Les propriétaires parisiens ont fermé leurs volets, les papas ont rentré leur vélo cargo, écourté leur promenade familiale, les mamans ont poussé leurs enfants vers le hall. Paris se barricadait, le PSG venait de gagner. De loin, on pouvait déjà entendre le grondement des motos et des scooters. L'invasion barbare.
On dit qu’ils vont venir sans casques sur les motos, paraît que la dernière fois ils sont même venus sur des toits de camionnettes, on dit qu’ils vont crier torses nus par la fenêtre des voitures. On dit qu’ils mangent la viande à mains nues, directement sur l’animal encore vivant.
Ce sont les pauvres qui sont venus faire peur aux riches.
Voilà ce que les éditorialistes ont failli dire. Ou ont presque dit. C’est l'imaginaire qu'on retrouvait samedi soir et dimanche matin sur les plateaux télé et dans certains communiqués de personnalités politiques. Personne ne l'a dit comme ça bien sûr. On a dit « débordements », on a dit « bandes », on a dit « mode opératoire ». Mais le film, au fond c'était celui-là.
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