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mercredi 4 novembre 2015

Washington accuse Moscou d'aggraver "dangereusement" le conflit en Syrie

Washington accuse Moscou d'aggraver "dangereusement" le conflit en Syrie



AFP/AFP/Archives - Bachar al-Assad, le président syrien, le 19 décembre 2006
Les Etats-Unis ont estimé mercredi que l'intervention militaire russe en Syrie avait "dangereusement exacerbé" le conflit dans ce pays, et accusé Moscou de chercher à renforcer le régime de Bachar al-Assad plutôt que de viser les groupes jihadistes.
Sur le terrain en Syrie, les forces du régime ont brisé le siège imposé depuis deux semaines par le groupe jihadiste Etat islamique (EI) aux quartiers sous leur contrôle à Alep (nord), en rouvrant une route clé reliant ces secteurs au reste de la Syrie, selon la télévision officielle et une ONG.
Réitérant les critiques américaines contre la campagne aérienne lancée le 30 septembre par la Russie, alliée du régime Assad, la secrétaire d'Etat adjointe pour le Proche-Orient, Anne Patterson, a estimé que l'intervention russe avait "dangereusement exacerbé un environnement déjà complexe".
"Depuis le début des frappes russes, au moins 120.000 Syriens ont été déplacés, conséquence des offensives du régime appuyées par les frappes russes dans les villes de Hama, Alep et Idleb", a-t-elle déclaré devant la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants du Congrès.
Ces chiffres avaient été donnés la semaine dernière par l'ONU sans que l'organisation ne montre la Russie du doigt. Mais c'est la première fois que Washington les reprend à son compte et accuse directement Moscou.
D'après la secrétaire d'Etat adjointe pour l'Europe, Victoria Nuland, qui témoignait aux côtés de Mme Patterson, "depuis que les opérations russes de combat ont commencé en Syrie, la Grèce a enregistré son flux migratoire hebdomadaire le plus élevé pour 2015, avec environ 48.000 réfugiés et migrants passés de laTurquie à la Grèce".
- L'émissaire onusien à Moscou -
Elle a de nouveau accusé "les frappes russes d'avoir visé jusqu'à présent de manière prédominante des régions où l'EI n'est pas présent (et) d'avoir ciblé au contraire l'opposition syrienne modérée".
Parallèlement à leurs activités militaires en Syrie, les Etats-Unis et la Russie pilotent un processus diplomatique commencé fin octobre à Vienne pour tenter de dessiner les contours d'une transition politique en Syrie. Mais les divergences persistent sur le sort à réserver à M. Assad, Washington réclamant son départ, Moscou souhaitant qu'il reste en place pour l'instant.
Les Etats-Unis pilotent depuis plus d'un an une coalition de 65 pays qui bombarde des positions de l'EI en Syrie et en Irak, mais sans faire reculer de manière significative le puissant groupe ultraradical sunnite.
Washington a été pris de court par l'initiative militaire russe en Syrie et l'a aussitôt critiquée tout en relançant avec Moscou un processus diplomatique pour trouver un règlement politique après quatre ans et demi de guerre civile qui ont fait plus de 250.000 morts et des millions de réfugiés et déplacés.
En visite à Moscou, l'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a affirmé mercredi que l'ONU était prête à accueillir "dès que possible" des discussions entre le gouvernement syrien et son opposition pour mettre fin au conflit.
- Violences -
Quoiqu'il en soit, aucune solution n'est en vue alors que les combats continuent de faire rage.
Mercredi, l'armée a repris le contrôle total de la route Alep-Khanasser-Ithriya-Salamiyé "après avoir éliminé un grand nombre de terroristes" de l'EI, a indiqué la télévision syrienne en précisant que la route serait rouverte jeudi.
Selon la télévision, l'armée termine le déminage de la route, la seule possible pour ravitailler les quartiers gouvernementaux à Alep et y acheminer des renforts.
A l'est de Damas, 12 personnes ont été tuées dans des bombardements de la ville rebelle de Douma, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Et dans le nord-est syrien, un Canadien qui combattait l'EI a été tué dans une attaque menée par un kamikaze jihadiste lors de combats aux environs de Hassaké, selon l'OSDH et une coalition arabo-kurde.
Le conflit en Syrie a été déclenché en mars 2011 par la répression sanglante de manifestations antigouvernementales pacifiques qui ont dégénéré en guerre complexe.
Forces du régime, rebelles, Kurdes et jihadistes, sans compter les puissances étrangères, sont impliquées dans le conflit sur un territoire de plus en plus morcelé.

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