Longtemps caricaturé en France, André-Pierre Gignac a pourtant construit, loin des trajectoires classiques, l'une des carrières les plus singulières du football français. Parti au Mexique à contre-courant, l'ancien attaquant de l'OM y est devenu une icône populaire absolue. Une histoire de passion, de fidélité, de ferveur et de cicatrices qui ne se referment jamais vraiment. Le 26 avril dernier, le stade des Tigres de Monterrey (nord-est du Mexique) a vécu un moment de communion rare. Plus de quarante mille supporters ont rendu hommage à André-Pierre Gignac (APG). Un hommage réservé à ceux qui marquent davantage les cœurs que les statistiques, à ceux qui incarnent encore une forme de fidélité et de don de soi dans un football de mercenaires toujours plus mondialisé et marketé. L'histoire d'APG est celle d'un Français parti conquérir un pays qui semblait l'attendre sans le savoir. Celle d'un homme forgé par la résilience, guidé par une foi catholique omniprésente et une abnégation devenue sa marque de fabrique. À bientôt 41 ans, alors qu'une fin de carrière longtemps repoussée paraît désormais inévitable, l'occasion est belle de revenir sur une trajectoire profondément hors norme. Né à Martigues, il grandit à Port-de-Bouc. Fils d'une mère d'origine gitane et d'un père issu de la communauté des gens du voyage, ancien footballeur, il grandit avec le ballon comme héritage familial. Tout commence à cinq ans et demi à Fos-sur-Mer avant d'être formé au FC Martigues. En 2002, un beau parcours en Coupe Gambardella (la coupe de France des jeunes) attire l'attention du FC Lorient. Il quitte alors la Méditerranée pour la Bretagne et découvre le monde professionnel sous les ordres d'un certain Christian Gourcuff. Les débuts sont prometteurs, puis l'ego déborde, la trajectoire vacille. Il est sorti du groupe et prêté à Pau en 3e division. Lui-même parlera plus tard d'une étape salvatrice. Il y retrouve l'humilité et le travail. À son retour, tout décolle. Pour son premier match de Ligue 1 avec les Merlus, il inscrit un triplé face à Nantes. En France, il ne connaîtra que quatre clubs : Lorient, Pau, Toulouse, Marseille. Mais partout, il laissera une trace indélébile. À Toulouse par exemple, il est élu dans le onze de légende du club malgré seulement trois saisons, dont une seule vraiment ple… Raphaël Lepilleur |
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire