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mercredi 1 octobre 2014

Impôt sur le revenu : à qui va profiter la modification des tranches ?

Le Huffington Post

Impôt sur le revenu : à qui va profiter la modification des tranches ? 

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IMPOT
A quel niveau de revenu va-t-on sortir de l'impôt. | AFP

FISCALITÉ - Le gouvernement avait déjà prévenu qu'aucun effort supplémentaire ne serait fait pour contenir le dérapage de la dette, désormais chiffrée à plus de 2000 milliards d'euros. Pas question non plus de renoncer aux mesures promises aux ménages l'été dernier, pour soigner le "haut-le-coeur fiscal" dont souffrent les Français, mais aussi pour répondre aux demandes d'une partie des députés socialistes.
Comme annoncé il y a quelque jours, le gouvernement a confirmé ce mercredi que la première tranche de l'impôt sur le revenu va disparaître l'an prochain, ramenant le seuil d'entrée à environ 9690 euros. Parallèlement, l'exécutif va renforcer et revoir le dispositif de la décote, pour éviter une entrée trop brutale dans l'impôt. Conséquence, alors que moins d'un foyer sur deux s'acquitte de l'impôt sur le revenu cette année, ce dispositif va engendrer sur un nombre de contribuables encore plus restreint.
Le geste fiscal va coûter 3,2 milliard d'euros au total et devrait bénéficier à 9 millions de contribuables. Environ 3 millions de foyers fiscaux sortiront complètement de l'impôt.
Quelle limite de salaire pour sortir de l'impôt ?
Les personnes gagnant jusqu'à 10.659 euros de revenu net imposable par an ne payeront plus d'impôt sur le revenu. En effet, l'administration offre un abattement de 10% à tous les salariés en vertu des frais professionnels (trajets en voiture, frais de restauration...). C'est donc un petit peu plus que le seuil de 9690 euros proposé... soit 9690 euros + 10% de 9690 euros. Cela représente un salaire d'environ 888 euros par mois, donc moins que le Smic (1128 euros nets). Si vous êtes célibataire, sans enfant et que vous gagnez le salaire minimum, votre impôt ne bougera pas. Mais grâce à au mécanisme de décote il sera réduit.
En réalité, ce sont les personnes travaillant à mi-temps ou les étudiants (petits jobs...) qui seraient concernés. Mais pas que.
De nombreux contribuables profitent d'exonérations d'impôts. Avec le jeu des niches fiscales, un contribuable pourra facilement tomber sous la première tranche. Et cela même s'il gagne plus que le Smic. On peut par exemple imaginer qu'une personne employant du personnel de ménage à domicile profite de sa réduction d'impôt (50% des sommes versées à l'employé). Ou alors qu'une personne divorcée déduise de son revenu imposable la pension qu'elle verse à son ex-compagnon.
En revanche, la présence d'enfants dans le ménage permettra de jouer sur le quotient familial et ainsi faire baisser l'impôt.
Quelles familles et pour quels revenus ?
Un célibataire gagnant un peu plus qu'un Smic
Un salarié célibataire qui perçoit en 2014 un revenu mensuel net de 1354 euros en 2014, un impôt sur le revenu de 502 euros (soit une cotisation de 635 euros, diminuée par une prime pour l’emploi de 133 euros). Après la réforme, son impôt sur le revenu payé en 2015 ne sera plus que de 280 euros.
Un couple gagnant chacun un "gros" Smic, 2 enfants
Revenu net mensuel à 3160 euros par mois (soit 2 salaires de 1580 euros nets). Ce ménage gagnant 1,4 fois plus que le Smic verra son impôt sur le revenu passer de 744 euros à 0 euro en 2015.
Un couple avec un seul bon salaire, 1 enfant
Avec un revenu net mensuel de 2083 euros (soit un bon salaire), ce foyer fiscal sortira de l'impôt sur le revenu alors qu'il payait 550 euros en 2013.
Un couple gagnant 4000 euros par mois, 3 enfants
Avec un revenu net annuel de 40.000 euros et 3 enfants (soit 4 parts fiscales), ce ménage sortira également de l'impôt sur le revenu.
Deux retraités moyens
Pour un couple de retraités touchant 2714 euros nets par mois, la baisse d'IR sera de 330 euros en 2015

Prix du timbre: La Poste annonce la plus forte hausse tarifaire de son histoire au 1er janvier 2015

Le Huffington Post

Prix du timbre: La Poste annonce la plus forte hausse tarifaire de son histoire au 1er janvier 2015

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ECONOMIE - La Poste va augmenter le prix de ses timbres de 7% en moyenne au 1er janvier prochain, soit la hausse la plus importante de son histoire. Elle est destinée à compenser la baisse de l'activité mais risque d'aggraver la situation.
"Il n'y avait pas eu de hausse de cette ampleur, dans l'histoire moderne en tout cas, mais c'est pour répondre à une situation tout à fait particulière", a expliqué à l'AFP Nicolas Routier, directeur général de la branche Services-Courrier-Colis du groupe.
"La lettre prioritaire à timbre rouge passe de 0,66 à 0,76 euros, et la lettre verte à timbre vert passe de 0,61 à 0,68 euros", a-t-il détaillé. Parallèlement à la hausse de 7% des tarifs du courrier, les colis enregistreront pour leur part dans trois mois une hausse de 1% de leurs tarifs en moyenne.
Le patron du courrier relativise l'impact pour les ménages français dont le budget annuel en produits postaux s'élève en moyenne à 46 euros: "compte tenu de l'évolution des volumes et des tarifs, il va augmenter de moins de quatre euros", assure-t-il. Pour Nicolas Routier, cette hausse est nécessaire car elle s'inscrit dans "une stratégie de maintien d'un service universel très étendu et d'un haut niveau de qualité en conformité avec notre plan pour l'horizon 2020".
Moitié moins de plis entre 2008 et 2020
Le groupe La Poste est en effet confronté depuis plusieurs années à une chute très importante du nombre des plis adressés. "Là où nous étions encore à 18 milliards de plis en 2008, nous serons à 13 milliards en 2015 et tout indique que nous atteindrons 9 milliards dans six ans", précise le patron du courrier.
Cette hausse à l'ampleur inédite était attendue après le feu vert délivré le 22 juillet par l'Autorité des télécoms, l'Arcep, à La Poste l'autorisant à augmenter ses tarifs de 5,2% en moyenne par an pendant quatre ans, en prenant en compte un taux moyen d'inflation d'1,7% sur la période. Compte tenu des difficultés de l'entreprise, l'Arcep lui avait également permis d'utiliser dès le 1er janvier 2015 jusqu'à 50% de l'enveloppe globale prévue sur l'ensemble des quatre années.
La Poste en a "utilisé environ 40% (...), ce qui veut dire aussi que cette hausse n'est pas destinée à être reproduite dans son ampleur", a souligné Nicolas Routier. Mais à être reproduite tout de même...
"On a voulu faire un ajustement important cette année parce qu'il y avait une situation de nécessité de rétablir notre modèle économique et de pouvoir continuer à investir", a-t-il admis. Les tarifs du courrier avaient déjà augmenté en moyenne de 2,8% au 1er janvier 2013 et de 3% au 1er janvier 2014.
D'autres pays européens ont déjà procédé à des hausses importantes: 46% au Royaume-Uni, 53% au Danemark et 35% aux Pays-Bas, à une période où la hausse en France s'est limitée à 12%, à 9% en Allemagne, 5% en Espagne et 8% en Belgique.
"On incite les clients à la dématérialisation"
Selon plusieurs responsables syndicaux, La Poste encourt le risque d'aggraver sa situation en procédant à une telle hausse.
Pour Bernard Dupin (CGT), "c'est une très forte augmentation, à ajouter à celles qui ont déjà eu lieu, et cela peut avoir l'effet pervers de faire diminuer encore plus le volume du courrier". "L’État se désengage comme jamais sur les quatre missions de service public qu'il demande à La Poste d'assurer", ajoute-il, déplorant le fait que "ce sont toujours les mêmes qui vont payer, c'est-à-dire les usagers".
Selon Régis Blanchot (SUD), "Il y a le risque de vivre ce qu'a connu la poste américaine car en augmentant comme ça les tarifs de façon aussi brutale on incite les clients à la dématérialisation et à se détourner du courrier pour d'autres formes de communication".
Les effectifs de La Poste ont diminué de 5285 postes depuis janvier, soit plus que sur l'ensemble de 2013, l'entreprise ayant de plus en plus recours aux contrats à durée déterminée (CDD) parmi ses 234.000 salariés.
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Budget 2015: les dix chiffres clé du projet de loi de finances

