
Chère lectrice, cher lecteur,
Le célèbre monument érigé en 1917 est régulièrement peinturluré au nom de revendications féministes, communistes ou encore LGBTQI +. Inlassablement, la ville de Genève nettoie et porte plainte.
Mais pourquoi tant de haine envers l’œuvre des architectes Alphonse Laverrière et Jean Taillens? Pour Sarah Scholl, chercheuse à la Faculté de théologie de l’Université de Genève, le mur des Réformateurs est un «grand quiproquo». A l’origine, il répond à une volonté, celle de fabriquer une «mémoire protestante progressiste».
«Le mur contient des références aux protestantismes hongrois, écossais ou encore allemand, pays qui ont financé une partie de sa construction, note Sarah Scholl. Au moment de son inauguration, ces alliés internationaux sont en guerre les uns contre les autres. Le projet manque sa cible.»
Le mur semble avoir été en perpétuel décalage avec son temps. «En 1917, le protestantisme officiel est sur le déclin et le mur est déjà incompréhensible.» Aujourd’hui, on n’a retenu que l’aspect esthétique, celui d’un «monument massif, intello et austère, symbole de la vieille Genève patricienne, patriarcale et liberticide». En somme, une cible idéale pour les protestataires de tout poil.
Bonne lecture!
– Sylvia Revello, journaliste, politique suisse, société, migration, histoire.
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