Où va le POI ?
Je sais que l'animateur du site <<Luttedeclasse.org>> dérange les certitudes militantes de beaucoup d'entre nous ,ce n'est pas une raison pour ne pas intégrer dans nos réflexions une part de ses analyses.
BV
Le 4 novembre 2015
CAUSERIE
Quelques réflexions politiques.
1- Le refus de caractériser le PS comme un parti bourgeois ou capitaliste conduit logiquement les opportunistes à refuser de caractériser l'Etat ou à n'en tirer aucune conclusion pratique.
Les uns s'emploient à ignorer l'Etat qu'ils évoquent entre la poire et le fromage, tandis que les autres en revendiquent la défense sous prétexte que son existence serait menacée par l'UE pour justifier la défense de la République démocratique bourgeoise, histoire finalement de détourner l'attention des militants et les travailleurs de la question de l'Etat ou des institutions (pour mieux les subordonner au régime en fait). Nous sommes à quelques semaines d'élections s'inscrivant dans le cadre des institutions bonapartistes et antidémocratiques de la Ve République, et chacun pourra constater que pas un seul parti n'en profitera pour aborder cette question, de là à penser que ce serait intentionnel, il n'y a qu'un pas que nous franchissons en l'affirmant.
Cette question que nos braves dirigeants n'ont jamais voulu aborder sérieusement et résoudre devait les rattraper un jour au l'autre, et devenir à nouveau explosive dès lors que le PS se retrouvait à gérer l'Etat pour le compte de la classe dominante. Elle constitue en toile de fond un des aspects de la crise du POI à travers les rapports que ses dirigeants ont tissés de longue date avec les appareils de FO et de la FSU, sachant que le PS était fortement impliqué dans ces syndicats.
2- Pour définir les classes, la science moderne bourgeoise procède selon la vieille méthode métaphysique : elle prend un instantané de la société à un moment donné, et analyse ensuite ce modèle ou tableau pour cataloguer les divers groupes d’individus qui forment la collectivité. Puis les statisticiens, sociologues et démographes — gens à courte vue s’il en est — y effectuent mille divisions, faisant observer qu’il n’y a pas deux, trois ou quatre classes, mais qu’on peut en déceler dix, vingt, voire cent, séparées entre elles par des gradations successives et des zones intermédiaires indéfinissables. (Roger Dangeville - Friedrich Engels, Karl Marx : Le parti de classe)
C'est cet "instantané de la société à un moment donné" ou réduit à une période donnée, qui tenait lieu de support aux analyses qu'on a pu lire dans les milliers d'articles que nous avons mis en ligne ces dernières années, cette abstraction ou sélection qui n'avait rien de naturelle se substituait à la prise en compte du développement historique des forces productives particulièrement depuis l'avènement du capitalisme et son évolution jusqu'à nos jours qui est à l'origine du socialisme, ce qui permettait à leurs auteurs de commettre des analyses qui devaient infaillement aboutir à une impasse politique ou à se soumettre au capitalisme pour s'être délibérément détourner du socialisme... Eux aussi versent dans l'idéologie, tout comme ce qu'ils appellent la gauche de la gauche.
Défense du socialisme.
- Quelques mots sur l'histoire de la Ligue des communistes - F. Engels - 1885
Extraits. Non seulement Marx avait abouti à la même idée, mais, dès 1844, il l'avait généralisée dans des Deutsch-Franszösische Jahrbücher ((Annales franco-allemandes - ndlr) et exposé qu'en somme ce n'est pas l'Etat qui conditionne et règle la société bourgeoise, mais la société bourgeoise qui conditionne et règle l'Etat, qu'il faut donc expliquer la politique et l'histoire par les conditions économiques et leur évolution, et non inversement. (8 ans plus tard Engels précisera dans une lettre adressée à F. Mehring " nous nous sommes d'abord attachés à déduire les représentations idéologiques — politiques, juridiques et autres — ainsi que les actions conditionnées par elles, des faits économiques qui sont à leur base, et nous avons eu raison. Mais en considérant le contenu, nous avons négligé la forme : la manière dont se constituent ces représentations, etc. C'est ce qui a fourni à nos adversaires l'occasion rêvée de se permettre des interprétations fausses et des altérations...", faille dans laquelle s'engouffreront à chaque époque les opportunistes de tous bords, des éconoimistes aux lambertistes en passant par les mencheviks et les autogestionnaires. - LVOG) Lorsqu'en été 1844 j'allai voir Marx à Paris, nous constatâmes notre complet accord dans toutes les questions théoriques ; et c'est de cette époque que date notre collaboration. Quand nous nous retrouvâmes à Bruxelles au printemps 1845, Marx avait déjà, sur les principes ci-dessus, complètement construit sa théorie matérialiste de l'histoire, et nous nous mîmes à développer par le détail et dans les directions les plus diverses notre nouvelle conception. (...)
Mais notre intention n'était nullement de chuchoter, au moyen de gros volumes, ces nouveaux résultats scientifiques aux oreilles du monde savant. (...) Nous avions l'obligation de donner à notre conception une base scientifique. Mais il ne nous importait pas moins de gagner à notre conviction le prolétariat européen, à commencer par celui d'Allemagne. (...) (Conviction que ne partageront pas nos dirigeants, hélas ! Pourquoi ? Je vous laisse deviner, et si vous n'avez pas trouvé une réponse satisfaisante à cette question, écrivez-moi, j'en ai une à vous proposer. - LVOG)
Un jeune étudiant westphalien, Hermann Kriege, partit en Amérique, s'y présenta comme émissaire de la Ligue, s'associa avec ce fou de Harro Harring, pour révolutionner, grâce à la Ligue, l'Amérique du Sud. Il avait même fondé un journal où il prêchait, au nom de la Ligue, un communisme fondé sur l'amour, débordant d'amour, farci de rêverie amoureuse. Nous répliquâmes par une circulaire qui ne manqua pas son effet : Kriege disparut de la scène de la Ligue.
Plus tard, Weitling vint à Bruxelles. Mais ce n'était plus le jeune et naïf ouvrier tailleur qui, stupéfait de ses talents personnels, cherchait à se rendre compte de ce que pouvait bien être une société communiste. C'était le grand homme persécuté, à cause de sa supériorité, par des envieux, et flairant partout des rivaux, des ennemis secrets, des pièges ; le prophète traqué de pays en pays, qui avait en poche une recette toute prête pour réaliser le ciel sur la terre, et s'imaginait que tout un chacun ne songeait qu'à lui voler sa panacée. A Londres, il s'était déjà brouillé avec les gens de la Ligue ; et à Bruxelles, où Marx et sa femme lui témoignèrent, plus que d'autres, une patience surhumaine, il ne pouvait s'entendre avec personne. Aussi ne tarda-t-il pas à se rendre en Amérique pour essayer d'y jouer au prophète.
Toutes ces circonstances contribuèrent à l'évolution qui, sans bruit, s'accomplissait au sein de la Ligue et notamment parmi les dirigeants de Londres. Ils se rendaient de plus en plus compte que l'ancienne conception du communisme, tant du simple communisme égalitaire des Français que du communisme préconisé par Weitling, était insuffisante. Weitling avait essayé de ramener le communisme au christianisme primitif ; mais, en dépit de certaines particularités géniales qui se rencontrent dans son Evangile des pauvres pécheurs, sa tentative n'avait abouti en Suisse qu'à remettre le mouvement en majeure partie entre les mains de fous tels qu'Albrecht, et puis de faux prophètes tels que Kuhlmann. Le "vrai socialisme", que diffusaient quelques gens de lettres, transcription de formules socialistes françaises en un mauvais allemand hégélien et une sentimentale rêverie amoureuse (voir, dans le Manifeste communiste, le chapitre sur le socialisme allemand ou le "vrai"socialisme), socialisme que Kriege et la lecture des ouvrages appropriés avaient introduit dans la Ligue, ne pouvait manquer, à cause de sa veulerie et de sa déliquescence, de soulever le coeur des vieux révolutionnaires de la Ligue. Constatant que les anciennes idées théoriques ne tenaient plus debout, constatant en outre qu'elles conduisaient dans la pratique à de véritables aberrations, on comprenait tous les jours davantage à Londres qu'avec notre nouvelle théorie nous étions, Marx et moi, dans le vrai. Ce qui contribua, sans aucun doute, à faire rapidement prendre corps à cette idée, c'est la présence, parmi les dirigeants de Londres, de deux hommes infiniment plus capables que tous ceux que nous avons cités jusqu'ici d'acquérir des notions théoriques ; c'étaient le peintre miniaturiste Karl Pfaender, de Heilbronn, et le tailleur Georg Eccarius, de la Thuringe.
Bref, au printemps 1847, Moll s'en fut trouver Marx à Bruxelles et vint ensuite me voir à Paris, pour nous inviter, au nom de ses compagnons et à plusieurs reprises, à entrer dans la Ligue. Ils étaient, nous disait-il, convaincus de l'exactitude absolue de notre conception autant que de la nécessité de soustraire la Ligue aux anciennes formes et traditions de conspiration. Si nous voulions adhérer, on nous donnerait l'occasion, dans un congrès de la Ligue, de développer notre communisme critique dans un manifeste, qui serait ensuite publié comme manifeste de la Ligue ; et nous pourrions également intervenir afin de remplacer l'organisation surannée de la Ligue par une organisation nouvelle, telle que la réclamaient l'époque et le but poursuivi. (Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans la tête de nombreux militants, on dirait que 168 ans plus tard, il y en a qui voudraient qu'on fasse exactement le chemin inverse, non ? - LVOG)
Qu'il fallût, dans la classe ouvrière allemande, une organisation, ne fût-ce que pour la propagande, et que cette organisation, dans la mesure où elle n'était pas uniquement locale, ne pût être, même hors de l'Allemagne, qu'une organisation secrète, nous n'en doutions pas. Or, la Ligue constituait précisément une organisation de ce genre. Ce que nous avions jusqu'alors critiqué dans la Ligue, les représentants de la Ligue en reconnaissaient actuellement le côté défectueux et le sacrifiaient. Et l'on nous invitait nous-mêmes à collaborer à la réorganisation. Pouvions-nous refuser ? Evidemment non. Nous entrâmes donc dans la Ligue. A Bruxelles, Marx constituait une commune (section - LVOG) de la Ligue avec nos meilleurs amis, tandis que je rendais visite aux trois communes de Paris.
En été 1847, le premier congrès de la Ligue se réunit à Londres. W. Wolff y représentait les communes de Bruxelles et moi celles de Paris. On y mena d'abord à bonne fin la réorganisation de la Ligue. Toutes les anciennes appellations mystiques datant du temps des conspirations furent supprimées, et la Ligue s'organisa en communes, cercles, cercles directeurs, comité central et congrès, et prit dès lors le nom de "Ligue des communistes".
"Le but de la Ligue, c'est le renversement de la bourgeoisie, le règne du prolétariat, la suppression de la vieille société bourgeoise fondée sur les antagonismes de classes et la fondation d'une nouvelle société sans classes et sans propriété privée." (Voilà ce qui devrait figurer dans le préambule du programme d'un parti ouvrier révolutionnaire et qui devrait être soumis aux travailleurs qui décideraient de le rejoindre. - LVOG)
Tel est le premier article. L'organisation elle-même était absolument démocratique, avec des dirigeants élus et toujours révocables ; ce seul fait barrait le chemin à toutes les velléités de conspiration qui exigent une dictature, et transformait la Ligue, du moins pour les temps de paix ordinaires, en une simple société de propagande. Ces nouveaux Statuts -- tel était maintenant le procédé démocratique -- furent soumis aux sections pour discussion, puis débattus à nouveau au deuxième congrès qui les adopta définitivement le 8 décembre 1847. On les trouve dans l'ouvrage de Wermuth et Stieber, vol. I, p. 239, annexe X. (Dont s'inspirèrent Lénine et le parti bolchevik. Rien à voir avec le centralisme bureaucratique des organisations trotskystes sclérosées. - LVOG)
Le deuxième congrès se tint fin novembre et début décembre de la même année. Marx y assista et, dans des débats assez longs, -- la durée du congrès fut de dix jours au moins, -- défendit la nouvelle théorie. Toutes les contradictions et tous les points litigieux furent tirés au clair (Chez les trotskystes ils furent voués à demeurer dans l'obscurité. Entre eux et les marxistes, le jour et la nuit, quoi. Vous comprenez pourquoi on s'acharne ainsi sur eux. - LVOG) ; les principes nouveaux furent adoptés à l'unanimité et l'on nous chargea, Marx et moi, de rédiger le manifeste. Nous le fîmes sans retard aucun. Quelques semaines avant la révolution de février, nous expédiâmes le Manifeste à Londres, aux fins d'impression. Il a fait, depuis lors, le tour du monde ; on l'a traduit dans presque toutes les langues, et il sert aujourd'hui encore, dans les pays les plus divers, de guide au mouvement prolétarien. L'ancienne devise de la Ligue : "Tous les hommes sont frères", avait été remplacée par le nouveau cri de guerre : "Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !" qui proclamait ouvertement le caractère international de la lutte. Dix-sept ans plus tard, ce cri de guerre remplissait le monde, comme cri de guerre de l'Association internationale des travailleurs, et aujourd'hui le prolétariat militant de tous les pays l'a inscrit sur son drapeau. Fin de l'extrait
Un avant-goût de la Commune de Paris qu'ils inspireront largement. 6 ans plus tôt, l'Association internationale des travailleurs avait adopté en grande partie le programme de la Ligue des communistes rédigé par Marx et Engels : le Manifeste du parti communiste.
C'est marrant, on dirait que ceux qui prétendent s'inspirer de l'Association internationale des travailleurs auraient totalement déformé sa forme et son contenu, non ?
Un cadavre qui n'a rien d'exquis et qui bouge encore.
- La gauche israélienne sort enfin son racisme du placard - Jonathan Cook - michelcollon.info - 30 octobre 2015
Un scoop, une découverte, la gauche officielle quel que soit le pays est aussi réactionnaire que la droite, voire davantage encore au regard du camouflage idéologoique ou démagogique dont elle s'est servie pour couvrir ses forfaits ou ses crimes, c'est nous qui le rajoutons.
Pendant plus d'un demi-siècle des intellectuels et les organisations dites d'extrême gauche l'ont soutenue parce qu'elle servait leurs propres intérêts sans trop se soucier du reste ou des dégâts qu'elle produisait au sein du mouvement ouvrier ou du prolétariat, conséquences désastreuses qui ne seraient révélées que plus tard, bien plus tard quand plus personne ne s'en souviendrait ou n'y ferait référence, de préférence hypocritement, et pour cause pour en avoir profité pour les uns, pour en avoir été les alliés objectifs ou les complices pour les autres ou les deux à la fois.
Ceux qui se destinaient à interpréter l'histoire sur le plan idéologique pouvaient toujours espérer s'en sortir en servant les intérêts de ceux à qui cela profitait puisque le peuple demeurait ignorant et ses représentants étaient corrompus. Quant à ceux qui étaient censés exprimer consciemment le processus (inconscient) historique à l'oeuvre à l'aide du matérialisme historique, et qui devaient finalement décider de s'en servir pour tricher avec la réalité ou verser dans la démagogie afin de servir leurs propres intérêts et ceux du régime, ils finiront toujours par faire les frais de leur imposture qui demeurera à jamais une tâche indélébile sur leur propre histoire ou celle de leur courant politique, car il se trouvera toujours quelqu'un au tournant de l'évolution de la situation pour rappeler son passé inavouable, lorsqu'il n'est pas incrusté inconsciemment dans tous les cerveaux au point d'inspirer la méfiance ou le doute sur leurs réelles intentions et ainsi interdire toute adhésion des masses à leur parti qui sera voué à végéter et à se décomposer.
Si je ne me suis jamais servi des interviews qu'avaient donnés d'ex-dirigeants lambertistes à Karim Landais, c'était parce que j'avais trouvé cela improductif ou pouvant prêter à confusion du fait qu'ils avaient tous été complices de l'imposteur Lambert, je m'étais fait la réflexion qu'il arriverait bien un jour où le terrain miné sur lequel s'était construit ce courant politique finirait par se retourner contre eux et les engloutirait, il était donc inutile d'essayer de forcer le destin, il fallait juste attendre patiemment que la situation se décante ou que la crise du capitalisme fasse son oeuvre.
Il arrive que des partis politiques qui ont eu une longue histoire viennent à disparaître ou finissent par être totalement marginalisés, les exemples ne manquent pas dans de très nombreux pays. Cela est survenu en 2 ou 3 ans, pratiquement d'un seul coup, en apparence seulement, car en réalité ils traînaient derrière eux comme un boulet les multiples contradictions, mensonges et trahisons qu'ils avaient accumulés et qu'ils pouvaient de plus en plus difficilement assumer sauf à en rajouter toujours une nouvelle couche qui allait rendre le poids de leur imposture toujours plus dure à supporter ou camoufler au point de révéler leur véritable nature au grand jour qui devait les rendre infréquentables et précipiter leur perte. On aurait pu reprendre la formule habituelle qui consiste à dire qu'ils ont dû monter au créneau pour défendre le régime et s'y sont brûlés les ailes, mais elle est trop réductrice, pas suffisamment précise.
Il y en a qui se figurent que le passé serait le passé et qu'il n'aurait laissé aucune empreinte dans le cerveau des hommes, c'est bien mal connaître les mécanismes psychologiques à partir desquels ils forgent leur personnalité et leurs convictions en grande partie inconsciemment, ce qui ne signifie nullement qu'ils ne seraient pas en mesure d'en prendre conscience un jour ou que le matériel qui consitituaient leur passé ou leurs expériences passées leur demeureraient éternellement inaccessibles et heureusement qu'il n'en est pas ainsi, sinon il n'y aurait rien à en attendre et le sort de l'humanité serait joué d'avance et bel et bien perdu.
Il arrive aussi que des partis en viennent à s'autodétruire dans l'indifférence quasi générale, comme si les peuples estimaient que c'était dans l'ordre des choses qu'ils disparaissent, parce qu'ils n'y tenaient pas vraiment ou n'en attendaient plus rien depuis belle lurrette. Et qu'il y ait des militants qui y demeurent attachés malgré tout, par sentimentalisme ou nostalgie d'un passé définitivement révolu, relève du suicide politique.
sources :http://www.luttedeclasse.org/
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