Le Huffington Post

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SAPIN
Michel Sapin a présenté le budget 2015 | AFP
ECONOMIE - Chaque année, la présentation du budget est l'occasion pour le ministre des Finances de présenter une litanie de chiffres dans lesquels il est très aisé de se perdre. Ce mercredi matin, c'est Michel Sapin qui les a égrené à Bercy avant une présentation du projet de loi de finances pour 2015 en conseil des ministres.
Pour tenter de s'y retrouver, le HuffPost vous propose les dix chiffres à retenir.
  • Economies: Un effort d'un montant de 7,7 milliards d'euros est demandé à l'Etat en 2015 pour un montant global économisé de 21 milliards (en additionnant la Sécurité sociale et les collectivités locales). Dans le détail, Michel Sapin évoque au Monde une baisse de 1,4 milliard sur la masse salariale de la fonction publique (1200 emplois seront supprimés dans la fonction publique), un gain de 2,1 milliards sur les dépenses de fonctionnements, une diminution de 2,4 milliards des dépenses d'intervention et 1,9 milliard pour les agences et opérateurs. "C'est l'Etat qui fait le principal effort. Il est le seul dont les dépenses baissent", explique le ministre des Finances.
  • Baisse d'impôts: Six millions de Français qui payaient l'impôt sur le revenu en 2014 ne le paieront plus l'an prochain. Le gouvernement a notamment cité l'exemple d'un couple avec deux enfants dont les revenus atteignent 3160 euros par mois. "Ils verront leur impôt passer de 744 euros à zéro", promet Christian Eckert, le secrétaire d'Etat au Budget.
  • Taxe diesel: Le gouvernement a confirmé mercredi qu'il procéderait à une augmentation de 2 centimes par litre de la taxe sur le diesel, dans le cadre du projet de loi de finances (PLF) pour 2015. Elle rapportera 800 millions d'euros et ne s'appliquera pas aux transporteurs routiers. Selon BFM Business qui évoque une autre augmentation de deux centimes déjà adoptée, "le consommateur devrait payer 2 euros de plus pour un plein de 50 euros".
  • Dépense publique: L'Etat prévoit un recul prévu de la dépense publique à 56,1% du PIB en 2015, contre 56,5% en 2014
  • Prélèvement obligatoire: Le taux sera quasi stable en 2016 et 2017, à 44,5% et 44,4% du PIB
  • Déficit public: Le déficit public est prévu à 4,3% du PIB en 2015, 3,8% en 2016, 2,8%en 2017. Quant au retour à zéro, il est désormais évoqué pour 2019. "Le rythme de réduction des déficits est adapté à la situation", explique le gouvernement qui évoque la croissance poussive et la faible inflation.
  • Croissance: le gouvernement attend 1% de croissance en 2015, puis 1,7% en 2016 et 1,9% en 2017. Pour rappel, celle-ci devrait être de 0,4% en 2014.
  • Inflation: Alors que sa faiblesse suscite des inquiétudes dans toute la zone euro, elle devrait passer graduellement de 0,5% en 2014 à 1,8% en 2019, en passant par 0,9% en 2015 (hors tabac).
  • Dette publique: Elle est aujourd'hui de 95,1% du PIB et grimpera à 98% en 2016 avant de retomber dans les années suivante.
  • Cessions d'actifs: Michel Sapin a annoncé des cessions d'actifs pour un montant global de 4 milliards d'euros. Une somme qui servira au désendettement mais pour laquelle on ne connaît encore aucun détail.

La dette publique de la France franchit le plafond symbolique des 2000 milliards d'euros

Le Huffington Post


La dette publique de la France franchit le plafond symbolique des 2000 milliards d'euros

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ECONOMIE - La dette publique de la France s'est établie à 2023,7 milliards d'euros à la fin du deuxième trimestre de l'année 2014, dépassant pour la première fois la barre symbolique des 2000 milliards, a annoncé mercredi l'Insee.
Rapportée à la richesse nationale, cette dette, mesurée selon les critères de Maastricht, atteint 95,1% du PIB (Produit intérieur brut), ajoute l'Insee. Ce niveau d'endettement représente, en théorie, une facture de plus de 30.000 euros par Français.
Par rapport à la fin du premier trimestre, la dette publique brute a augmenté de 28,7 milliards d'euros. Cette hausse est imputable à l'Etat, dont la contribution à la dette augmente de 35,2 milliards d'euros, du fait de sa dette négociable à long terme (+30,2 milliards) et, dans une moindre mesure, de celle à court terme (+3,1 milliards).
En revanche, celle des administrations de sécurité sociale diminue de 3,9 milliards d'euros. Les principaux mouvements viennent de la caisse d'amortissement de la dette sociale (Cades) qui se désendette de 3,2 milliards d'euros et, en sens inverse, de Pôle Emploi qui rembourse 2,1 milliards d'emprunts à court terme et de l'Unedic qui émet pour 2 milliards d'obligations, détaille l'Insee. Enfin, la dette des administrations publiques locales diminue de 1,6 milliard d'euros.
La dette a plus que doublé depuis 2002
Dans ses dernières prévisions, le gouvernement tablait sur une dette publique à 95,1% du PIB seulement à la fin de l'année, mais ces prévisions n'ont pas été mises à jour après l'abaissement des estimations de croissance et le relèvement de celles concernant le déficit, le 10 septembre.
Après la publication de l'Insee, le gouvernement a rappelé avoir largement hérité de cette situation d'endettement croissant. Au ministère des Finances, on souligne que la dette a doublé entre 2002 et 2012, passant de 930 à 1860 milliards d'euros, dont 600 milliards entre 2007 et 2012.
"La politique menée par (l'actuel) gouvernement, qui repose à la fois sur un assainissement des finances publiques avec un programme d'économies et sur une stratégie de croissance avec le CICE et le Pacte de responsabilité, doit permettre de stopper la croissance de la dette", assure Bercy. "La France bénéficie ainsi de la confiance des investisseurs, ce qui permet à l'Etat mais aussi aux entreprises et aux particuliers d'emprunter à des taux très bas", ajoute le ministère.
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Budget 2015 - Comment la France justifie (et laisse filer) la dégradation des finances publiques


Le Huffington Post

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POLITIQUE BUDGETAIRE
François Hollande et Manuel Valls vont devoir justifier leurs mesures trop limitées pour endiguer la dette et le déficit. | AFP

BUDGET - Il y a 11 ans à peine, la France dépassait les 1000 milliards d'euros pour sa dette publique. Un montant à l'époque jugé vertigineux, alors que l'on vient d'atteindre ce mardi le cap symbolique des 2000 milliards d'euros... Plus encore avec le retour de Nicolas Sarkozy, le gouvernement n'oublie pas de noter que les équipes précédentes portent leur responsabilité dans ce constat. Il l'a d'ailleurs rappelé mercredi lors de sa présentation du budget 2015, en prévoyant une dette toujours plus importante jusqu'en 2016. Elle devrait décroître par la suite.
Ce n'était pourtant pas faute de s'être inquiété: dès 2005, le ministre des Finances Thierry Breton avait nommé Michel Pébereau pour constituer un rapport sur l'évolution de la dette. L'objectif était le suivant: faire redescendre le niveau de dette de 66% du PIB à 60% (contre 95,1% aujourd'hui !). Force est de constater que les gouvernements successifs ont échoué, et que François Hollande et Manuel Valls ne sont pas à l'origine de tous les maux.
: Si une "faute professionnelle" a été commise elle ne l'a pas été par nous mais par d'autres avant nous

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Depuis que François Hollande est arrivé au pouvoir, la dette publique n'a augmenté que de 10%. Le quinquennat de Nicolas Sarkozy, lui, accuse un lourd tribut de +52%. Avant lui, les politiques de relance de Lionel Jospin n'avaient rien arrangé non plus. La pallier symbolique franchi mardi est donc à relativiser, même si c'est toujours une augmentation. Suffisant pour faire passer la pilule à Bruxelles?
Courageux mais pas téméraire
"Notre politique repose à la fois sur un assainissement des finances publiques avec un programme d'économies et sur une stratégie de croissance avec le CICE et le Pacte de responsabilité", affirme Bercy. "Il doit permettre de stopper la croissance de la dette". C'est la première partie de l'argumentaire de l'équipe de Manuel Valls: se désigner comme ce bon élève qui fait tout pour s'en sortir. Mais manque de chance, les mauvaises conditions extérieures l'empêchent d'obtenir les résultats escomptés. Voilà pour la deuxième partie de la justification.
Après une rentrée sur fond de crise politique, la France a une nouvelle fois repoussé (à 2017) son retour sous la barre européenne des 3% de déficit public. De quoi hérisser le poil de Bruxelles, mais Paris tient à sa ligne: sérieux budgétaire, mais pas d'austérité. De façon à pouvoir affronter les "circonstances exceptionnelles" de l'atonie économique.
Le scénario de 2012 est perturbé par ce que Michel Sapin qualifie de "situation exceptionnelle" l’économie en zone euro, "marquée par un croissance très faible cumulée avec un ralentissement de l’inflation que personne n’avait anticipé". En employant les mots de "situation exceptionnelle", terminologie qui selon les traités européens permet de déroger aux objectifs budgétaires, le ministre des Finances adresse un message implicite à la Commission européenne, gardienne de la discipline budgétaire.
Attendu sur cette question lors de son discours de politique générale, Manuel Valls a assuré "maintenir ce cap qui est celui du sérieux budgétaire". Avant de rajouter: "la croissance et l’inflation posent un vrai problème. Il faut adapter notre politique". Le précédent objectif de 3% de déficit en 2015 aurait signifié "entrer dans l'austérité et mettre en cause notre pacte républicain", a-t-il plaidé devant l'Assemblée.
Pour Michel Sapin, c'est Bruxelles qui a désormais les cartes en mains. La France "a pris ses responsabilités" en matière budgétaire et l'Europe doit "elle aussi prendre ses responsabilités dans toutes ses composantes" face à la croissance chancelante, a-t-il dit lors de la présentation du Budget 2015. Le ministre a précisé que la BCE avait fait sa part, et que sa remarque valait notamment pour les "pays excédentaires", visant ainsi clairement l'Allemagne. Il s'exprimait lors de la présentation à la presse du projet de budget 2015.
Comment l'Etat lâche l'austérité sous prétexte de la crise
Le trou de la Sécu qui stagne
  • C'est une année blanche pour la réduction du déficit de la Sécurité sociale. Le gouvernement a révisé sa prévision 2014 pour le régime général à -11,7 milliards d’euros (contre 12,5 milliards en 2013), alors qu’il tablait encore en juin sur moins de 10 milliards. Soit, mais l'Etat n'en fera pas plus. L'équilibre des comptes est désormais attendu en 2019, contre 2017 auparavant. L'Etat se contentera de 3,2 milliards d'euros d'économies qui interviendront sur les prestations familiales et la branche maladie. En cause, la croissance plus faible que prévue.
Le déficit qui se creuse
  • La France a une nouvelle fois repoussé à 2017 (au lieu de 2015), son objectif de réduction du déficit public sous la limite européenne de 3% du PIB. Le déficit s'élèvera à 4,4% cette année, contre 3,8% prévus. "Nous ne changerons pas de politique, nous nous refusons à aller dans l'austérité", a expliqué Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement. "Nous appliquons la politique qui est la nôtre, les 50 milliards de diminution de dépense seront mis en oeuvre à l'euro près. Mais nous n'irons pas au-delà dans une politique qui serait une politique d'austérité. Nous adaptons la question des déficits, en fonction de la capacité et du rythme du retour de la croissance dans notre pays et en zone euro".

La crise (et Sarkozy) n'explique pas tout
Difficile de se cacher derrière l'argument de la seule crise. À court terme, avec un numérateur (la dette brute) qui progresse et un dénominateur (la production économique) qui stagne, le ratio dette/PIB va mécaniquement continuer à progresser. Certains économistes jugent même désormais inévitable qu'il atteigne 100% en 2016 ou 2017, niveau déjà atteint ou dépassé par plusieurs pays européens, dont la Grèce, Chypre et le Portugal, ainsi que l'Irlande, l'Italie et la Belgique. L'Espagne a annoncé mardi qu'elle franchirait à son tour cette barre en 2015.
Dans ce panorama sombre, un motif de consolation: la France emprunte toujours à des taux très bas - environ 1,35% à 10 ans -, ce qui permet d'éviter que les intérêts ne viennent encore alourdir davantage la facture. Ainsi, la charge des intérêts de la dette, est presque au même niveau qu'en 2008. Elle était de 45 milliards l'an dernier et est prévue à 46,7 milliards cette année.
Une aubaine qui reste toutefois précaire, s'inquiètent certains. "Il suffirait d'un mouvement sur les taux d'intérêt, déjà extraordinairement bas, pour que la charge de cette dette explose, fragilisant comme jamais les équilibres financiers et le crédit de la France", a ainsi mis en garde le président du MoDem François Bayrou, qui a fait de la dette son cheval de bataille depuis 2007.

Villes dirigées par le Front national: quel bilan six mois après les municipales?

Huffpost France

Villes dirigées par le Front national: quel bilan six mois après les municipales?

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FRONT NATIONAL
Depuis six mois, le Front national dirige une dizaine de villes en France | AFP

POLITIQUE - "On vient voir ce qui se passe dans les villes dirigées par le Front national comme on emmène les enfants au zoo. C'est le côté voyeuriste de la politique. Imaginez que ça se passe bien, ce serait une catastrophe." On croirait entendre Marine Le Pen et pourtant ce n'est pas la présidente du FN qui s'exprime. Ce jour-là, c'est Franck Briffaut, le maire de Villers-Côteret qui raconte au HuffPost les six premiers mois de son mandat. Comme une dizaine d'autres villes, cette commune de 11.000 habitants de l'Aisne a basculé dans le giron frontiste le 30 mars dernier.
Il est vrai que depuis, les regards se sont beaucoup tournés vers Hayange, Fréjus ou Hénin-Beaumont. Marine Le Pen a beau le dénoncer aujourd'hui, elle a beaucoup contribué à ce phénomène en faisant de ces conquêtes des vitrines de ce que pourrait être le Front national une fois au pouvoir. "Il nous manque un bilan pour passer à un stade supérieur", reconnait-elle. Une quinzaine d'années après les fiascos de Vitrolles et Toulon, les responsables du FN juraient qu'ils avaient changé et tiré les leçons du passé.
Alors inévitablement, la gestion des villes FN est passée au crible et chaque dérapage d'un élu frontiste fait le buzz. A Hayange, Fabien Engelmann en sait quelque chose lui qui a défrayé la chronique en faisant repeindre une oeuvre d'art sans avoir prévenu l'artiste. Le maire mosellan est surtout visé par une enquête préliminaire sur ses comptes de campagne. Ce cas est-il, pour autant, représentatif de ce qui se passe dans les autres communes? Pour tenter de répondre, le HuffPost a cherché à savoir ce qui se passe dans plusieurs de ces villes.
Drapeaux, Marseillaise et danse orientale
Il en ressort que les maires FN ne lésinent pas sur les symboles. "Ils nous mettent des drapeaux bleu-blanc-rouge dans toute la ville et ils ont enlevé les drapeaux européens et ceux des autres pays. Et avant chaque conseil municipal, ils nous font chanter la Marseillaise", explique Christophe André, conseiller municipal d'opposition à Beaucaire. Les décisions du même type ont été prises à Mantes-la-Ville ou à Hayange, notamment.
A Villers-Cotterêts, c'est une autre décision du maire qui a beaucoup fait parler. Quelques semaines après son élection, Franck Briffaut décide de ne pas participer à la commémoration de l'abolition de l'esclavage. "C'est d'autant plus regrettable que notre ville est le lieu de naissance du père d'Alexandre Dumas, lui-même fils d'esclave", dénonce Jean-Claude Pruski, l'ancien maire. Son successeur, qui a été désavoué par Marine Le Pen tente une explication: "La manifestation tourne tous les ans à la récupération politique. Il est davantage question de soutien aux sans-papiers que de véritable hommage aux victimes de l'esclavage. Alors je le redis, il est hors de question que je participe à cette pantalonnade. Nous ferons notre propre manifestation, plus discrète et plus sincère le 4 février 2015", promet l'édile.
A Cogolin, c'est l'utilisation du gymnase qui pose question. "On a une section de footsalle avec beaucoup de Maghrébins qui n'a plus de créneau horaire pour s’entraîner", s'interroge l'opposant Michel Dallari. Il s'étonne aussi que "lors du gala des associations, début septembre, consigne ait été donnée pour qu'il n'y ait pas de spectacle de danse orientale". "Je ne suis pas au courant de ces deux décisions", répond Marc-Etienne Lansade, le maire de la Ville. Mais il ajoute tout de même:
"Si on a proposé comme seul spectacle des danses orientales, je signe et resigne mon opposition parce qu'ici on est en Provence, pas en Orient et s'ils veulent vivre comme en Orient, les frontières sont ouvertes."
