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L'inflation a grimpé en août au sein de la zone euro, avec 3,3% sur un an (contre 2,9% en juillet), soit son niveau le plus élevé depuis trois ans, selon une première estimation de l'office européen de statistiques. Cette augmentation s'explique par la nouvelle embardée des prix du pétrole observée cet été, depuis la reprise des hostilités entre les Etats-Unis et l’Iran début juillet.
Dans le détail, selon Eurostat, la hausse des prix de l’énergie dans la zone euro a accéléré à 14,3% en août, contre 10,3% le mois précédent. Les prix des biens industriels ont participé beaucoup plus modestement au mouvement, ressortant en hausse de 1,2%, contre 0,9% en juillet.
A l’inverse, les prix des services ont décéléré à 3% (-0,3 point), tandis que ceux de l’alimentation se sont maintenus à +1,2%. En mai , l’inflation dans la zone euro avait atteint un pic à 3,2% dans le sillage du conflit au Moyen-Orient, avant de redescendre sous la barre de 3% grâce à un apaisement temporaire des prix du pétrole.
Selon les économistes, la remontée de l’inflation ne fait qu’accroître les attentes d’un durcissement de la politique monétaire conduite par la Banque centrale européenne. Celle-ci, qui avait procédé en juin à sa première hausse de taux depuis 2023, portant son taux de référence à 2,25%, envisage de récidiver lors de sa prochaine réunion de politique monétaire programmée la semaine prochaine.
Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, s’est exprimé sur les arrivées migratoires sur le territoire espagnol de Ceuta à la fin du mois juillet.
D’après Pedro Sanchez, environ 5 000 exilés restent présents à Ceuta un mois après. Parmi eux figurent 1 200 mineurs non accompagnés. Les autorités locales, elles, évoquent jusqu’à 10 000 personnes migrantes encore sur place.
A ce stade de l’enquête, les renseignements espagnols écartent une responsabilité directe des autorités marocaines dans ces arrivées de dizaines de milliers d’exilés. Les conclusions du renseignement espagnol écartent pour l’instant toute planification de ces départs vers Ceuta par le Makhzen, l’appareil du pouvoir marocain.
D’après des analystes cités par l’AFP, la crise migratoire a pu servir de message envoyé par Rabat à Madrid sur l’épineux sujet du Sahara occidental, à la suite d’une visite de Pedro Sanchez en Algérie en juillet. En 2022, Madrid avait soutenu le plan d’autonomie défendu par Rabat pour le territoire, rompant avec une position de neutralité sur le sujet.
Le renseignement espagnol, au contraire, ne confirme pas de lien entre la visite de Pedro Sanchez en Algérie et les arrivées massives recensées les 30 et 31 juillet. Le Maroc, néanmoins, a peut-être utilisé la crise pour ses velléités de souveraineté sur Ceuta et Melilla. En une poignée de jours, Rabat a en effet revendiqué trois fois l’identité marocaine de Ceuta.
Sans parler d’implication directe de Rabat, les services de renseignement constatent néanmoins une certaine passivité des forces de l’ordre marocaines les 30 et 31 juillet.
Dans la lignée des événements des 30 et 31 juillet, Pedro Sachez a notamment pointé “une internationale d’ultradroite”. Cette “internationale”, selon les mots du chef du gouvernement, “utilise toujours la migration non seulement pour attaquer l’Espagne, mais aussi pour attaquer l’Europe et la diviser”. Exception dans l’Union européenne, son gouvernement a lancé au printemps un vaste programme de régularisation de personnes sans-papiers.
Le Premier ministre socialiste voit aussi, derrière des actes de désinformation russes ou israéliens, une réaction aux “positions politiques que nous avons face au génocide à Gaza ou à l’invasion de Poutine en Ukraine”.
Environ 11,6 millions d'élèves et 850 000 professeurs ont repris le chemin de l'école et vont progressivement découvrir les nouveautés de l'année scolaire 2026-2027.
Après le vote fin juillet par le Parlement de la loi visant à protéger les mineurs face aux réseaux sociaux, l’interdiction du téléphone portable au lycée doit entrer en vigueur à la rentrée. Emmanuel Macron a “pris la décision de promulguer la loi” qui contient cette disposition, malgré la censure par le Conseil constitutionnel de son volet principal sur l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans.
Expérimentée depuis 2024, la classe “prépa-seconde”, destinée à des élèves de troisièmes volontaires, est désormais inscrite dans le Code de l'éducation. Ce sas d’un an entre le collège et le lycée accompagne des élèves admis en seconde, mais qui ont besoin de consolider des acquis, notamment lorsqu'ils n'ont pas obtenu leur brevet des collèges.
A partir de septembre, des cours d’éducation financière seront généralisés en classe de 4e avec le passeport d'Education économique, budgétaire et financière (Educfi), en collaboration avec la Banque de France. Les collégiens devront suivre des séquences de formation suivies d'un test, sur des sujets comme la gestion d'un compte courant ou les principaux moyens de paiement.
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Afin de “créer une émulation” et de “valoriser différentes formes d'excellence”, le ministre de l’Education nationale, Edouard Geffray, a annoncé en avril la création d’un concours général des collèges. Chaque établissement pourra inscrire jusqu'à 10% de ses élèves dans l'une de ces cinq disciplines : français, mathématiques, histoire-géographie, arts ou numérique-codage. Les inscriptions ouvriront à l'automne pour des épreuves en janvier.
Des questions sur les violences sexistes et sexuelles seront ajoutées au questionnaire annuel sur le harcèlement scolaire, distribué chaque année aux élèves. “Ce questionnaire sera anonyme au départ, mais les élèves auront la possibilité de laisser leurs noms s'ils souhaitent rencontrer un adulte de confiance”, a précisé Edouard Geffray.
Les élèves, du CM1 à la terminale, devront participer à une cérémonie commémorative annuelle d’hommage à tous les “Morts pour la France” autour du 11-Novembre, dans l'enceinte de l'établissement.
En 2027, les épreuves du brevet et du bac, écrites comme orales, auront lieu le matin. Des exceptions concerneront quelques épreuves du bac professionnel, celles qui se conçoivent sur une journée entière. Pour ces élèves, “on adaptera le bâti, on climatisera”, a promis le ministre.
Autre nouveauté pour les examens 2027 du bac et du brevet : des “éléments de correction” relatifs à l'orthographe et la grammaire seront rendus publics le 10 septembre, après un travail mené par les inspections générales. Les professeurs correcteurs auront un “barème précis” sur le niveau de langue attendu, avec un “nombre de points” qui pourront être déduits de la note finale d'une copie.
Sur le langage, le ministre suggère de bannir les “textes à trous”, au profit de la rédaction de phrases complètes, qui améliorent la mémorisation et permettent à l'élève de développer une pensée complexe. Sur le raisonnement scientifique, Edouard Geffray rappelle que “les résultats des filles accusent un écart négatif par rapport à ceux des garçons” et exhorte les enseignants à ne pas “accepter une telle inégalité”.
En élémentaire comme dans le secondaire, de nouveaux programmes entrent en vigueur. A la fin de la maternelle, les élèves devront par exemple maîtriser 2 500 mots. En CM1, l'EPS, l'histoire-géographie, les langues vivantes étrangères et régionales ainsi que les sciences sont repensées, d'après la plateforme ministérielle Eduscol. En CM2, les changements à venir concernent le français et les mathématiques, et c'est aussi le cas pour les élèves de 5e. L'enseignement moral et civique fait sa mue au CE2, en 6e, en 3e et en terminale.
Par ailleurs, un élève de primaire, collège ou lycée dont un parent “compromet gravement le fonctionnement normal” de l'établissement pourra désormais être contraint d’en changer.
À partir du 1er septembre, la durée d'un premier arrêt de travail ne pourra pas excéder un mois. Chaque prolongation sera limitée à deux mois, sauf exceptions. Cette mesure, votée dans le cadre du budget de la Sécurité sociale, est censée permettre de réduire les dépenses de l'Assurance maladie. En 2025, le coût total des arrêts de travail - accidents et maladies chroniques compris - avoisine 18 milliards d'euros. Quant au nombre d'arrêts maladie, il a augmenté de 4% en un an.
Jusqu'à présent, la loi ne fixait pas de durée maximale. Ces plafonds entrent en vigueur au 1er septembre et s'appliquent aux différents professionnels de santé amenés à prescrire des arrêts de travail (médecins, sages-femmes, chirurgiens-dentistes). Les assurés restent par ailleurs soumis à un plafond de 360 jours d'indemnités journalières sur trois ans.
Le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) a annoncé réduire de moitié son assistance en Cisjordanie occupée. “Nous sommes à court de fonds”, a expliqué aux journalistes à Genève Shaun Hughes, représentant de l’organisation en territoire palestinien
“A partir d’aujourd’hui, quelque 200 000 personnes n’auront plus accès à une aide vitale”, a-t-il expliqué. “Les besoins alimentaires en Cisjordanie ont plus que doublé par rapport à il y a deux ans”, a-t-il développé. L’organisation estime que 900 000 personnes sont en situation d’insécurité alimentaire en Cisjordanie, soit plus d’un quart de la population.
“La recrudescence des violences commises par les colons israéliens et les déplacements de population perturbent les moyens de subsistance, aggravent la faim et plongent les familles toujours plus profondément dans la crise”, détaille l’organisation dans un communiqué.
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Le 26 septembre 2022, les journaux télévisés s'affolent. Une fuite de gaz impressionnante trouble ostensiblement les eaux froides de la mer baltique, au large de l'île de Bornholm, située au nord du Danemark. Rapidement la nouvelle circule : 3 des 4 tuyaux des gazoducs Nord Stream 1 et 2 sont hors de service. Immédiatement, l'Ukraine et ses alliés accusent un sabotage russe, relayés par de nombreux médias occidentaux. Une version qui n'a pas convaincu grand monde : quel motif raisonnable aurait poussé la Russie à détruire délibérément la principale artère économique rendant l'Allemagne et l'Europe dépendante de ses livraisons de gaz ? Dans la foulée, Le New York Times lui-même révélait que les autorités russes procédaient à des estimations pour connaitre le coûts des réparations.
Le parquet fédéral allemand se vante, preuves à l'appui, d'avoir identifié les coupables. L'explosion est attribuée à quatre engins pesant au moins 14 kilogrammes chacun, transportés à bord de l'Andromeda, un voilier de plaisance loué par un commando ukrainien ultra-spécialisé. Les explosifs auraient été placés par lesdits plongeurs à des profondeurs d'environ 70 à 80 mètres, selon le communiqué du procureur fédéral. 3 des 6 membres de cette équipe aguerrie auraient été reconnus. L'un d'entre eux, tout récemment en Croatie, alors qu'il participait comme conseiller à la production d'un film… sur le sabotage du gazoduc ! Volodymyr Zelensky a répété dans la foulée que le gouvernement ukrainien n'avait rien à voir avec le sabotage. Pour une fois la Russie était d'accord : Nikolaï Patrouchev, conseiller du président russe, a spécifiquement pointé du doigt le Special Boat Service (SBS), une unité d'élite britannique, dotée des plongeurs de combat capables de mener des opérations secrètes sous-marines complexes à partir de bateaux de surface ou de sous-marins. Patroutchev affirmait que l'Ukraine ne disposait tout simplement pas de l'expertise nécessaire pour mener une opération aussi complexe.
Si on ne peut exclure à ce stade une intervention ukrainienne, force est de constater qu'il reste beaucoup, voire trop de zones d'ombres. En parallèle de l'enquête allemande, Nord Stream AG, l'entreprise ayant construit le gazoduc, a poursuivi ses assureurs devant le Tribunal de Commerce de Londres après que ceux-ci ont refusé de prendre en charge les dommages. L'analyse des experts londoniens est bien plus précise et étayée par des données médico-légales ; elle met en évidence un certain nombre de divergences problématiques avec l'Allemagne.
Le premier événement sismique a été enregistré à 2 h 03 du matin, le 26 septembre 2022. Il correspondait à des dommages survenus au sud-est de Bornholm, dans la zone économique exclusive (ZEE) du Danemark. La ligne A de Nord Stream 2 s'est rompue, tandis que la ligne B a subi des dommages externes sans présenter de fuite. Dix-sept heures plus tard, à 19 h 03, un deuxième événement s'est produit au nord-est de Bornholm, 75 km plus loin. Il a provoqué la rupture des deux tuyaux de Nord Stream 1 à des emplacements situés à la fois dans les ZEE suédoise et danoise.
Les tuyaux de plus d'un mètre de diamètre sont en acier lourd, protégés, qui plus est, par une couche de béton armé. Les experts se sont mis d'accord sur l'utilisation de charges directionnelles, logées dans des conteneurs scellés spécialement conçus pour une utilisation en profondeur, et que les explosifs étaient à base de RDX. Les engins devaient être préparés en toute sécurité, mis à l'eau et acheminés vers différentes sections de pipeline, où les plongeurs devaient localiser dans l'obscurité, à une profondeur d'environ 80 mètres, les points de fixation prévus : des joints soudés. Ils devaient ensuite fixer les charges pour que la force explosive soit correctement dirigée contre l'acier. Les experts en explosifs ont convenu que deux options étaient envisageables pour l'amorçage des bombes : l'utilisation de minuteries numériques ou d'un système de déclenchement acoustique à distance
À une profondeur de 70 à 80 mètres, la consommation de gaz respiratoire et la décompression limitent fortement le temps pendant lequel un plongeur peut travailler au fond. Le froid accroît les exigences en matière de protection thermique, tandis que les courants, les conditions météorologiques et les mouvements d'un voilier compliquent encore davantage la mise à l'eau et la récupération des plongeurs, qui devraient probablement refaire surface à proximité d'un point prédéterminé.
Les experts londoniens ont convenu que des recycleurs en circuit fermé utilisant un mélange gazeux à base d'hélium approprié auraient permis des plongées à ces profondeurs, qu'une équipe de plongée de quatre personnes était envisageable et que des répétitions approfondies auraient été nécessaires. Les experts en opérations et équipements sous-marins, Haynes, Jones et Reynolds, ont également convenu que les charges avaient été fixées à l'aide d'aimants puissants et qu'un petit véhicule télécommandé aurait pu faciliter la reconnaissance.
La reconstitution de Paul Haynes se montre la plus sceptique sur la version allemande, puisqu'elle table sur un minimum de neuf charges réparties sur six sites de dommages connus. Haynes considère l'Andromeda comme trop petit pour accueillir l'équipement de plongée et de démolition susceptible d'avoir été utilisé. Dans un rapport complémentaire ultérieur, il a admis que, sous certaines hypothèses restreintes, l'Andromeda aurait probablement pu transporter l'équipement nécessaire, mais il a maintenu que le yacht restait une plate-forme opérationnelle peu plausible, faute de système de positionnement dynamique garantissant la stabilité du voilier pendant l'opération. Il pointait, en outre, que l'hypothèse de l'Andromeda impliquait tels que les recycleurs, le gaz respiratoire, la protection thermique et la décompression, conduisant à surcharger le bateau.
À l'inverse, la Cour fédérale allemande défend l'Andromeda comme structurellement apte, mais l'arrêt publié ne fournit pas d'inventaire complet de l'équipement, ni aucun plan de plongée correspondant à chaque emplacement présumé d'explosifs. Or si le yacht transportait la même composition explosive, les mêmes systèmes de fixation et les mêmes composants de mise à feu que ceux retrouvés sur les lieux des dégâts, les preuves matérielles établiraient son rôle de manière bien plus solide que de simples observations ou la présence de résidus génériques.
Le fait d'avoir laissé des résidus d'explosifs sur la table relève « soit d'un manque de rigueur incroyable dans la conduite de l'opération, soit d'un amateurisme total, soit d'un “indice” laissé intentionnellement dans le but de tromper », déclare James Bamford, un spécialiste des services de renseignement américains. Il semble peu probable que les auteurs de l'attaque n'aient pas eu le temps d'effacer leurs traces du bateau : l'Andromeda étant restée inutilisée pendant quatre mois, avant d'être examiné par les enquêteurs.
Selon le jugement rendu à Londres, la Suède et le Danemark ont établi des zones d'exclusion autour des gazoducs endommagés immédiatement après les explosions et en ont contrôlé l'accès pendant que leurs autorités menaient des enquêtes pénales et des relevés sous-marins. Nord Stream AG n'a commencé sa propre inspection que le 29 octobre 2022. Les conclusions des inspections suédoises et danoises n'ont pas été communiquées à Nord Stream AG, dont les experts ont donc dû s'appuyer sur des relevés effectués après que la scène de crime initiale eut déjà été pénétrée et inspectée.
