| Longtemps, la perspective d'une Allemagne réunifiée est restée chimérique. Jusqu'à ce 3 octobre 1990, lorsque, par un prodige de volonté populaire et politique, elle est devenue réalité. Moins de onze mois après la chute du mur de Berlin, la RDA et la RFA, emportées par le souffle de l'histoire, disparaissaient pour donner naissance à une seule et même nation. D'après des experts financiers, la réunification aura coûté près de 2 000 milliards d'euros. Vingt-cinq ans plus tard, dans une Europe malmenée par des vents contraires, l'Allemagne apparaît comme un roc inébranlable. Dirigée par la chancelière Angela Merkel et le président Joachim Gauck, deux Ossis (habitants de l'ancienne Allemagne de l'Est), elle tient la barre du navire européen et incarne sa puissance économique, souligne Voice of America. Son image, au fil des années, a changé : sur le plan intérieur, les différences entre Est et Ouest tendent à s'estomper – surtout chez les moins de trente ans, note la Deutsche Welle – ; au niveau international, elle assume davantage un rôle de premier plan, comme l'ont prouvé la crise grecque et latragédie des migrants qui, par vagues successives, viennent quérir outre-Rhin l'espoir d'une nouvelle vie (Quartz). Samedi, à Francfort, Angela Merkel a d'ailleurs répété que la solution à ce drame humain ne pouvait être que commune ; une manière de rappeler les autres Etats de l'UE à leurs responsabilités, rapporte laBBC. Dans un long discours, Joachim Gauck a fait de même, précisant toutefois que "si le cœur [des Allemands] était grand, leurs possibilités n'étaient pas infinies". Et d'expliquer que le pays fait face à une "tâche herculéenne" qui pèsera sur plusieurs générations. Pour Die Welt, comme pour la FAZ, l'Allemagne a toutes les raisons d'être fière d'elle-même car, en dépit de sa réussite, acquise au prix de douloureux efforts, elle n'a pas cédé aux sirènes de l'arrogance. |
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