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samedi 1 décembre 2012

La proposition de constitution égyptienne entérine des pouvoirs dictatoriaux et un régime militaire

La proposition de constitution égyptienne entérine des pouvoirs dictatoriaux et un régime militaire

Un article du WSWS   http://www.wsws.org/fr


La proposition de constitution égyptienne entérine des pouvoirs dictatoriaux et un régime militaire

Par Chris Marsden 
1 décembre 2012
Jeudi 29 novembre, l’Assemblée constituante égyptienne a commencé à voter sur la nouvelle constitution dans une initiative agressive des Frères musulmans et du président Mohamed Morsi.
Alors qu’elle a pour dessein de contrer un éventuel défi juridique, son objectif plus important est de rassembler la base sociale des Frères contre les protestations de masse qui sont survenues après que Morsi s'est lui-même octroyé, jeudi dernier, des pouvoirs dictatoriaux. Elle vise aussi à préparer une contre-offensive de l’armée.
La décision cherche à anticiper un arrêt pris dimanche par la Cour constitutionnelle suprême qui aurait pu dissoudre l’assemblée et statuer sur la légitimité de la chambre haute du parlement égyptien, le Conseil de la Shura dominé par les Islamistes. La cour avait dissout en juin la chambre basse du parlement, l’Assemblée du peuple.
Les Frères demandent un vote sur la constitution qui conférerait une façade pseudo-démocratique aux efforts entrepris pour consolider leur pouvoir et celui de l’armée égyptienne – représentant collectivement les forces dominantes au sein de la bourgeoisie. Une fois adoptée, Morsi est obligé de soumettre la constitution à un référendum dans les quinze jours qui suivent. Des élections auraient lieu début 2013.
Dans une interview accordée jeudi soir à la télévision publique égyptienne, Morsi a dit que si une nouvelle constitution était adoptée, le décret de la semaine passée « ne serait plus valide. » L’implication est que si la constitution n’est pas approuvée, Morsi continuera d’exercer des pouvoirs exécutifs illimités.
Alors que peu d’attention a été accordée jusqu'ici à la nouvelle constitution, l’élément de loin le plus important en est l’effort qui est poursuivi pour sauvegarder les privilèges et le pouvoir de l’armée. Ceci a pour but un réaménagement de l’alliance entre les Frères musulmans et l’armée de laquelle dépend le sort de la bourgeoisie si elle veut affronter l’opposition populaire grandissante.
L’Assemblée constituante a approuvé des articles stipulant que le budget de l’armée ne sera toujours pas soumis au contrôle du parlement. Ceci est crucial pour, en premier lieu, dissimuler l’implication massive de l’armée dans l’économie qui contrôle environ 40 pour cent du PIB. Il s’agit aussi de cacher à la classe ouvrière l’ampleur de l’appareil répressif militaire.
La constitution comporte aussi un article autorisant le procureur militaire à juger des civils pour des délits « causant un préjudice aux forces armées, » comme l’a proposé le dirigeant du parti des Frères, le Parti de la justice et de la liberté, Mohamed al-Beltagy.
Elle met en place un Conseil de défense national dirigé par Morsi et qui comprend le premier ministre; les ministres de la Défense, des Affaires étrangères, des Finances et de l’Intérieur ; le chef du renseignement ; le chef d’état-major des forces armées ; les commandants de la marine, des forces aériennes et de la défense aérienne ; le commandant des opérations de l’armée et le chef du renseignement militaire. Selon un article s’y rapportant, le ministre de la Défense, doit être un officier de l’armée et assurer la fonction de commandant en chef des forces armées.
Ce conseil décidera des questions de sécurité nationale, du budget militaire et il sera consulté sur toutes les lois futures liées à l’armée. L’article permet que d’autres pouvoirs non définis soient octroyés au conseil.
On ne pourrait trouver avant-projet plus évident en vue d'une dictature militaire à venir.
Morsi a, de plus, tenté de lier les efforts entrepris pour recourir aux préjugés religieux dans le but de rassembler les couches les plus arriérées des travailleurs et des paysans, au rejet des exigences les plus extrêmes formulées par ses alliés au sein des groupes salafistes. L’objectif est de faire qu'il soit plus facile aux Etats-Unis et aux puissances européennes de soutenir son coup de force. L’assemblée a donc voté de maintenir la charia, ou loi islamique, en tant que « principale source de la législation » – comme c’était le cas sous le régime déchu d’Hosni Moubarak.
Cependant, la constitution n’inclut pas les appels du Parti al-Nour pour que l'on remplace la référence aux « principes » de la loi de la charia par le terme de « règles. » Elle stipule aussi que la chrétienté et le judaïsme seront la « principale source de la législation » pour les chrétiens et les juifs égyptiens. L’article 219 donne la définition de la loi islamique en termes de jurisprudence musulmane sunnite et qui est ancrée dans l’autorité de la mosquée Al-Azhar et de l’université.
La déclaration de Morsi de la semaine passée a établi qu’il n’y aurait pas de recours contre les décrets constitutionnels lancés depuis son arrivée au pouvoir et qu’il pourrait prendre toute mesure nécessaire pour « protéger la révolution » ou pour sauvegarder la sécurité nationale. Face à l’opposition croissante de centaines de milliers, Morsi a promis d’abandonner ses pouvoirs dès qu’une nouvelle constitution serait instaurée. Il a rassuré les magistrats de haut rang, dont la plupart ont des liens avec l’ancien régime, que les décrets ne s’appliqueraient qu’aux « questions de souveraineté » visant à protéger les institutions en leur permettant ainsi de dormir sur leurs deux oreilles dans leur lit fort confortable. Les magistrats ont toutefois appelé, fait sans précédent, à une grève.
La nouvelle constitution montre très clairement que les Frères n’ont nullement l’intention de céder les pouvoirs qu’ils revendiquent. L’assemblée constituante a voté un article accordant au Conseil de la Shura le pouvoir de promulguer des lois jusqu’à ce qu’une nouvelle chambre basse du parlement soit élue. Ainsi, les pouvoirs accumulés par Morsi ont tout simplement été transférés à une organisation dominée par les Islamistes.
Les Frères méprisent ouvertement leurs adversaires bourgeois. Onze des membres libéraux de l’Assemblée constituante qui se sont retirés pour protester contre le précédent décret de Morsi, en même temps que des représentants des trois principales églises d’Egypte, ont tout simplement été remplacés. Un tel mépris est attisé par la compréhension que le souci majeur des partis d’opposition est de garantir que l’hostilité à l’égard de Morsi et des Frères soit contenue dans des limites qui ne menacent pas les intérêts fondamentaux de la bourgeoisie égyptienne et de ses partisans impérialistes.
L’une des onze personnes exclues du panel, en l’occurrence l’ancien ministre des Affaires étrangères de Moubarak et candidat présidentiel malheureux, Amr Mousa, s’est discrètement plaint à Reuters en disant, « C’est aberrant et c'est une démarche qui ne devrait pas être faite compte tenu du contexte de colère et de ressentiment existant au sein de l’actuelle assemblée constitutionnelle. »
Mohammad Abdel-Alim Dawoud du Parti Wafd qui s’est également retiré, a lancé le même avertissement, « Si les Frères continuent dans cette voie, cela aggravera davantage les choses parce qu’il n’y aucune intention de parvenir à un consensus. »
Morsi fonde ses calculs sur le feu vert qu’il a reçu des puissances occidentales. Washington et ses alliés considèrent les Frères comme étant avant tout une force importante pour maintenir l’ordre au Moyen-Orient, comme l’a prouvé le rôle qu’ils ont joué dans l’établissement de régimes pro-occidentaux en Tunisie et en Libye, au sein du mouvement d’opposition en Syrie et dans les récents efforts de Morsi pour garantir un cessez-le-feu après le bombardement de Gaza par Israël. Ils cherchent également à faire collaborer les Frères avec l’armée pour réprimer l’opposition grandissante aux mesures d’austérité exigées par le Fonds monétaire international et qui ont déjà été à l’origine d’une vague de grèves.
Mercredi, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Mohammad Kamel Amr, a dit aux journalistes lors de sa participation à une réunion à Berlin avec le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, que les troubles politiques n’affecteraient pas les négociations égyptiennes avec le FMI sur un accord de prêt de 4,8 milliards de dollars. Le même jour, le cabinet ministériel a dévoilé son plan de réformes économiques promettant de faire passer, par voie de coupes brutales, le déficit budgétaire de 11 pour cent pour l’exercice financier 2011/2012 à moins de 5 pour cent d’ici 2016/17.
Une manifestation de masse contre Morsi a lieu aujourd’hui, et qui a été appelée par ses adversaires officiels. Mais, avec la menace grandissante d’une répression militaire, tout dépend à présent de l'éventualité d'une rupture de la masse des travailleurs et des fermiers pauvres d'avec ces forces bourgeoises dans le but d'engager une lutte pour l’établissement d’organisations indépendantes pour la prise du pouvoir et la mise en place d’un gouvernement ouvrier.
(Article original paru le 30 novembre 2012)

