JUSTICE
Après l'incendie de Rouen, des habitants vont porter plainte contre X
Plusieurs riverains de l'usine Lubrizol ont fait savoir par la voix de leur avocat qu'ils allaient lancer une action dans le but de déterminer "qui est responsable de ce qui s'est passé".

LUBRIZOL - Des vomissements, des hospitalisations, des traces d’hydrocarbures retrouvés à des kilomètres. Depuis l’incendie survenu sur le site classé Seveso de l’usine Lubrizol de Rouen, les conséquence de la spectaculaire catastrophe ne cessent de s’accumuler, sans pour autant que des réponses soient apportées aux habitants de l’agglomération rouennaise et des environs.
Résultat: plusieurs riverains ont décidé de s’organiser et de faire appel à l’avocat Jonas Haddad. Celui-ci a annoncé ce samedi 28 septembre au matin à BFMTV qu’il avait l’intention de porter plainte contre X, une procédure qui vise à déterminer “qui est le responsable de ce qui s’est passé”.
Expliquant que les quelque 500.000 habitants de la métropole rouennaise avaient été touchés par les conséquences de l’incendie, il assure que l’événement peut être juridiquement qualifié de “catastrophe”. Et d’ajouter: “Il y a forcément des responsables, qui doivent être interrogés et qui doivent être trouvés.”
“Mise en danger de la vie d’autrui”
En revanche, Jonas Haddad et son confrère Grégoire Leclerc assurent que leur action ne cherche aucunement à remettre en cause le travail des autorités locales et nationales. Selon le premier nommé, elles ont “fait leur travail, ont apporté les réponses nécessaires à la population”.
Dans ce même dossier, la radio Europe 1 précise, après avoir joint Grégoire Leclerc, que cinq particuliers et entreprises prévoiraient d’entreprendre une action contre X dénonçant “la mise en danger de la vie d’autrui”, des “blessures involontaires” et des “manquements à une obligation particulière de sécurité”. Elles émanent d’entreprise dont l’activité a été victime d’un impact négatif à la suite de la catastrophe, ainsi que d’individus qui ont souffert de conséquences médicales, a précisé l’avocat.
Par ailleurs, plusieurs personnalités politiques ont également fait part de leur indignation quant à l’évolution de la situation. Sur BFMTV, le député La France insoumise de Seine-Saint-Denis Éric Coquerel a par exemple demandé l’ouverture d’enquêtes parlementaire et administrative.
Rappelant les différents incidents survenus par le passé sur le site de Rouen ainsi que les mesures déjà prises par les autorités locales, l’élu a réclamé de savoir ce qui avait réellement été fait vis-à-vis d’un site situé en plein milieu d’une agglomération.
Éric Coquerel a notamment fustigé les déclarations contradictoires des autorités, le préfet ayant d’abord expliqué qu’il n’y avait “pas de toxicité aiguë” à la suite de l’incendie, avant qu’Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, évoque une pollution “claire”.
“Enquête élargie”
Dans le même registre, l’eurodéputé écologiste David Cormand a quant à lui demandé à ce qu’un protocole de suivi sanitaire soit mis en place. “Ce qui me rassurerait, c’est qu’on lance un protocole de suivi épidémiologique et sanitaire sur la population exposée à ces fumées et ces odeurs, qu’on vérifie ce qui se passe, qu’on puisse prévenir si des maladies se déclarent”, a-t-il notamment déclaré au micro d’Europe 1. Et de finir par dénoncer, lui aussi, la communication hâtive d’un préfet désireux de rassurer à tout prix la population, ainsi que le sentiment d’abandon de la population locale.
Ce samedi après-midi, le parquet de Rouen a indiqué que l’enquête judiciaire s’est élargie au chef de mise en danger d’autrui.
“Des plaintes ont été portées à la connaissance du parquet, dans le ressort du tribunal de grande instance de Rouen ou hors ressort, et lui sont adressées au fur et à mesure. Au vu de ces éléments, l’enquête est donc désormais diligentée également du chef de mise en danger d’autrui”, a déclaré le procureur de la République de Rouen Pascal Prache dans un communiqué.
Quelques heures après l’incendie de ce site industriel classé Seveso seuil haut produisant des additifs d’huile, une enquête avait été ouverte du chef “de destructions involontaires par l’effet d’une explosion ou d’un incendie”. Le parquet avait indiqué que la qualification était susceptible d’évoluer au gré des investigations.
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