Lu dans le DL du 29.09.2019
ÉDITO
Frédéric AÏLI
Rouen : peur sur la ville
Et dans le reste de l’actualité ?
C’est la question qui conclut
chaque jour la plupart des conférences de rédaction des journaux, des radios, des télés…
Une fois que les gros sujets ont été
abordés, programmés, que reste-t-il à traiter ?
Dans le reste de l’actualité de cette fin de semaine, les autres
infos, même les plus graves, les plus douloureuses, se sont faites
petites. Toutes petites.
Emportées par la disparition de Jacques
Chirac.
Écrasées par l’hommage.
La PMA, Trump, le Brexit,
l’Algérie ont terminé en bas de page ou reléguées en fin de
journal.
Séquence émotion oblige.
Et pourtant, un autre sujet a fini par émerger.
Rouen.
L’inquiétude puis la colère se sont emparées de la ville après l’incendie,
jeudi, d’un site industriel classé Seveso “seuil haut”.
Le bruit puis
l’odeur.
Un panache de fumée de 22 km.
Pas de victime mais
des habitants se plaignent d’irritations de la gorge, portent des
masques, des agriculteurs s’interrogent et des galettes d’hydrocarbures flottent sur la Seine…
Sans qu’on prononce encore le
mot « catastrophe ».
Un puis deux, puis trois ministres sont
envoyés sur place.
Mais rien n’y fait.
Ça ne sent pas bon.
Ni dans
l’air ni dans l’opinion d’une population en mal d’informations.
La ministre Buzyn parle d’une ville « clairement polluée »
sans pouvoir affirmer qu’il n’y a pas de danger.
Sur place, les
doutes et le désarroi s’ajoutent à la colère.
De premières plaintes sont déposées.
Le spectre d’AZF ressurgit et avec lui, un
besoin de vérité, de transparence.
Analyses en main, le préfet a
confirmé hier « un état habituel de la qualité de l’air », rassuré
sur les suies mais a demandé aux agriculteurs de geler leurs
productions en attendant des garanties sanitaires.
En pleine séquence hommage à Jacques Chirac, le gouvernement va devoir reprendre la main.
Et vite.
Car il n’est pas du tout
certain que la polémique qui enfle à Rouen fasse « pschitt ».
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