Florange : le gouvernement a écarté la nationalisation temporaire


Florange : le gouvernement a écarté la nationalisation temporaire

s'informerLe Premier ministre Jean-Marc Ayrault a annoncé hier soir un accord avec le financier Lakshmi Mittal, propriétaire du site ArcelorMittal de Florange (Moselle). Il a ainsi clôturé le suspense qui planait autour d’une possible nationalisation temporaire du site, si Mittal n’acceptait pas d’en céder la totalité à un repreneur  annoncé par le ministre Montebourg.
Selon Jean-Marc Ayrault, Arcelor-Mittal s’engage à investir 180 millions d’euros sur cinq ans dans les laminoirs – qu’il entendait garder –,  à maintenir en état de fonctionnement les hauts fourneaux qu’il entendait fermer et qu’il maintient à l’arrêt, cela dans la perspective du projet ULCOS (captage de CO2), suspendu à un complément de financement de l’Union européenne. Les réductions d’effectifs qui affecteront les 629 salariés des hauts-fourneaux se feraient sans licenciements secs.
La déception est grande chez les sidérurgistes et chez les syndicats, qui avaient apporté leur soutien au projet denationalisation temporaire. Certains s’estiment « trahis » par le gouvernement qu’ils accusent d’avoir « menti tout au long ».  « Si le patron n’était pas Mittal, on aurait crié victoire »,  a dit Édouard Martin (CFDT), mais Lakhsmi Mittal   « n’a jamais respecté les engagements qu’il a pris » ajoute-t-il.
Le ministre du Travail, Michel Sapin dit comprendre le « scepticisme » mais explique que cette fois il y a investissement de Mittal et accord écrit, et que le gouvernement veillera à son respect.  Arnaud Montebourg ne s’est pas encore exprimé. Il devrait le faire dans le journal télévisé de TF1 ce soir.

ESPAGNE : Comité pour l’Alliance des Travailleurs et des Peuples


Lu sur le site de L'Entente Internationale des Travailleurs et des Peuples

http://entente-internationale-des-travailleurs-eit-ilc.blogspirit.com/


ESPAGNE : Comité pour l’Alliance des Travailleurs et des Peuples

1 - Constitué à Madrid le 10 novembre 2012, avec des délégués venus d’Andalousie, des Baléares, de Catalogne, de Madrid, du Pays valencien, du Pays basque, ce comité mène le combat pour l’unité des travailleurs et de leurs organisations pour la défense de leurs droits et de la démocratie. Pour la plus étroite alliance des travailleurs, des jeunes, des peuples et de leurs représentants pour établir la souveraineté et la démocratie dans notre pays. 

C’est-à-dire la fin de la dictature de la troïka et du régime monarchique oppresseur qui nous a mis entre ses mains, et balayer tout l’héritage franquiste, imposer la reconnaissance de tous les droits, et d’abord le droit à l’autodétermination, pilier de base de la démocratie.
2 - Le comité lutte pour l’unité de la classe ouvrière en ce moment où l’existence physique de celle-ci est menacée, unité qui ne peut se forger qu’en défendant inconditionnellement le droit des peuples catalan, basque, de tous les peuples à décider.
Combat pour la défense de nos organisations syndicales, ouvrières et populaires, qui exigent leur indépendance vis-à-vis de l’Etat, des gouvernements et des institutions de l’Union européenne.
3 - Le comité lutte pour que se réalise la plus large unité autour des revendications des travailleurs et de la majorité de la population :
  • Retrait des plans d’ajustement, de toutes les coupes bud   gétaires, aucun sauvetage ;
  • nationalisation des banques et des secteurs stratégiques, plan de création d’emplois publics, crédit bon marché ;
  • annulation de la réforme du code du travail et de toutes les contre-réformes du travail antérieures : fin de la précarité ;
  • rétablissement du salaire et des pensions, annulation de la réforme des retraites ;
  • rétablissement de la santé, de l’éducation et des transports publics, en annulant toutes les privatisations ;
  • réforme agraire, à bas la PAC ;
  • arrêt immédiat des expulsions, annulation de la loi de 1909, restitution des logements saisis ;
  • réforme fiscale, qui réduise les impôts indirects, comme la TVA, et augmente les impôts directs (comme les SICAV), ne permettre aucune évasion de capital par la saisie des biens si nécessaire ;
  • annulation de la dette publique, qui est le produit de la spéculation et des aides aux banquiers.
4 - Abrogation de la constitution monarchique de 1978, Cortes constituantes basées sur le droit à l’autodétermination, qu’elles permettent de nommer un gouvernement libre et souverain.
Pour l’union libre des peuples, pour la République catalane libre, la République basque libre et pour une Union des républiques libres.
5 - Pour l’Union libre des peuples et des nations d’Europe, rupture avec l’Union européenne, avec ses traités et directives qui sèment le chaos et la destruction.
Forgeons un front commun pour l’Alliance des travailleurs et des peuples
 Pour les droits sociaux et nationaux !
Le 10 novembre, à Madrid, dans la salle de réunions du Grand collège Chaminade, des délégués issus de plusieurs collectifs et partis se sont réunis en Conférence ouvrière d’Etat pour une représentation politique fidèle aux travailleurs. Ils ont décidé ce qui est dit ci-dessous
Manifeste
Du plus profond de la classe ouvrière exploitée et attaquée dans ses droits les plus élémentaires, avec 6 millions de chômeurs (dont 2 sans aucun revenu), privée des droits syndicaux fondamentaux, et avec un pouvoir d’achat en chute libre…Du plus profond des peuples de l’Etat espagnol qui après la nuit noire du franquisme ont vu leurs aspirations à l’autodétermination et à la souveraineté populaire confisquées par le régime monarchique et ses mentors de l’Union européenne...De la jeunesse sans emploi poussée à la misère ou à l’exil,De tous les secteurs de la société, de tous les peuples qui souffrent de la politique sans pitié d’une minorité de banquiers et spéculateurs avec les institutions et les gouvernements à leur service…
 surgit un profond mouvement qui dit ASSEZ !Au cours de ces derniers mois depuis la grève générale du 29 mars, la marche des mineurs, les manifestations du 19 juillet, les marches des travailleurs journaliers, le 25 septembre où les Cortes ont été encerclées, le soulèvement massif du peuple de Catalogne le 11 septembre, les milliers de manifestations qui malgré la répression secouent tout le territoire de Barcelone à Madrid, de La Corogne à Cadix, dans les formes les plus diverses, entraînant les organisations, en particulier les syndicats…
Une EXIGENCE COMMUNE apparaît : pour défendre leur  existence, les peuples doivent décider de leur destin, en brisant le joug de la troïka, du capital financier.Du FMI à l’UE, du gouvernement central – aujourd’hui Rajoy, hier Zapatero – des gouvernements régionaux de toutes couleurs, et même de l’intérieur de nos organisations on nous dit : la crise impose des sacrifices, même s’il faudrait les partager. Ils veulent que tout le monde se soumette aux diktats des institutions du grand capital, à savoir l’Union européenne (avec sa Commission et sa Banque centrale) et le FMI – la dite troïka – et à leurs traités, mémorandums et directives qui veulent qu’aucun peuple, aucune nation ne puisse être souverain. Que tout soit décidé par des technocrates corrompus nommés arbitrairement par la Commission européenne et le FMI.
Ainsi est niée la souveraineté aux peuples, empêchant qu’ils puissent décider.
Le peuple de Catalogne s’est prononcé ce 11 septembre pour sa souveraineté, et il ne peut être libre sous l’UE et la monarchie. Les travailleurs et les peuples souffrent sous le poids de la tyrannie de la troïka et des ses plans d’ajustement. Nous devons défendre inconditionnellement  le droit du peuple de Catalogne à décider. Il nous faut le combat commun pour conquérir la souveraineté, pour garantir les droits nationaux et sociaux et, à partir de là, établir le cadre démocratique que librement les peuples décideront. A notre avis : une union libre des peuples de l’Etat, émancipés de l’Union européenne et de la monarchie.
Par le refus des droits des peuples est refusée la souveraineté à  nos organisations, en exigeant qu’elles soient les exécutrices des ajustements et coupes. Il nie la souveraineté celui qui dans nos syndicats, suivant les directives de la Confédération européenne des syndicats, dit qu’il n’y a pas d’autre issue que de contribuer à réduire les déficits, payer la dette. Il y en a même qui disent qu’il y a une dette légitime, et ce alors que 99 % des « aides » des gouvernements qui ont généré cette dette ont servi à « sauver » les banques. Il nie  la souveraineté celui qui à partir des partis qui se disent ouvriers, socialistes ou de gauche, prétend nous soumettre aux traités européens, comme si avec eux il pourrait y avoir de véritables « mesures sociales ».
Grâce à ce dispositif, les institutions supranationales du capital décident, les gouvernements appliquent et les résultats sont clairs : les nations grecque et irlandaise sont au bord de la faillite. Notre voisin et frère le Portugal subit chaque mois de nouveaux plans d’ajustement, et en France et Allemagne – qui pour les travailleurs et jeunes de nos peuples avaient toujours été les exemples à suivre – s’annoncent déjà des plans d’austérité dont nous souffrons depuis des années.
Rien de tout ceci n’est inévitable, il n’est pas inévitable que nos fonctionnaires perdent chaque fois plus de salaire, que les queues de chômeurs augmentent chaque mois, que les jeunes n’aient d’issue ni d’avenir, que les peuples n’aient pas le droit de décider.Mais les organisations politiques qui se réclament des droits des travailleurs, à commencer par celle qui traditionnellement ont représenté la majorité, le PSOE, sont liées par leur direction actuelle à la défense de la Constitution et de l’Etat monarchique.Au sein de nos organisations syndicales, deux logiques s’affrontent. CELLE QUI PROPOSE DE RESISTER ET DE DIRE NON A LA MISERE ET AUX COUPES BUDGETAIRES ET CELLE QUI CHERCHE, à n’importe quel prix, DES ACCORDS AVEC UN GOUVERNEMENT QUI N’OBEIT QU’AUX INTERETS D’UNE MINORITE.
Nous nous sommes réunis à Madrid, délégués d’Andalousie, des Baléares, de Catalogne, de Madrid, du Pays valencien, du Pays basque, avec des messages de soutien venus des Canaries. Depuis des mois nous avons engagé un processus de dialogue et d’action commune et nous sommes parvenus aux conclusions suivantes : 
Les travailleurs, les jeunes, les citoyens de tous les peuples sont prêts à aller jusque là où il faudra pour rejeter les plans de destruction de la troïka et des gouvernements à son service.Nous connaissons nos ennemis : les institutions du grand capital, l’UE, le FMI, les gouvernements qui se soumettent au régime de la monarchie. 
Il nous faut nous doter de moyens pour dépasser les obstacles qui ont empêché jusqu’ici que les immenses mobilisations auxquelles nous avons contribué confluent en un torrent impétueux qui en finisse avec les plans de misère, et avec les gouvernements qui les imposent. Et nous nous sommes demandés pourquoi devant la grève du 14 novembre ceux qui disent représenter les travailleurs européens dans la CES n’ont-ils pas appelé à une grève générale dans toute l’Europe.
Les travailleurs ont besoin d’organisations fidèles à leurs intérêts, qui ne soient pas guidées par les ordres des institutions internationales.
Nous devons aider à rétablir dans le mouvement ouvrier les revendications qui ont été laissées de côté ces 35 dernières années. A commencer par le combat pour rétablir toutes les conquêtes inscrites dans le Statut des travailleurs de 1980, en finissant avec la précarité, en abrogeant toutes les réformes du travail, depuis celles de Gonzalez jusqu’à celles de Rajoy. Ou le combat pour rétablir la santé, l’éducation, tous les services publics. Ou le combat pour la réforme agraire.
Face à l’offensive du capital, on ne peut renoncer au combat pour l’unité des syndicats et des organisations créées par les travailleurs pour défendre chaque conquête, droit et aspiration. En regroupant ainsi tous les secteurs de la classe ouvrière, les plus exploités comme les femmes, les immigrés ou les jeunes, ceux qui sont soumis à de nouvelles formes d’exploitation comme dans les « technologies de la communication », ceux qui sont transformés en « autonomes » ou pseudo-autonomes, les plus qualifiés, car tous pâtissent brutalement des mêmes plans de démantèlement économique et social.
Il nous faut mettre fin aux atteintes qui caractérisent l’Etat des autonomies, les querelles entre autonomies pour des miettes : ce sont les spéculateurs de Goldman Sachs, Deutsche Bank, Santander, BBVA et Caixabank qui saignent nos peuples et profitant de la loi de fer de l’Union européenne empêchent que nous ayons des emplois, des salaires et des pensions dignes, la santé et l’enseignement.
Seuls les peuples libres et souverains peuvent décider des relations de solidarité et de collaboration. Défendons le droit du peuple de Catalogne à constituer une république catalane libre, base essentielle pour une Union des républiques libres des peuples de l’Etat.
Il nous faut un front d’organisations, de travailleurs, de jeunes auquel participent librement tous les hommes et les femmes qui pensent qu’il faut une représentation politique fidèle aux intérêts des travailleurs et des peuples de l’Etat espagnol. Qui combatte pour constituer un gouvernement libre, souverain, qui agisse en fonction de la majorité, qui réunisse des Cortes constituantes basées sur le droit à l’autodétermination.
Réunis à Madrid ce 10 novembre, 125 délégués d’une série de peuples de l’Etat espagnol, après un processus engagé voilà presque deux ans, nous sommes d’accord avec une grande majorité de travailleurs qui combattent contre l’exploitation, de jeunes qui occupent les rues, de citoyens qui tentent d’empêcher les expulsions. Nous sommes tous d’accord sur le fait que NOUS NE SOMMES PAS REPRESENTES OU NOUS SOMMES MAL REPRESENTES, ET N’EST PAS DEMOCRATIQUE un régime au service d’une minorité de capitalistes et de banquiers.
Nous nous adressons aux travailleurs et jeunes qui cherchent une voie de combat, à tous les syndicalistes et militants ouvriers, qu’ils soient organisés ou pas, à tous les collectifs qui cherchent des solutions de progrès et démocratie.
Aucun de nous ne détient la vérité entière, nous luttons ensemble sans sectarisme ni conditions préalables contre l’exploitation capitaliste et l’oppression monarchique.
Parmi nous, il y a des syndicalistes, des camarades socialistes, communistes et d’autres organisations politiques, sans partis, et nous constatons que nous pouvons lutter pour les mêmes objectifs, dans le mouvement ouvrier, et dans chacune de nos organisations. A tous nos camarades nous disons : unissons nos forces pour que  personne ne sacrifie nos droits et revendications à la monarchie et à l’Union européenne.
PROPOSITIONS
1. Constituons un Comité pour l’Alliance des travailleurs et des peuples, à caractère national, car les travailleurs nous sommes les premiers intéressés à ce que les peuples soient libres et souverains. Invitons à ce qu’y adhèrent tous les camarades et collectifs qui partagent nos objectifs et le désirent. (Voir les prémisses de ce Comité).
2. Nous constituerons des comités promoteurs dans des villes et secteurs en définissant l’objectif d’obtenir en trois mois le soutien de 2 000 camarades. Editons pour ce faire un bon avec différentes options en fonction des possibilités financières.
3. Tous les trois mois, la coordination d’Etat se réunira de façon ouverte à tous les secteurs du mouvement ouvrier, socialiste et qui se prononcent pour la défense des travailleurs et des peuples. Un groupe de coordination permanente sera créé pour relier et informer des actions et des propositions de campagne.
4. Nous décidons de renforcer le bulletin préparatoire de cette Conférence et de créer un site web avec des correspondants dans tout le pays. Nous chargeons la coordination de préparer une proposition de lancement d’un journal ouvrier.
5. Nous appelons à soutenir et diffuser l’appel à une Conférence ouvrière européenne qui réunira tous les secteurs du mouvement ouvrier qui combattent sur la ligne de l’indépendance face aux institutions du grand capital, l’UE et el FMI et pour l’Union libre des nations et peuples souverains d’Europe.
6. Nous sommes ouverts à toutes les formes de collaboration avec ceux qui avanceront sur la même voie. Nous nous adressons à ceux qui au sein des diverses organisations ou dans divers collectifs ou mouvements proposent un changement de cap pour unir toutes les forces des travailleurs contre la tyrannie de la troïka et ce régime monarchique.

Vive l’unité des travailleurs et de leurs organisations !
Vive la liberté et la fraternité des peuples !

EnTunisie, les émeutes de Siliana déstabilisent le gouvernement d’Ennahda



Un article du Monde en date du 2/12/2012
En Tunisie, les émeutes de Siliana déstabilisent le gouvernement d’Ennahda

La colère de cette région rurale évoque celle de Sidi Bouzid, berceau de la révolution anti-Ben Ali

Le président tunisien, Moncef Marzouki, est intervenu à la télévision   tunisienne,vendredisoir30novembre,après quatre jours de violentes émeutes à Siliana –une ville située dans une région agricole à 120kilomètres au sud-ouest de Tunis, où l’armée s’est déployée en fin de journée pour réclamer la formation d’un gouvernement restreint de « compétences ». « Le problème majeur, a-t-il justifié, est que les attentes [des populations] sont très grandes face à un rendement insuffisant du gouvernement en dépit des efforts fournis. »
« Nous n’avons pas une seule Siliana, apoursuivile chefdel’Etat.
J’ai peur que cela se reproduise dans plusieurs régions, et que cela menace l’avenir de la révolution. » Vendredi, en début de soirée, les heurts se sont poursuivis à Siliana entre les habitants et la police, après une marche pacifique qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes sur la route menant, symboliquement,  à Tunis. « Vers 16 heures, les affrontements ont recommencé entre les jeunes qui ont eu des frères ou des parents blessés les jours auparavant et la police», témoigne Ahmed Chaffaï, secrétaire général adjoint du comité régional de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), qui a recensé«80blessés » par gaz lacrymogènes.
Les manifestants, de leur côté, ont lancé des cocktails Molotov, tandis que tous les commerces,  ormis
les pharmacies et les boulangeries, avaient baissé leurs rideaux.
La police n’a cependant plus fait usage de tirs au fusil de chasse comme les jours précédents. Près de
300 personnes avaient alors été blessées, essentiellement par des cartouches de chevrotine,et 17d’entre elles, touchées au visage, avaient été évacuées vers un hôpital spécialisé en ophtalmologie à Tunis.Le ministère de la santé avançait pour sa part, dans un communiqué diffusé vendredi, le chiffre de 252 blessés, dont deux civils ayant perdu l’usage d’un oeil. L’arrivée de l’armée dans la soisoirée a été accueillie par des exclamations de joie de la population, sans que le ministère de l’intérieur paraisse au courant de ce déploiement, ce qui traduit une certaine confusion au sommet de l’Etat.Une grande nervosité aussi, chacun ayant en tête les événements de décembre 2010, orsqu’une
autre ville du centre de la Tunisie, Sidi  Bouzid, s’était soulevée provoquant par contagion, après plusieurs jours d’émeutes,le renversement,trois semaines plus tard, du régime de Zine El-Abidine Ben Ali. 
      
«Le départ du gouverneur»

Les ressorts des émeutes actuelles ne sont pas tellement différents: pauvreté, affrontements avec la police,contestation du pouvoir.
Comme une bonne partie des régions du centre de la Tunisie, les habitants de Siliana souffrent d’un manque de développement  persistant et d’importantes difficultés économiques et sociales. A cela s’ajoute un conflit ouvert  avec le gouverneur, Ahmed Ezzine Mahjoubi, nommé il y a quelques
mois par le gouvernement dominé par les  islamistes du parti Ennahda et accusé de mener une politique partisane.
Par-dessus tout, la puissante centrale syndicale UGTT, au cœur des évenements de décembre 2010, est entrée de plus en plus ouvertement en conflit avec le gouvernement. En septembre,Ennahda et le Congrès pour la République (CPR, le parti du président Marzouki) avaient boycotté une initiative de dialogue lancée par le syndicat.
«Lepointessentiel,c’est le départ du gouverneur», répète M.Chaffaï.
Or le premier ministre, Hamadi Jebali,a jusqu’ici opposé une fin de non-recevoir à cette revendication,
Par crainte de la contagion .En octobre, déjà, sous la pression de la rue, le gouverneur de Sidi Bouzid avait dû quitter son poste quelques mois à peine après sa nomination. Les déclarations, vendredi soir,
du président tunisien, allié d’Ennahda, rejoignent curieusement l’une des revendications de Béji Caïd Essebsi.A la tête du principal parti d’opposition,Nida Tounés, il avait réclamé il y a  peu la nominations
de «technocrates» à la tête des ministères régaliens,dans l’attente des prochaines élections promises
il y a un an mais repoussées sine die. L’organisation d’un scrutin avant l’été est désormais «vitale», a estimé, vendredi soir,M.Marzouki.

 Par Isabelle Mandraud

FLORANGE - Ni reprise, ni nationalisation !

Un article de Francetvinfo

FLORANGE - Ni reprise, ni nationalisation !

FLORANGE - Ni reprise, ni nationalisation. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a annoncé vendredi 30 novembre que l'entreprise ArcelorMittal allait investir "au moins 180 millions d'euros sur les cinq prochaines années" dans le site de Florange. Confirmant le "maintien des hauts-fourneaux" à défaut de leur "redémarrage à court terme", il a souligné qu'"il n'y aura pas de plan social à Florange", ni de nationalisation.
"Les activités du site liées à la filière froide seront pérennisées et renforcées  par un programme d’investissement industriel", a pousuivi le Premier ministre. "ArcelorMittal a réaffirmé son ancrage industriel sur notre territoire notamment à travers ses sites de Dunkerque et de la Fos-sur-mer", a-t-il indiqué , assurant que "la consolidation de l’activité sur le site à Florange ne se fera pas au détriment d’autres sites en France".
Ni repreneur ni nationalisation
Le gouvernement et ArcelorMittal, engagés dans d'ultimes négociations sur l'avenir de Florange (Moselle), ont recherché vendredi un compromis entre la nationalisation, envisagée par le gouvernement, et la cession du site dans son intégralité refusée par le groupe. "Entre les deux hypothèses, c'est une troisième voie qui est recherchée", avait indiqué une source proche du dossier, sans plus de précision. Les services du Premier ministre assuraient que Jean-Marc Ayrault s'occupait "non-stop" du dossier. Finalement, le gouvernement a "écarté la nationalisation transitoire" du site de Florange au regard"des engagements" de Mittal, qui sont "inconditionnels", selon le Premier ministre. 
En annonçant le 1er octobre la fermeture de la filière liquide (production d'acier brut) du site, ArcelorMittal avait souligné sa volonté de garder les autres installations et accordé 60 jours au gouvernement pour trouver un repreneur pour les hauts fourneaux. Il s'est révélé impossible de trouver un candidat pour la seule partie du site mise en vente, selon le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, qui assurait avoir deux offres pour le site en entier. Matignon a précisé vendredi soir qu'il n'y avait "pas de repreneur crédible et ferme".
Un "plan baise de dernière minute" selon la CGT
"On a l'impression qu'on s'est fait enfumer pendant une semaine, a réagi le leader des jeunes de la CGT Florange, Lionel Burriello, sur i-Télé. La seule solution était la nationalisation." Présentant l'accord de Jean-Marc Ayrault comme un "plan baise de dernière minute qui nous affecte particulièrement", il a estimé qu'il faudrait "le double" des 180 millions d'euros annoncés. "En 2008, monsieur Mittal avait décidé de donner 330 millions d'euros, ce qui n'a jamais été tenu", selon Frédéric Maris, de la CGT. "Je suis écœuré, Montebourg devrait démissionner du gouvernement", a ajouté un autre délégué CGT, Francisco Lopéra.
"Mittal a enfumé Sarko, et là il a enfumé le gouvernement", selon le leader de la CFDT Florange, Edouard Martin, interrogé par Le JDD"Nous sommes une nouvelle fois trahis", a-t-il ajouté, exigeant "une réunion tripartite avec le gouvernement et Mittal, et un échéancier". Sur BFMTV, le maire de Florange, Philippe Tarrilon, a reconnu qu'il aurait "préféré être débarrassé" de Mittal.

Florange : ArcelorMittal va investir "au moins 180 millions d'euros" dans le site

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Le délégué syndical CFDT Edouard Martin (à g.) discute avec des salariés de Florange, le 30 novembre 2012 à Florange, avant le discours de Jean-Marc Ayrault sur l'avenir du site.

Le délégué syndical CFDT Edouard Martin (à g.) discute avec des salariés de Florange, le 30 novembre 2012 à Florange, avant le discours de Jean-Marc Ayrault sur l'avenir du site.

(JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)

Bouches du Rhône : les regroupements de communes existants hostiles au projet Marseille métropole


Bouches du Rhône : les regroupements de communes existants hostiles au projet Marseille métropole

s'informerHuit des neufs présidents d’intercommunalités (regroupements de communes) des Bouches du Rhône ont annoncé jeudi leur refus de participer aux réunions préparatoires à la constitution de la métropole marseillaise, les 4 et 5 décembre. Ils dénoncent « la méthode et le calendrier de la pseudo concertation imposée par le gouvernement ».
Sur les neuf responsables d’intercommunalités des Bouches du Rhône, seul, Eugène Caselli, président PS de Marseille Provence Métropole (MPM), est favorable au projet de métropole du gouvernement, soutenu également par Jean Claude Gaudin, maire UMP de Marseille.
Réunis en septembre en présence de Jean-Marc Ayrault, les présidents des intercommunalités des Bouches du Rhône constituées en syndicats d’agglomération, à l’exception d’Eugène Caselli, avaient dit « leur refus d’une mégapole marseillaise », projet préparé par Marylise Lebranchu, ministre chargée de la réforme de l’État.
Lors d’une réunion des maires des Bouches du Rhône le 23 novembre, Raymond Rémondi, président PS de l’intercommunalité Ouest-Provence, a exprimé son « opposition farouche au simulacre de concertation » proposé par le préfet qui veut voir disparaître les intercommunalités, et son refus de participer à la conférence métropolitaine le 21 décembre à Marseille.
Une centaine de maires du département sur 119 communes, sont opposés à ce projet.