, en payant avec notre carte de crédit.
On a réservé des places simples à 15 euros, et des places à 30 euros avec un t-shirt en plus. C’était pas du tout des billets clandestins. Et puis le samedi, on y est allé. Le samedi soir, en fin d’après-midi, on nous a communiqué l’adresse exacte par mail.
« On a traversé un long tunnel »
C’était dans la région parisienne, dans un tunnel sur une ancienne voie ferrée. On avait rendez-vous entre 19h30 et 21h30 à ce lieu, et il nous était demandé de venir dans la plus grande discrétion, tout seul ou par très petits groupes pour ne pas créer d’attroupement.
Des gens nous ont fait signe lorsqu’on est arrivés près du lieu : il y avait une imposante porte en métal, on est entrés et on a traversé un long tunnel pour arriver jusqu’à l’endroit où se trouvait la fête. C’était magnifique, il y avait des bougies par terre. On entendait la musique de loin, qui résonnait contre les murs du tunnel, et on a marché pour arriver jusqu’à la piste. | | | | | |
| | | | | | | « Il y avait des teufeurs, mais pas que » | | | | | |
| | | | | | | « Une sincère envie de faire la fête » On sentait que tout avait été installé très vite, en moins de deux heures. Il y avait une buvette avec des verres pas chers et des M&M’s à dispo. Il y avait des lumières, des enceintes, mais ça ne faisait pas free party non plus. On voyait que les gens qui étaient là n’étaient pas uniquement des habitués de ce genre de soirées.
Il y avait des gens qui portaient des masques, d’autres non. Il y avait des teufeurs habitués à ce genre de soirée, mais pas que. Plutôt des gens qui avaient une sincère envie de faire la fête. Qui n’en pouvaient plus d’être coincés chez eux, et qui avaient conscience qu’ils transgressaient là loi. Certains nous ont expliqué qu’ils avaient prévu de faire très attention dans la semaine suivant la fête, qu’ils n’allaient voir personne pendant plusieurs jours.
« La population était ultra hétéroclite » Ceux avec qui on a discuté et qu’on a filmés n’en pouvaient plus de vivre confinés, seuls, isolés. En fait, c’était beaucoup ça la revendication, celle de gens qui ont envie de voir du monde, de s’éclater, qui ont envie de décompenser, bref de faire la fête. Des gens qui n’en pouvaient plus d’être chez eux. La population était ultra hétéroclite. Il y avait des très jeunes, des gens d’une quarantaine d’années.
On a croisé un informaticien qui n’était pas un habitué des fêtes, mais qui est venu là parce qu’il avait besoin de se lâcher. Il m'a dit : « Je crois à la politique des masques. Je crois à une certaine politique de la distance. Je crois au Covid, je suis pas anti-masques. Mais je crois aussi que j’ai besoin de vivre un peu. » | | | | | |
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