"Rendre au travail sa noblesse ne se décrète pas. Il y faut des mesures concrètes de revalorisation salariale, de baisse des impôts de production, de taxation du profit plutôt que de la main-d’œuvre. Refaire de la France un pays où l’on produit, où le travail en usine n’est pas considéré comme indigne ou archaïque" explique Natacha Polony.Travailler et produire davantage. C’est à peu près tout ce qu’on retiendra des propos d’un Emmanuel Macron qui, une fois de plus, a rejoué devant les Français les interventions du général de Gaulle. Mais tout le monde n’affronte pas le putsch d’Alger durant son mandat. Et l’incapacité du président à simplement répondre à des questions de journalistes dans un cadre qu’il ne maîtrise pas totalement a quelque chose de consternant. Le résultat, en l’occurrence, est que ses ministres de l’Économie et du Budget ont joué les exégètes en assurant le lendemain matin que, non, bien sûr, il ne s’agissait pas d’allonger le temps de travail mais seulement de souhaiter que tout le monde ait accès à l’emploi. La belle affaire. On se doute que le président n’a pas convoqué 24 millions de Français devant leur téléviseur pour leur expliquer qu’il fallait lutter contre le chômage…
Il faut avouer que le terrain est miné. Et pour cause : toutes les réformes qui évoquaient ces dernières années le mot travail consistaient en un recul des droits des salariés. C’est d’autant plus dommageable que la crise du coronavirus et le tremblement de terre du confinement imposent une véritable réflexion sur le travail, quand les politiques se sont habitués à ne plus penser qu’en termes d’emploi et de taux de chômage.
LA "VALEUR TRAVAIL"
Ce qui nous a sauté aux yeux durant ces deux mois est avant tout l’inégalité criante face au travail. Inégalité de condition, inégalité de statut… On a glosé tant et tant sur ces « premiers de corvée » qui ont fait tourner le pays alors que le capitalisme consumériste ne leur accorde pas la moindre considération. Beaucoup leur a été promis durant cette période... Retrouvez la suite de cet article sur Marianne.net et dans notre dernier numéro "Les Profiteurs" disponible en kiosques demain et en version digitale dès maintenant ici.
|
|
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire