Cette gazette vous plaît ? Transférez-là à votre carnet d’adresses… Ils vous remercieront et nous aussi. | | L’indignation et la colère étaient omniprésentes ce matin sur le plateau de Tocsin. Depuis la mort de la petite Lyhanna et la révélation des multiples failles de la justice dans la gestion de l’affaire, le harcèlement que les paysans du Gers subissent depuis plusieurs mois de la part de la préfecture et de la gendarmerie a revêtu une toute autre symbolique. Pierre, éleveur bovin du département qui n’a pas encore vacciné son cheptel car il souhaite que le préfet assume l’entière responsabilité des effets secondaires de cette vaccination, raconte comment les gendarmes ont passé des jours à le traquer pour une simple signature ratée sur un dossier administratif après avoir subi quatre heures d’audition un dimanche : « Ils m'ont harcelé au téléphone. Ils m'appelaient jusqu’à sept fois par jour en masqué. Ils sont venus chez mes parents à trois, avec trois gendarmes. Ils ont fait des rondes autour de chez moi pour essayer de me trouver dans les champs. Et pendant qu'ils étaient à venir chez nous pour s'occuper d’une histoire de vaches non vaccinées, il y avait des gens qui faisaient des signalements pour des problèmes beaucoup plus graves. Avant la mort de Lyhanna, cette histoire me faisait rire. Maintenant, ce n’est plus drôle du tout, on parle d’enfants qui meurent. ». Romain, du collectif LIBRe, enchaîne en dressant la liste des moyens démesurés engagés contre les paysans réfractaires à la vaccination : « Les hélicoptères de surveillance déployés au-dessus des exploitations, des drones thermiques utilisés pour retrouver des vaches en forêt, tout ça sans compter qu’en ce moment, on passe les uns après les autres en audition libre chez les gendarmes. » Le tout alors que les paysans, Kyria en tête, n’ont plus le droit de commercialiser leur viande tant que leurs vaches ne sont pas vaccinées : « Beaucoup d'entre nous sommes suspendus. On n’a plus le droit de vivre de notre élevage bovin. On se sent comme des criminels alors que notre seul crime, c'est de vouloir nourrir la population dans les meilleures conditions ! » Elle poursuit : on touche à « nos enfants, nos vaches, notre nourriture : tout ce qui fait en fait la beauté d'un pays et tout ce qui fait en fait notre avenir ». Julien Sowinski, ancien militaire et actuel éleveur bovin, présent aux Bordes-sur-Arize et qui a participé aux recherches du corps de Lyhanna, appuie ce propos : « Ça donne l'impression que l'état de droit n'existe plus et qu'on est dans un état de dictature. » Pour lui, voir des blindés, des hélicoptères, des tirs de lacrymogènes en rase campagne, c’est du jamais vu en France : « Moi, je n’ai vu ça qu’en théâtre de guerre. ». Face à cette situation, les intervenants ne se contentent pas de se plaindre : ils appellent ouvertement à la résistance et à un sursaut populaire. Romain parle de « droit fondamental à la résistance à l'oppression » et se décrit, avec d’autres éleveurs, en « objection de conscience par rapport à ces mesures aveugles ». Kyria insiste sur la nécessité de dire non : « La population, ce serait peut-être bien qu'elle commence à se rendre compte qu'il se passe quelque chose de très grave et qu’il va falloir commencer à dire non, à dire non, à dire non et à continuer à dire non. » En fin d’émission, Julien estime que le « mouvement de population va maintenant être primordial. Il faut passer par le bas pour nettoyer ce qui se passe en haut. » Et Kyria de conclure avec une phrase aussi lucide qu’acérée : « Aujourd'hui, la peur doit changer de camp. Le jour où il n’y aura plus d'agriculteurs, il y aura de vraies conséquences. Alors que le jour où il n’y aura plus de préfet, il ne se passera rien dans nos vies. » |
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