Mais pourquoi, se demande Jeffrey Brodsky, l'un des rares journalistes à s'être rendu sur place, des plongeurs dépourvus de chambre de décompression auraient-ils choisi d'exploser les conduites à une profondeur de 80 mètres alors qu'un tronçon voisin du Nord Stream se trouve à moins de 40 mètres ? Et pourquoi l'un des engins explosifs avait-il été placé à 70 km des trois autres ?
Selon Hans Liwang, spécialiste suédois de la sécurité maritime, des bateaux de pêche, des navires commerciaux et des navires d'État naviguent en permanence dans cette zone. Selon Liwang, « n'importe lequel d'entre eux peut lancer un drone sous-marin ou un petit sous-marin et acheminer les explosifs à 70 mètres de profondeur, là où passe le gazoduc », explique-t-il.
James Bamford, un spécialiste des services de renseignements ne conçoit pas qu'une opération aussi complexe ait pu être menée à l'insu des États-Unis. Les Américains exercent une surveillance complète de la mer Baltique grâce au Système intégré de surveillance sous-marine (IUSS), mis en place en collaboration avec la Suède. Le système de renseignement d'origine électromagnétique (SIGINT) de l'Agence nationale de sécurité surveille de près les communications militaires et gouvernementales ukrainiennes. Bien qu'il ait annoncé la lancement de sa propre enquête, Washington n'a jusqu'à présent fourni aucune donnée.
Outre le volet des difficultés techniques, se pose une question fondamentale : à qui profite le crime ? L'Ukraine y aurait certes vu un moyen d'affaiblir son ennemi, mais au risque de se mettre à dos l'allié allemand, fournisseur majeur d'armes et de devises ? À y regarder de plus près, le principal bénéficiaire ne fait aucun doute. Les Etats Unis ont signé en 2025 un contrat à 750 milliards de dollars pour livrer leur surabondant gaz de schiste aux partenaires européens, multipliant par 4 le niveau de leurs exportations d'avant-guerre.
Dès ses premiers jours, Nord Stream 1 a été perçu par Washington et ses partenaires de l'OTAN comme une menace pour la domination occidentale. Le 7 février, moins de trois semaines avant l'invasion russe de l'Ukraine, qui semblait inévitable, Joe Biden a rencontré dans son bureau de la Maison Blanche le chancelier allemand Olaf Scholz. Lors du point presse qui a suivi, Biden avait promis qu'il trouverait un moyen de mettre fin au projet. Vingt jours plus tôt, la sous-secrétaire Victoria Nuland avait délivré le même message lors d'un point de presse du département d'État, avec peu de couverture médiatique : « Si la Russie envahit l'Ukraine, d'une manière ou d'une autre Nord Stream 2 ne progressera pas ».
Selon le journaliste d'investigation Seymour Hersh, lauréat du prix Pullitzer en 1970, les Baltic Operations 22 menées par l'OTAN 3 mois avant les explosions auraient constitué la couverture parfaite. À cette occasion, les Américains ont officiellement ajouté un exercice au programme. Ce type d'entraînement, relativement habituel, s'est déroulé au large de l'île de Bornholm et impliquait des équipes de plongeurs de l'OTAN posant des mines, avec des équipes concurrentes utilisant les dernières technologies sous-marines pour les localiser et les détruire. Une occasion en or pour déposer des explosifs.
John Anker Nielsen, capitaine du port de Christiansø, au nord-est de l'île de Bornholm a déclaré à un journaliste du Politiken, un grand quotidien danois, qu'il était sorti en mer avec une équipe de sauvetage quatre ou cinq jours avant l'explosion pour vérifier l'état de navires à proximité dont les radios étaient éteintes, soupçonnant qu'un accident avait pu se produire, mais qu'il n'avait trouvé que des navires de guerre américains, dont l'équipage avait ordonné à l'équipe de faire demi-tour immédiatement.
Pour l'heure, le mystère du Nord Stream est loin d'être résolu. Reste que l'hypothèse privilégiée par les médias « mainstream » est de moins en moins convaincante.