"Une association partisane doit être financée par ses partisans"
Mais Romain Carbonne, du collectif de réflexion et d’initiatives citoyennes de Mantes-la-Ville en convient. "Tout cela est symbolique mais ne change pas la vie des gens". "Ma singularité n'est pas aussi évidente que ça dans le travail de gestion au quotidien. Et cette année, le budget avait déjà été voté donc je ne pourrai pas mettre réellement ma patte avant l'an prochain", reconnait d'ailleurs Marc-Etienne Lansade, maire de Cogolin.
Reste que certaines décisions ont parfois des impacts directs sur le budget des familles.Au Pontet, la cantine qui était gratuite pour les familles pauvres ne l'est plus. A Villers-Cotterêts, le prix a été largement augmenté pour les familles les plus modestes. "Cela n'avait pas été revalorisé depuis le passage à l'euro, se défend Franck Briffaut. Il faut responsabiliser nos concitoyens parce que cette augmentation concerne les familles dont les deux parents ne travaillent pas. On peut d'ailleurs se demander pourquoi ils mettent leurs enfants à la cantine."
Comme il s'y est engagé durant la campagne, Franck Briffaut a également coupé les subventions à la CGT et à la FCPE. "Je ne vais pas subventionner une association qui nous crache dessus. Si leurs responsables descendent dans l'arène politique, l'asso devient partisane et doit vivre uniquement avec l'argent de leurs partisans", se justifie-t-il. A Mantes-la-Ville, les subventions de toutes les associations ont été baissées de manière unilatérale de 22%. "Le maire justifie cela par la volonté de faire des économies même si ça représente une goutte d'eau dans le budget général", explique Romain Carbonne.
"A Beaucaire, cela a permis une baisse symbolique des impôts de 0,05%", constate Christophe André. Même chose à Hénin-Beaumont, où Steeve Briois a pris la décision de baisser les impôts malgré les dettes, comme Marine Le Pen l'avait demandé pendant la campagne. A Villers-Cotterêts, le maire espère "pouvoir baisser la pression fiscale, même de manière symbolique". Mais ailleurs, comme à Mantes-la-Ville ou Cogolin, les maires frontistes en ont aussi profité pour recruter de nouveaux policiers municipaux et renforcer les dispositifs de vidéosurveillance, quand ils n'ont pas tout simplement décidé d'augmenter leurs indemnités.
"Ne pas faire de vague"
"Mais pour le reste, ils ne font rien, absolument rien à part repeindre les passages cloutés. Ils surfent sur ce que l'ancienne municipalité a laissé", explique Michel Dallari de Cogolin. "Je pense qu'ils ont eu une consigne de ne pas faire de vague, de ne pas bousculer les choses", ajoute l'opposant local. "Je ne me mets pas en avant, je reste discret", confirme le maire Marc-Etienne Lansade.
Cette volonté de ne pas faire d'écart est également visible à Villers-Cotterêts. "Le maire a d'autres ambitions que la mairie. Il veut être député et pourquoi pas ministre en 2017 donc il ne veut commettre aucun dérapage, ne pas faire d'autres erreurs", assure l'opposant Jean-Claude Pruski. "Le maire est très formaté, il est très sous contrôle et essaie de se retenir mais c'est compliqué pour lui, abonde Christophe André à Beaucaire. Ce n'est pas ce qu'attendent les électeurs. Ils veulent qu'ils soient les magiciens de la gestion de la collectivité."
Là réside en effet le plus grand risque pour le Front national: ne pas parvenir à faire mieux que le parti socialiste ou l'UMP. Marine Le Pen perdrait alors l'un de ses principaux arguments en vue de la présidentielle. Alors comment ces maires comptent-ils se différencier d'ici à 2020? "Nous allons tenir nos promesses de campagne, quitte à faire des choses qui ne se voient pas", répond Franck Briffaut. "Nos élus disent ce qu'ils font et font ce qu'ils disent", abonde un cadre frontiste.
Marine Le Pen, elle, ne voit que le résultat des urnes. "Je pense que les administrés sont assez contents si j'en crois les résultats des européennes dans ces villes", souriait la présidente du FN, il y a une dizaine de jours.